La crise du logement est « si grave qu'on ne peut rester en l'état ». Le cri d'alarme est signé Cédric Van Styvendael, co-animateur du groupe de travail « redonner du pouvoir d'habiter aux Français » dans le cadre du Conseil national de refondation dédié au logement, lancé fin novembre. L'exécutif va-t-il relancer l'accession sociale à la propriété ? Conditionner les aides publiques à des contreparties dans le parc locatif privé ? Taxer l'attractivité ? Eléments de réponse.Augmentation des délais d'attente d'un logement social, saturation des dispositifs d'hébergement ou encore baisse des allocations logement face à des prix de marché en hausse constante. C'est notamment en raison de ces trois « défaillances » en matière de politique de l'habitat que la France avait été condamnée par le Conseil de l'Europe en 2008. Quinze ans plus tard, rien n'a changé.
Pis, ces indicateurs se sont encore dégradés. Rien que dans la région Île-de-France, les objectifs de financements en 2023 du Fonds national d'aide à la pierre (FNAP, instance administrée par la puissance publique, les bailleurs sociaux, des parlementaires et des élus locaux) pour la région-capitale sont en baisse de 20% par rapport à 2022.
De quoi faire bondir l'association des organismes de logement social d'Ile-de-France (AORIF), la Fondation Abbé Pierre, et l'association francilienne pour favoriser l'insertion par le logement (AFFIL). Elles ont dénoncé dans un communiqué commun le 4 avril « une nouvelle approche alignée sur les faibles niveaux de production de logement social des années antérieures [plombées par la Covid-19 et la guerre en Ukraine, ndlr], et non sur les besoins réels ».
«La situation est si grave qu'on ne peut rester en l'état»
Une crise du logement que tente de juguler le gouvernement depuis novembre dernier. Ce mois-là, il a alors lancé un Conseil national de la refondation (CNR) dédié à l'habitat, co-piloté justement par le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, et la PDG de Nexity, Véronique Bédague, pour « faire émerger des solutions opérationnelles d'ici au printemps 2023 ».