Qatar 2022 : Vinci, accusé de travail forcé, va porter plainte pour diffamation

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Alors que Sherpa affirme avoir fait face à de nombreux obstacles au cours de son enquête, Vinci rétorque avoir ouvert la porte de (ses) chantiers aux syndicats, aux ONG internationales et aux journalistes.
Alors que Sherpa affirme avoir fait face "à de nombreux obstacles" au cours de son enquête, Vinci rétorque avoir "ouvert la porte de (ses) chantiers aux syndicats, aux ONG internationales et aux journalistes". (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
Une association a déposé plainte au parquet de Nanterre. Elle affirme que les passeports de travailleurs qataris sont confisqués et que ces derniers sont menacés s'ils revendiquent leur droit à de meilleures conditions. Vinci va contre-attaquer.

| Article publié à 9h38, mis à jour à 11h48.

Nouvelle polémique autour du Mondial 2022. L'association Sherpa affirme mardi 24 mars avoir déposé plainte contre Vinci Construction pour "travail forcé", "réduction en servitude" et "recel" à l'encontre des migrants employés sur ses chantiers au Qatar en vue de la Coupe du monde de football, des accusations réfutées par l'entreprise. La plainte a été déposée au parquet de Nanterre, indique Le Parisien qui a dévoilé son existence.

"Le groupe français, représenté par sa filiale qatari QDVC, a remporté plusieurs millions d'euros de contrats en vue de l'événement, et emploie directement et par le biais de nombreux sous-traitants de droit qatari des milliers de travailleurs sur place", explique dans un communiqué l'association.

L'association affirme notamment que "les passeports sont confisqués par l'entreprise et les travailleurs subissent des menaces s'ils revendiquent leur droit à de meilleures conditions de travail ou de logement, s'ils désirent démissionner ou changer d'employeur".

Vinci affirme avoir ouvert ses portes

Contacté par l'AFP, le groupe Vinci "réfute totalement les allégations de Sherpa". "Au Qatar, comme dans tous les pays dans lesquels Vinci intervient, le groupe respecte le droit local du travail et les droits fondamentaux", assure l'entreprise. Tous les "collaborateurs" de la filiale qatari ont un "libre accès" à leur passeport et "les temps de travail et de repos sont strictement respectés", ajoute Vinci.

Le groupe possède par ailleurs sur son site web une page dédiée au respect des droits humains fondamentaux, dont une partie mentionne le travail forcé et l'adhésion en 2013 "au Pacte Mondial des Nations Unies, dont les dix principes sont systématiquement insérés dans tous ses contrats-cadres VINCI, engageant le fournisseur signataire à les respecter à son tour".

Alors que Sherpa affirme avoir fait face "à de nombreux obstacles" au cours de son enquête, Vinci rétorque avoir "ouvert la porte de (ses) chantiers aux syndicats, aux ONG internationales et aux journalistes". Dans un communiqué publié mardi, le groupe a annoncé son intention de "porter plainte pour diffamation".

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Commentaires
a écrit le 25/03/2015 à 20:19 :
Quand on voit comment agissent certaines entreprises du BTP en France en sous traitant de très gros chantiers.
Estimant que ce n'est pas de leur ressort pour ce qui est des conditions de travail des salariés embauchés en Europe par ces sous traitants.
a écrit le 25/03/2015 à 2:22 :
Menacer les médias de diffamation est déjà un signe que la vérité blesse. Vinci travaille dans un pays qui est une dictature, il se comporte donc comme un dictateur.
a écrit le 24/03/2015 à 16:38 :
Le meilleur démenti est d'inviter les médias sur les chantiers,et faire en sorte qu'ils jugent,filment,commentent en toute objectivité.
mais cela sera très compliqué,car de Sous traitant,en sous'traitance pour arriver à la maltraitance ,il n'y a pas beaucoup de marches,sans parler des potentats locaux qui jouent aussi un rôle!!
a écrit le 24/03/2015 à 13:48 :
Vinci n'est pas crédible.

il semble que Vinci a touché environ 5,4 milliards d'euros au total et qu'ils fassent bosser avec ça environ 1,2 millions de personnes (sous traitants compris).

Donc si Vinci concentre la totalité des 5,4 milliards surles salaires... ce qui est loin d'être le cas, cela donne environ un budget global de 4 500 euros par ouvrier depuis le début des travaux... soit un salaire moyen annuel de 2 250 euros brut ... donc 188 euros mensuel... une misère. Et là on ne compte pas les impôts et les charges...

Il semble difficile de croire à la bonne foi de Vinci.

J'espère qu'il y aura une enquête.
Réponse de le 24/03/2015 à 15:52 :
vous avez raison, torpillons donc Vinci et faisons entrer les géants chinois du BTP. Dans tous les cas de figure même si cette assoc. a raison et apparemment pourquoi aurait-elle raison et non Vinci, le boulot doit être fait; que ce soit français, allemand également ou chinois, les salariés auriaent eu le même sort.
a écrit le 24/03/2015 à 12:06 :
Pas très crédible que "des millions d'euros" suffisent à employer "des millers de travailleurs" au Qatar. A part la Birmanie ou la Corée du nord, il n'y a pas beaucoup d'endroit sur terre où les salaires d'employés qualifiés, seraient si bas.
a écrit le 24/03/2015 à 10:23 :
Vinci, l une des mrilleures entreprises francaises de Travaux publics, d ou vient cette information nauseabonde et pourquoi l afp la reprend. Mais qui finance l' afp aujourd hui? Ce serait une bonne question.
Réponse de le 24/03/2015 à 16:41 :
Tous les pays du Golfe pratiquent la même chose, les lois du pays sont respectés
pour travailler dans ces pays il faut:
être compétent
y être invité
avoir un visa de travail
passer une visite médicale avec recherche SIDA et drogue
Ensuite le passeport original est échangé contre un passeport local qui ne permet plus du quitter le pays
Il faut comprendre que ce ne sont pas des états de droit démocartique, qu ie ces états sont souverains, ils ne veulent pas travailleurs ou de migration non souhaités? Et en plus en cas d 'activité illégale pas de possibilité de quitter le pays car pas de passeport.
Rien de bien méchant là derrière et aucune ségrégation. On accepte ou non!
Cette association SHERPA fait le jeu de compagnie concurrentes et est peut être rémunéré par une de celle ci.
Les entreprises françaises cherchent des contrats où est le mal?
Bien sur notre presse n allant jamais au fond des choses vous ne lirez jamais cela dans la presse
Pour comprendre il faut aller chercher l'info et la bonne et aussi accepter qu 'ailleurs se soit différent

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