La biotech française espère commercialiser le Viaskin Peanut, un traitement contre l'allergie à l'arachide, début 2018. En attendant, elle débute une nouvelle étude pour les enfants âgés d'un à trois ans. DBV compte élargir sa future patientèle et multiplier les chances de générer plus d'un milliard de dollars par an de chiffre d'affaires.
2017 est une année clé pour DBV Technologies. La biotech française la mieux capitalisée en Bourse (1,85 milliard d'euros) attend en fin d'année les résultats d'un essai de phase III lancé en 2016 pour les enfants âgés de 4 à 11 ans pour le Viaskin Peanut, un traitement en immunothérapie épicutanée (fonctionnant avec un patch) contre l'allergie à l'arachide. Un passage obligatoire pour commercialiser le produit outre-Atlantique.
Ce traitement a obtenu l'année dernière le statut de "percée thérapeutique (therapy breakthrough)" délivré par l'Agence américaine du médicament (FDA). Ce qui signifie que le produit thérapeutique, censé apporter des bénéfices important par rapport aux solutions existantes, est étudié de façon privilégiée par l'institution. DBV a ainsi de fortes chances de voir son produit lancé sur le marché américain en 2018, sauf mauvaise surprise. Dans une note publiée en juillet, le cabinet Bryan, Garnier & Co estimait d'ailleurs les probabilités de succès de lancement du VIaskin à 90%.
Des passages obligés pour devenir un blockbuster
Mais pour que Viaskin Peanut devienne un blockbuster (plus d'un milliard de dollars de ventes annuelles) comme le prévoit le cabinet de conseil, la biotech devra surpasser un concurrent dans la lutte contre l'allergie à l'arachide : Aimmune. Le traitement de la société américaine est aussi en fin de phase III. DBV pourrait tirer son épingle du jeu grâce un mode administration de son traitement par patch, et donc plus pratique que celui de son concurrent qui se prend par voie orale.
La biotech française devra réussir également à élargir la prescription du patch à d'autres tranches d'âges. Ainsi, DBV a lancé mercredi 2 août un nouvel essai clinique de phase III appelé Epitope. L'essai sera mené sur des patients âgés d'un à trois ans, pendant douze mois, pour mesurer l'efficacité et l'innocuité du produit thérapeutique. Il espère obtenir les résultats finaux en mai 2020.
L'enjeu est de taille, car si DBV atteint ses objectifs dans les temps, la société deviendra la première biotech française à lancer et commercialiser un traitement capable de générer plus d'un milliard de dollars par an.