La question des déserts médicaux revient à l’Assemblée avec une proposition de loi déposée par 100 députés de tous horizons. Focus sur trois start-up du Centre-Val de Loire, dernière région en densité médicale, qui innovent pour réduire les inégalités d’accès aux soins.Avec neuf millions de Français vivant en 2024 dans des zones où les médecins manquent cruellement - un chiffre encore en hausse - la lutte contre les déserts médicaux s'impose comme une priorité pour Yannick Neuder, nouveau ministre de la Santé du gouvernement Bayrou. Après le projet de loi son prédécesseur, Frédéric Valletoux, promulgué fin décembre 2024, une proposition de loi préconisant (pour la première fois) la régulation de l'installation géographique des médecins sera discutée au printemps à l'Assemblée nationale.
Le texte, porté par les députés de la Mayenne Guillaume Garot, et du Loir-et-Cher Christophe Marion, propose notamment des solutions adoptées en Allemagne, en Norvège et au Danemark. Dans ces trois pays, les médecins doivent ne peuvent s'installer qu'avec l'accord des collectivités ou de l'assurance maladie.
Stratégie proactive du Loir-et-Cher
Le Loir-et-Cher n'a pas attendu de texte législatif pour tenter d'attirer tous azimuts les professions médicales sur son territoire. Lors de son élection en 2021 comme président du département, Philippe Gouet a même de la lutte contre les déserts médicaux l'une des priorités de son mandat avec le déploiement de son plan 41 en bonne santé. À la clé, un budget de 25 millions d'euros sur six ans, la durée de la mandature. Avec 190 médecins en moyenne pour 100 000 habitants, la densité du Loir-et-Cher était à l'époque certes supérieure à celle de la région Centre-Val de Loire (101) mais aussi largement en deçà de la moyenne nationale, de l'ordre de 320 praticiens.
« Notre stratégie a été double dès le démarrage. Il s'agissait d'une part de déployer des mesures d'aides financières tant vis-à-vis des étudiants en échange d'un engagement futur de trois ans minimum sur le territoire, que des médecins pour les plateaux techniques, explique Philippe Gouet. D'autre part, le département a mis en place une politique de marketing territorial offensive, lancée via son agence d'attractivité Be-LC ». Dans ce cadre, la collectivité s'est notamment appuyée sur la start-up orléanaise Job Pack.