Pharma : Servier double la mise sur le Daflon, son best seller mondial
Nathalie Jourdan
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Grâce à cet investissement, l'usine d'Oril a aussi construit un méthaniseur qui transforme ses déchets en biogaz la rendant quasiment autonome en énergie
Servier
Pharma : Servier double la mise sur le Daflon, son best seller mondial
Pour doubler la production de son médicament phare, le laboratoire a massivement investi dans l’usine normande de sa filiale Oril, qui en produit le principe actif.
Il a négocié un virage plutôt concluant vers le traitement des cancers rares depuis le scandale du Mediator. Pour autant, le groupe Servier, qui a retrouvé la rentabilité l'an dernier (+404 millions d'euros après une perte de 623 millions l'année précédente), continue de valoriser ses spécialités historiques. À commencer par le domaine des maladies veineuses où il fait figure de champion mondial bien que ses produits ne soient pas distribués aux États-Unis.
En témoigne, l'investissement de 150 millions qu'il vient de finaliser pour augmenter la production de l'usine de sa filiale Oril, située à Bolbec en Seine-Maritime (800 salariés). La nouvelle ligne, qui a été inaugurée ce mardi, doit permettre à l'établissement de synthétiser jusqu'à 1 500 tonnes du principe actif du Daflon.
Une machine à cash
La molécule extraite d'orangettes « immatures » en provenance d'Inde, de Chine et du Mexique sera également bientôt fabriquée en Hongrie. « Pour sécuriser la production, une unité jumelle est en cours de construction à Budapest (pour un montant de 80 millions d'euros ndlr) », indique à La Tribune Fred Secail, directeur du programme. Objectif affiché : doubler les volumes pour atteindre « plus de 150 millions de boîtes d'ici à 2035 », une fois la molécule mise sous forme pharmaceutique dans les autres usines du fabricant.
Si le groupe mise aussi gros, c'est que le Daflon est une véritable machine cash. Lancé au milieu des années 80, ce veinotique vendu sans ordonnance a encore généré l'an dernier 622 millions d'euros de chiffre d'affaires : un dixième des revenus totaux de la firme à lui seul.
Commercialisé dans plus de 120 pays, il a de bonnes chances de devenir ce que l'industrie pharmaceutique appelle un blockbuster. Autrement dit : un médicament générant plus d'un milliard de recettes par an. Précisément ce sur quoi table Servier. « La prévalence des maladies veineuses augmente de 4% par an », rappelle-t-il dans un communiqué.
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