Avec la flambée des prix, le BTP entre dans "une période de fortes turbulences"
Nathalie Jourdan
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12% des entreprises normandes du bâtiment disent s'inquiéter pour la pérennité de leur activité.
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12% des entreprises normandes du bâtiment disent s'inquiéter pour la pérennité de leur activité.
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Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour les acteurs de la construction, en butte à un effet montagnes russes. L'exercice 2021 s'était bien terminé pour les entreprises normandes du BTP qui avaient enregistré une augmentation de leur chiffre d'affaires de 17% et de leurs effectifs salariés de 3%. L'année 2022 s'annonce sous des auspices moins favorables. « Ce que l'on subit aujourd'hui est autrement plus fort que la crise Covid », s'alarme Régis Binet, président de la Fédération régionale des travaux publics.
Premier motif de préoccupation pour la profession, la flambée du prix de l'énergie - et notamment du gazole non routier - mais aussi des matériaux de construction. Béton, bitume, briques, ciment, carrelage, acier, isolants, peinture... Il n'y a pas un matériau qui ne subisse cette poussée inflationniste parfois dans des proportions très importantes. Les entreprises sondées par la Cellule économique régionale de la construction (CERC) dans une « enquête flash » font ainsi état d'une augmentation de 46% pour le bois, de 38% pour l'acier ou encore de 34% pour le cuivre et de près d'un quart pour le PVC.
Pour ne rien arranger, les tarifs fluctuent à un rythme inédit, constate Bertrand Dumouchel, secrétaire général de la Fédération normande du bâtiment. « On voit de plus en plus souvent de fournisseurs qui proposent des offres valables pendant quelques heures ou quelques jours ». « Les entreprises font face à des prix qui ne sont garantis que sur un temps très court », confirme la CERC. A ces incertitudes, s'ajoutent les retards d'approvisionnement. Dans la même enquête, 85% des entreprises du BTP se disent touchées par le phénomène, et près de 900 chantiers seraient « à l'arrêt ou fortement perturbés » en Normandie.
Dans ces conditions, difficile d'anticiper alors que la plupart des marchés de la construction sont conclus un voire deux ans à l'avance. « Ce que les entreprises chiffrent aujourd'hui sera peut-être caduc demain », s'inquiète Bertrand Dumouchel. Difficile aussi de répercuter ces aléas sur les commandes déjà signées. De fait, les deux tiers des adhérents de la Fédération du bâtiment affirment rencontrer des problèmes pour modifier les contrats en cours. Les tensions sont particulièrement sensibles sur le marché des particuliers, souligne la CERC. « Il est quasiment impossible aux artisans et aux petits constructeurs de maisons individuelles de réviser le prix ».
Nathalie Jourdan