Un nom est sur toutes les lèvres dans les allées du Congrès annuel HLM qui se tient du 24 au 26 septembre à Montpellier : celui de Valérie Létard, la nouvelle ministre du Logement et de la Rénovation urbaine, au sein du nouveau gouvernement de Michel Barnier. Une ministre de plein exercice, ce qui rassure les acteurs du secteur du logement social.
«Depuis 2017, nous n'avions pas eu de ministre du Logement de plein exercice et nommé immédiatement donc, oui, c'est un bon signal que les prédécesseurs de Michel Barnier n'avaient pas envoyé. Cela devrait permettre un dialogue plus facile avec le Premier ministre,souligne Emmanuelle Cosse, la présidente de l'Union sociale pour l'Habitat (USH), confirmant la venue de la ministre jeudi après-midi 26 septembre, en clôture du congrès.Valérie Létard est une experte reconnue des sujets du logement et de la rénovation urbaine mais aussi une élue de terrain (ancienne sénatrice du Nord, NDLR) qui sait l'importance du logement social pour améliorer la vie de nos concitoyens modestes. »
Mais pas de blanc-seing : ils demandent à voir. Car ce signal positif ne peut à lui seul rassurer, tant l'ampleur de la crise immobilière et du logement est sévère. Le logement social en France, ce sont 4,8 millions de biens (dont 30% dans les quartiers prioritaires de la ville) logeant 10,4 millions de personnes, mais ce sont aussi aujourd'hui 2,7 millions de demandes non pourvues...
«Nous avons annoncé la crise du logement et proposé des solutions, et rien ne s'est passé, à l'exception de quelques mantras libéraux inefficaces !,lance Emmanuelle Cosse.Le nombre d'attribution continue de chuter en-dessous des 400.000 par an, et ce n'est pas la faute des locataires HLM qui refuseraient d'en sortir ! Depuis 2017, le slogan du "choc de l'offre" tient lieu de politique du logement et devait nous permettre de résorber le mal-logement et fluidifier les parcours résidentiels. Cela n'a pas bien fonctionné... Nous croyons en l'action publique, le laisser-faire est une doctrine de fainéants !Depuis des mois, l'Etat se dérobe. Pire, il défait ce qu'il a lui-même défendu, notamment les aides à la rénovation du parc social qui ont été gelées cet été. (...) En France, on défend à nouveau la réindustrialisation du pays mais pas la production de la ville, alors que construire du logement produit des richesses, des emplois... »
« Le choc de l'offre, mythe ou réalité ? ». C'est la question qui était posée en plénière d'ouverture dans une salle pleine à craquer. Les outils seront-ils à la hauteur du défi ? La réponse à la crise ne passera-t-elle pas aussi par un renforcement des actions en faveur des ménages ? Au-delà même des outils, solutions et moyens, les acteurs du logement social attendent d'abord un retour à la confiance entre le gouvernement et eux. Car ils ont été échaudés : dès l'automne 2017, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard et son secrétaire d'État chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, avaient présenté une politique du logement fondée sur « le choc d'offres ». Une théorie reprise en janvier 2024 par le Premier ministre Gabriel Attal, sans succès.