Elle fait le pari de l’urbanisme transitoire : Rennes Métropole a présenté les premiers habitats modulaires, construits en bois et destinés à loger en urgence des familles précaires, avant de leur trouver une solution durable en logement social. Mesure phare de son Programme Local de l’Habitat 2023-2028, ce dispositif « Sans Foncier fixe » utilise des friches et terrains publics en attente de renouvellement urbain.
Avec un taux de départ du parc social de 7% par an, contre 11-12% auparavant et 1.300 à 1.500 attributions en moins : le nombre de demandeurs en attente d'un logement social à Rennes est passé de 16.000 en 2016 à 26.000 aujourd'hui, dont 3.000 demandes urgentes de relogement et un délai de trois ans.
Dans ce contexte compliqué par la raréfaction du foncier avec la mise en oeuvre du ZAN (Zéro Artificialisation Nette), Rennes Métropole a dévoilé lundi 22 mai les premiers logements d'un nouveau dispositif baptisé le Sans foncier fixe. Son budget s'élève à 2,5 millions d'euros pour la première phase, financé entièrement par la collectivité.
Destiné à optimiser l'usage des fonciers disponibles, celui-ci consiste à mobiliser les terrains publics en attente de renouvellement urbain pour y accueillir une offre d'habitat individuel, modulaire et déplaçable et d'y installer, de façon temporaire, des ménages en attente d'un logement social.
11.000 personnes sans domicile personnel
Après un premier site, déjà financé et réalisé par Archipel Habitat et l'installation des premiers occupants dans deux studios, 22 nouveaux logements à ossature bois seront accueillis et répartis sur six sites à Rennes, Bruz, Saint-Jacques et Chevaigné, en 2023.
En parallèle de son Programme Local de l'Habitat 2023-2028, adopté en février dernier et dont l'objectif est de construire 5.000 nouveaux logements par an, dont 1.250 nouveaux logements locatifs sociaux, Rennes Métropole répond à l'urgence de logements essentiels par la production hors site modulaire.
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« Les prix de l'immobilier bloquent davantage le parcours résidentiel des locataires HLM » rappelait, lors d'une récente table ronde sur la construction bois, Nathalie Demeslay, directrice Habitat de Rennes Métropole, précisant que sur le territoire, 11.000 personnes étaient privées de domicile personnel.
« La production neuve coûte cher et l'augmentation du prix médian de 4.720 euros le mètre carré en 2020 à 5.900 euros en 2023 a tendance à désolvabiliser les ménages. À Rennes, la question de l'habitat modulaire hors site nous anime depuis 20 ans, alors que le territoire est confronté à une insuffisance de production de logements, au manque de fonciers opérationnels et à la perte d'attractivité des métiers du bâtiment » avait-elle poursuivi.