Depuis neuf mois, les professionnels du premier quartier d'affaires européen alertent sur un modèle économique à bout de souffle. Dans un rapport sur la gestion et la gouvernance de l'établissement public Paris-La Défense, que La Tribune dévoile, la chambre régionale des comptes d'Île-de-France leur donne raison.
EXCLUSIF. « Un environnement économique marqué par la crise de l'immobilier tertiaire » et « un modèle économique aux hypothèses initiales optimistes dont l'obsolescence est accélérée par divers facteurs ». Deux des sous-titres de la synthèse du rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France (CRC) sur la gestion et la gouvernance de l'établissement public Paris-La Défense et du département des Hauts-de-Seine, que La Tribune a pu consulter, sont éloquents.
Ils viennent en effet confirmer les dires des utilisateurs et des propriétaires des tours de bureaux qui alertent publiquement depuis fin 2024 sur le modèle en sursis du premier quartier d'affaires européen. Ce dernier est en effet administré par un EPIC, un établissement 100% public, unique en son genre : Paris-La Défense. Il est à la fois un aménageur de la dalle et des communes de Nanterre et de La Garenne-Colombes. Mais aussi le gestionnaire des ouvrages et des espaces publics situés sur ladite dalle.
Un million de m² de bureaux obsolètes
Or, ces deux missions ont des temporalités différentes : d'abord l'activité d'entretien, de sécurisation et d'investissement dans les espaces publics, va, elle, perdurer. Quand, à l'inverse, l'activité d'aménagement « va se tarir à moyen terme une fois les disponibilités foncières épuisées », sachant que les ventes de terrains et de droit à construire se réduisent comme peau de chagrin.
C'est là que les comptes virent au rouge : depuis la crise sanitaire de 2020-2021, la vacance des bureaux est de 14 % à La Défense. « Plus d'un million de m² de bureaux sont aujourd'hui obsolètes et progressivement désertés [tant et si bien que] la part des tours entièrement vides augmente constamment », relève la CRC IDF.
Et pour cause : la majorité de ces immeubles de grande hauteur n'est plus adaptée aux aspirations des salariés depuis le Covid, qui veulent toujours plus d'espaces extérieurs, de verdure ou de bulles pour s'isoler seul ou à plusieurs. A cela s'ajoute une diversification des types d'occupation - universités, PME, logements... - qui « se heurte aujourd'hui à des difficultés techniques et à une réglementation mal adaptée », poursuivent les « Sages » franciliens.
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