La construction de HLM freinée par la rénovation énergétique
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La construction de HLM devrait se stabiliser à une moyenne de 72.000 nouveaux logements par an à partir de 2030.
Olivier Mirguet
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La construction de HLM devrait se stabiliser à une moyenne de 72.000 nouveaux logements par an à partir de 2030.
Olivier Mirguet
La construction de HLM, passée sous la barre des 100.000 logements par an depuis 2020, devrait continuer de ralentir pour se stabiliser à une moyenne de 72.000 nouveaux logements par an à partir de 2030, selon une étude de la Banque des territoires publiée jeudi. Et pour cause, les bailleurs sociaux, tenus par des obligations de rénovation écologique, vont devoir privilégier ces prochaines années les investissements de réhabilitation au détriment des constructions neuves, selon l'étude, qui se base sur l'hypothèse d'une inflation et d'un taux du Livret A de 2% en moyenne à partir de 2027 et d'un retour à des taux de crédit neutres à partir de fin 2026.
Un arbitrage nécessaire pour « conserver une situation financière acceptable », alors que l'inflation et la hausse des taux d'intérêt affaiblissent leur capacité d'investissement, mettent en garde les auteurs du rapport annuel de l'organisme, premier financeur du logement social à travers l'épargne des Français, notamment via le Livret A.
Les rénovations devraient atteindre de leur côté un pic à 130.000 logements par an entre 2024 et 2027, avant de refluer progressivement à un rythme de 90.000 par an en moyenne entre 2030 et 2062. Il s'agit non seulement de répondre aux exigences de la loi Climat et résilience, qui prévoit d'interdire progressivement la location des logements les plus énergivores, mais aussi à celles de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), feuille de route nationale pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
« La préoccupation est de savoir comment conjuguer les investissements "verts" et sociaux », souligne à l'AFP Kosta Kastrinidis, directeur des prêts de la Banque des territoires, l'une des branches de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
D'autant que les coûts de rénovation ont quasiment doublé dans certaines régions. « On est sur une hausse moyenne de 65% entre 2013 et 2023 (...) On se situe aujourd'hui en moyenne à 60.000 euros par logement », relève Kosta Kastrinidis. « Il faut protéger l'existant, mais cela doit s'accompagner d'un maintien des investissements sur le neuf ».
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La construction de logements sociaux reste aujourd'hui « nettement en deçà des besoins de politique publique qui nécessiteraient un niveau de production supérieur à 90.000 par an, alors qu'on sait aujourd'hui qu'on a un niveau de demandeurs sur liste d'attente qui ne cesse de croître », constate-t-il.
Le nombre de ménages en attente d'un logement social s'élevait à 2,7 millions au premier semestre 2024, un nouveau record, selon l'Union sociale pour l'habitat (USH).
Dans le détail, plus d'1,8 million de ménages sont en attente d'un premier logement et 870.000 déjà logés dans le parc existant en attendent un nouveau. « On a une accélération de la demande au premier semestre et c'est ça qui est relativement inquiétant », a pointé l'ex-ministre du Logement. Cette dégradation s'accompagne d'une baisse du nombre d'agréments de nouveaux logements sociaux.
Quelque 82.200 logements sociaux ont été agréés en 2023, contre 124.200 en 2016, soit un total de 182.300 « logements perdus » au fil des années, comptabilise l'USH qui prend l'année 2016 comme référence. Outre les effets de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine, les bailleurs incriminent la baisse des objectifs de production de l'Etat et la « réduction de loyer de solidarité » (RLS) qui leur est imposée depuis 2018 pour compenser la baisse de cinq euros de l'aide personnalisée au logement (APL).
Emmanuelle Cosse a par ailleurs dénoncé un gel des crédits accordés à la rénovation HLM. L'ancien ministre du Logement Patrice Vergriete avait annoncé en octobre, en clôture du congrès HLM à Nantes, une enveloppe de 1,2 milliard d'euros sur trois ans, soit 400 millions d'euros par an, pour rénover le parc social.
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Une situation d'autant plus dommageable selon elle que les bailleurs étaient « capables de consommer un milliard d'aides ». « Le gouvernement n'a même pas été capable de tenir six mois sur un engagement qu'il a pris, qu'il a porté dans la loi de Finances, c'est absolument inadmissible », a-t-elle déploré.
(Avec AFP)
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