Bousculé par le Covid, Bouygues change sa direction

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A la Bourse de Paris, quelques heures après l'annonce de ces changements à la tête du groupe, le titre prenait 4,30% en fin de matinée ce jeudi 27 août.
A la Bourse de Paris, quelques heures après l'annonce de ces changements à la tête du groupe, le titre prenait 4,30% en fin de matinée ce jeudi 27 août. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
Directeur général depuis 18 ans, Olivier Bouygues quitte ses fonctions. Olivier Roussat, directeur général délégué, devient le seul cadre dirigeant aux commandes du groupe présidé par Martin Bouygues.

L'heure est au bilan au sein du groupe Bouygues qui fut la première capitalisation boursière du CAC 40 en 2019. Un an plus tard, en plein Covid-19, le groupe veut renouveler ses cadres : Olivier Bouygues, directeur général délégué du groupe du même nom, va quitter cette fonction qu'il occupe depuis 18 ans, mais restera membre du conseil d'administration, a annoncé jeudi Bouygues. Des grandes manœuvres qui interviennent pour panser les pertes du BTP d'une part liées à la crise, et consolider l'activité télécom d'autre part.

"Le conseil d'administration, réuni le 26 août, a pris acte de la démission d'Olivier Bouygues de son mandat de directeur général délégué, avec effet au 31 août 2020", a fait savoir dans un communiqué le géant français du bâtiment et des télécoms, à l'occasion de ses résultats semestriels.

Olivier Bouygues, qui aura 70 ans en septembre, est le frère de Martin Bouygues, PDG du groupe. Il est présent depuis 1974 au sein de l'entreprise fondée par leur père Francis, et occupait le poste de directeur général délégué depuis 2002.

Ce départ suit celui d'un autre pilier du groupe, Philippe Marien, voici quelques mois. Il était également directeur général délégué, poste le plus élevé après celui de PDG.

Il ne reste pour l'heure qu'un directeur général délégué, Olivier Roussat.

L'effondrement dans la construction

Ces mouvements internes interviennent dans un contexte particulier. Côté BTP, le géant français est tombé dans le rouge au premier semestre face à la crise. Côté filiale télécom, que préside d'ailleurs Olivier Roussat, l'opérateur a résisté.

Au global, au premier semestre, le groupe a subi une perte nette de 244 millions d'euros, contre un bénéfice de 225 millions un an plus tôt. Quant au chiffre d'affaires semestriel, il a reculé de 15% à 14,8 milliards d'euros.

"Cette baisse (...) est intégralement imputable (au) Covid-19", a résumé le groupe dans un communiqué, estimant que la crise sanitaire lui avait coûté 2,8 milliards d'euros de revenus au premier semestre. La branche chantiers a en effet subi une perte semestrielle de 384 millions.

Un impact limité sur les télécoms

D'autre part, Bouygues Telecom a vu son bénéfice net reculer de 5,3% au premier semestre à 142 millions d'euros, une baisse limitée grâce à la bonne tenue des ventes qui ont progressé de 4% sur la période malgré la crise sanitaire.

Le chiffre d'affaires a atteint 3,42 milliards d'euros, la crise du coronavirus ayant un impact limité estimé par l'opérateur à 70 millions d'euros sur la période.

Bouygues Telecom a bénéficié d'une augmentation du nombre de ses clients en fixe et mobile et de ses revenus moyen par abonné, tant sur le fixe que sur le mobile.

Ce revenu moyen, nommé ABPU par l'opérateur, a augmenté pour le mobile de 0,3 euro sur un an à 19,7 euros (retraité d'impact du roaming), et de 1,3 euro sur un an à 27,2 euros par client par mois pour le fixe.

En revanche, la crise du coronavirus a causé une baisse des ventes de terminaux du fait de la fermeture des boutiques, et un recul des recettes liées à l'itinérance.

A la Bourse de Paris, quelques heures après l'annonce de ces changements à la tête du groupe, le titre prenait 4,30% en fin de matinée ce jeudi 27 août.

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a écrit le 27/08/2020 à 16:44 :
"Olivier Bouygues, directeur général délégué du groupe du même nom, va quitter cette fonction qu'il occupe depuis 18 ans, mais restera membre du conseil d'administration"

Ouf, j'ai eu peur,j'ai cru qu'il allait se retrouver sans pognon.
a écrit le 27/08/2020 à 12:25 :
IL faut aérer la direction régulièrement et c'est un bon timing ici, le contexte actuel va demander une autre prise de vue d'ensemble du secteur, c'est très malin, ce que font régulièrement les américains. Notre corps est composé de cellules, quand celles-ci s'arrêtent c'est qu'elles sont mortes, il serait temps de renouveler toutes les innombrables cellules mortes de notre économie oligarchique actuelle et c'est pour le bien de leurs biens que je le dis mais nombreux sont déjà bien trop idiots pour le comprendre.

En allant plus loin les politiciens qui seraient le plus éclairés se feraient élire sur l'objectif de mettre en place une autogestion pour petit à petit finir par disparaître eux mêmes, quand on voit tout ces partis politiques, absolument tous, placer systématiquement leurs intérêts avant ceux des citoyens français nous ne pouvons que déplorer comme au combien notre société a dévissé.
Réponse de le 28/08/2020 à 16:11 :
vraiment tu as faire de très analyse.

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