Trois semaines après l'avoir annoncé, c'est confirmé : Autodesk vient de dépenser plus de 850 millions d'euros - 1 milliard de dollars - pour acheter Innovyze. Pour le compte de tiers, cette entreprise située à Portland (Oregon) et autoproclamée « leader mondial des jumeaux numériques des infrastructures de l'eau » la récupère, la traite, la distribue et l'évacue pour ses 3.000 clients internationaux.
« Nous n'avions pas une présence forte sur l'eau alors que cet enjeu va devenir de plus en plus important. Par exemple, la Californie ne peut pas subvenir seule à ses besoins et doit en faire venir des autres Etats »,explique, en exclusivité à La Tribune, Nicolas Mangon, vice-président marketing et stratégie architecture, ingénierie et construction (AEC) d'Autodesk.
Dix-neuf ans jour pour jour après avoir acquis, auprès de la société Revit, la maquette numérique dite BIM - pour « building information modeling », la multinationale basée à San Rafael (Californie) veut apporter ce nouveau service de modélisation à ses clients. A l'image de Bouygues qui construit déjà des bâtiments, des routes, des barrages et des centrales d'épuration, bref des infrastructures connectées à l'eau. « Le marché est énorme, car il n'y a pas encore assez de numérisation », poursuit Nicolas Mangon.
Il ne croit pas si bien dire. Suez et Schneider Electric ont annoncé, le 25 mars 2021, la création d'une co-entreprise « du digital water » pour développer et commercialiser « une offre commune de solutions digitales innovantes pour la gestion du cycle de l'eau ».
D'après les données que le VP AEC d'Autodesk a en sa possession, entre les consommations des ménages, celles de l'agriculture et celles de l'industrie, près de 60% de l'eau est en outre gaspillée outre-Atlantique. « Entre l'eau qui est disponible et celle qui est utilisée, des quantités énormes sont perdues », insiste-t-il.