Immobilier : « Même les Verts ont compris qu’il fallait construire » (Bernard Mounier, Bouygues)
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Bernard Mounier est président de Bouygues Immobilier depuis février 2021.
Bouygues Immobilier
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Bernard Mounier est président de Bouygues Immobilier depuis février 2021.
Bouygues Immobilier
LA TRIBUNE - Vous avez été reçu le 7 septembre par le ministre de la Ville et du Logement Olivier Klein. Lui avez-vous fait part de vos demandes de « mesures incitatives », évoquées début août lors de la présentation des résultats semestriels du groupe, pour débloquer la crise du logement ?
BERNARD MOUNIER - Bien sûr ! Le ministre, qui m'a reçu une heure, a sur sa table le rapport de François Rebsamen qui comporte un panel de propositions. Je ne crois pas aux solutions coercitives, mais davantage aux mesures incitatives. Par exemple, trouvons une cogestion Etat-communes en fonction des besoins.
C'est-à-dire ?
Les élus locaux sont parfaitement conscients de problèmes mais sont confrontés aux mêmes soucis que les promoteurs immobiliers. Ils font face à des rejets massifs de leur population à tout nouvel acte de construire. Un projet ne leur rapporte pas nécessairement de recettes, puisqu'une population nouvelle a besoin d'équipements publics supplémentaires, mais nous pouvons travailler ensemble sur des schémas directeurs. Il faut construire ici, densifier là, dédensifier ailleurs...
Cela débloquera-t-il vraiment l'octroi des permis de construire ?
Oui ! Même les nouveaux maires essaient de faire autrement, comme les Verts qui ont compris qu'il fallait construire. Le secteur privé ne peut rien faire pour les inciter mais a la responsabilité de prendre des mesures par lui-même pour améliorer la qualité d'usage du logement. Nous systématisons donc la présence de balcons et de pompes à chaleur et développons les systèmes vertueux. Dans chacun des parkings, nous installons des points de recharge électrique pour faire de la consommation locale, tout comme nous proposons des déplacements de mobilité douce. Nous regardons même ce que consomment les habitants à l'échelle d'un quartier.
Reste que votre projet de nouveau quartier à Charenton-Bercy semble encalminé...
À lire également
Il a pris trois ans de retard... Nous avons acheté le terrain, mais nous avons encore des discussions avec la ville de Paris et la SNCF. Tout le monde parle de reconstruire la ville sur la ville et de projets mixtes et de ne plus artificialiser, mais la zone d'aménagement concertée (ZAC) n'est toujours pas créée. Nous prévoyons d'y reconvertir des entrepôts, de recouvrir des rails et de construire 250.000 mètres carrés de bureaux, de coworking et de logements, avec des commerces, une crèche, une école, du coliving, mais le temps des acteurs publics fait que le projet est long. Et ce alors qu'ils devraient être les premiers à envoyer des signes forts dans la fabrique de la ville de demain !
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

César Armand