La Turquie a annoncé que le Chinois BYD, premier constructeur de voitures électriques mondiales, a choisi la Turquie pour ouvrir une usine, sa deuxième en Europe après la Hongrie. Le groupe chinois poursuit sa conquête, après avoir dépassé Tesla au dernier trimestre 2023.
[Mis à jour à le 08/07 à 16h37]
L'annonce devait être imminente, et ce ne sera pas la France. Ce lundi, une source officielle turque a annoncé à l'AFP que la deuxième usine européenne du premier constructeur mondial de voitures électriques sera en Turquie. La présidence a confirmé la signature peu de temps après. L'accord entre le pays et le constructeur, signé à Istanbul par le ministre turc de l'Industrie et de la technologie, Fatih Kacir, en présence du président turc Recep Tayip Erdogan, porte sur un investissement d'un milliard de dollars, pour une site d'une capacité de production « 150.000 voitures par an », selon le ministère. Contacté par La Tribune, BYD n'a pas souhaité faire de commentaires.
La localisation de la future usine n'a pas été précisée mais BYD devrait s'installer dans la province de Manisa, près de la ville côtière d'Izmir (ouest), sur un terrain offert par l'Etat, selon les observateurs.
Une première usine du groupe en Europe avait déjà été annoncée en Hongrie fin 2023 pour une production de véhicules électriques en 2025. Fin de semaine dernière, le constructeur chinois ouvrait sa première usine en Thaïlande, à deux heures de la capitale Bangkok où il prévoit d'y produire jusqu'à 150.000 voitures par an.
BYD a donc choisi la Turquie malgré des appels du pied de plusieurs pays européens, en particulier l'Italie. Le pays du président Recep Tayyip Erdogan est connu pour sa main d'œuvre qualifiée et peu chère, mais aussi pour avoir installé au fil des années tout un écosystème automobile. Ainsi, Renault, Ford, Toyota ou encore Hyundai s'y sont implantés depuis les années 70.
Conquête massive de l'Europe
Surtout, avec cette usine en Turquie, BYD pourra contourner les taxes douanières imposées par la Commission européenne à la suite de son enquête anti-subventions. Et pour cause, depuis le 4 juillet dernier, les importations de voitures électriques BYD venant de Chine sont taxées à hauteur de 17,4% contre 10% auparavant. Cette nouvelle usine permettra d'amplifier la conquête du géant Chinois en Europe, cible idéale puisque les voitures électriques seront les seules voitures neuves vendues après 2035 sur le Vieux Continent.
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BYD veut ainsi continuer sur sa lancée de ventes, après avoir réussi l'exploit de dépasser Tesla en nombre de modèles électriques vendus au dernier trimestre 2023. Le constructeur américain n'a d'ailleurs pas tardé à lui reprendre la place dès le premier trimestre de cette année. Une place que BYD estime pouvoir ravir à Tesla de façon pérenne en 2030, au moins pour l'Europe. « Nous sommes confiants dans le fait que nous pourrions devenir leaders » d'ici la fin de la décennie en Europe, a lancé Michael Shu, son directeur européen, en mai dernier.
Un objectif crédible pour l'entreprise au regard de sa progression depuis sa création en 1995. D'abord dédiée à la fabrication de batteries électriques, ce n'est que depuis 2003 qu'elle a décidé de se diversifier dans l'automobile. 20 ans plus tard, près de 8 voitures sur 10 vendues en Chine portent son logo.