Volkswagen monte en Bourse après des résultats semestriels meilleurs qu'attendu

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Volkswagen a encore provisionné 2,2 milliards d'euros pour anticiper le coût du scandale des moteurs truqués.
Volkswagen a encore provisionné 2,2 milliards d'euros pour anticiper le coût du scandale des moteurs truqués. (Crédits : © Suzanne Plunkett / Reuters)
Le constructeur automobile allemand accuse, certes, une baisse de 22% de son bénéfice d'exploitation sur les six premiers mois de l'année, mais hors exceptionnels (qui comprennent de nouvelles provisions inhérentes au scandale des moteurs truqués), le groupe affiche un bénéfice de 7,5 milliards d'euros. Un chiffre bien supérieur aux attentes.

Le groupe automobile allemand Volkswagen bondissait en Bourse mercredi, après avoir fait état de performances meilleures qu'attendu au premier semestre et ce malgré de nouvelles provisions liées au scandale des moteurs truqués.

Vers 10 heures 50, l'action du groupe de Wolfsburg s'envolait de 6,78%, à 124,35 euros, sur un marché en hausse de 1,44% à la Bourse de Francfort.

Des semestriels publiés une semaine avant

Sur les six premiers mois de l'année, le mastodonte aux douze marques (Volkswagen, Seat, Audi, Skoda, Porsche...) a annoncé mercredi avoir dégagé un bénéfice d'exploitation en repli de 22% sur un an, à 5,3 milliards d'euros, selon un communiqué publié contre toute attente. La publication des résultats de mi-année n'était attendue que le 28 juillet.

Sur cette période, Volkswagen s'est vu contraint de passer une provision exceptionnelle de 2,2 milliards d'euros, "en grande partie liée à de nouveaux risques juridiques survenus principalement en Amérique du Nord" dans le cadre du scandale des moteurs truqués, explique-t-il. Ces coûts viennent s'ajouter aux dépenses déjà engagées par le groupe pour régler la très lourde facture du "dieselgate", a confirmé à l'AFP un porte-parole du groupe.

Mieux que l'année dernière, hors provision pour dieselgate

Ces annonces étaient toutefois reléguées au second plan par les marchés, alors que Volkswagen a fait état d'un bénéfice d'exploitation hors éléments exceptionnels de 7,5 milliards d'euros, nettement meilleur que prévu et supérieur aux 6,99 milliards affichés l'an dernier à la même période. Les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset attendaient ce résultat aux alentours de 6,8 milliards.

Volkswagen justifie cette performance par "l'amélioration des résultats de la marque Volkswagen au deuxième trimestre, notamment en comparaison d'un premier trimestre faible", à la faveur entre autres d'une embellie sur le marché européen de l'automobile ainsi qu'aux effets de son programme de restructuration.

Surprise des analystes

"Nous sommes surpris par les fortes performances d'exploitation au deuxième trimestre, même si, en l'absence d'informations supplémentaires, il est difficile d'apprécier la qualité de la publication", réagissait dans une note Michael Punzet, analyste chez DZ Bank.

"Après des discussions intensives concernant l'absence d'effets du programme de restructuration l'an dernier, il semble que Volkswagen puisse et veuille désormais les mettre en avant", ajoutait cet analyste.

Le constructeur a confirmé ses objectifs pour l'année, à savoir une marge opérationnelle, mesure de sa rentabilité, comprise entre 5 et 6%, et un repli de jusqu'à 5% de son chiffre d'affaires.

Un scandale qui n'en finit pas

Volkswagen avait avoué en septembre 2015 avoir truqué au total 11 millions de voitures dans le monde afin de les faire passer pour moins polluantes qu'elles ne l'étaient vraiment lors de contrôles contre les émissions polluantes.

Visé par plusieurs enquêtes dans le monde, le groupe a dû essuyer en 2015 une perte nette de 1,6 milliard d'euros, la première depuis plus de vingt ans, sous l'effet des quelque 16 milliards d'euros mis de côté pour faire face aux suites du scandale.

Fin juin, Volkswagen avait accepté de verser aux Etats-Unis environ 15 milliards de dollars pour clore un premier volet civil de cette affaire. Le groupe fait aussi l'objet d'une enquête pénale et doit encore répondre du trucage de moteurs sur environ 100.000 véhicules de 3 litres de cylindrées.

Il est aussi confronté à une cascade de poursuites et d'enquêtes dans le reste du monde, notamment en Europe ou au Canada.

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Commentaires
a écrit le 20/07/2016 à 23:31 :
C 'est Porsche qui va être content dont le marges servent à renflouer le groupe VW et payer les procès ...!
a écrit le 20/07/2016 à 16:30 :
Logique étant donné que les tricheurs ont plutôt tendance à rassurer les marchés.
Réponse de le 21/07/2016 à 1:09 :
Jalouse

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