ENTRETIEN. Alexandre Saubot, le président de France Industrie, structure qui réunit une trentaine de fédérations industrielles du pays, partage sa position sur la réponse européenne à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump.La Tribune - En votre qualité de président de France Industrie, vous êtes également le vice-président du Conseil national de l'Industrie. Cet organe s'est réuni ce mardi autour du ministre Marc Ferracci pour aborder la question de la guerre commerciale naissante. Quel a été le sens de ce dialogue, qui regroupe syndicats, filières, élus locaux et membre du gouvernement ?
Alexandre Saubot - Le constat est largement partagé. Les surtaxes douanières sont pénalisantes pour l'économie américaine en premier lieu, mais aussi pour toute l'économie mondiale. Afin de ramener les droits de douane américains au niveau le plus faible possible, il faut se battre tous ensemble avec le souci d'arriver en position de force quand la vraie négociation va démarrer.
Pour le moment, chaque filière industrielle est encore dans une période d'analyse : quelles sont nos forces, quelles sont nos situations critiques, quel est le niveau d'exportation aux États-Unis dans tel secteur, quel est le niveau d'import de l'autre côté... D'un secteur à l'autre, la situation est très différente. Quelle qu'elle soit, il faut une réponse européenne ferme, coordonnée, rapide et adaptée.
Êtes-vous partisan d'une réponse « dure » à l'égard des industriels américains, ou privilégiez-vous une approche raisonnable sans trop montrer les muscles ?
Il y a un travail de dentelle à mener et qui a commencé. Une réponse par des surtaxes douanières globales va couter très cher à l'économie européenne. Par ailleurs, la surenchère tarifaire va pénaliser l'industrie des deux côtés de l'Atlantique. Typiquement, l'industrie automobile européenne ne serait pas aidée par des barrières douanières, car les exportations américaines dans ce secteur sont faibles. Il faut réfléchir à une autre solution.