Servier renonce finalement à la vente de Biogaran

Biogaran est la plus grosse marque de génériques en France avec 1.000 références, 320 millions de boîtes écoulées par an et 32,5% de parts de marché sur le médicament générique remboursé.
Reuters

Biogaran est la plus grosse marque de génériques en France avec 1.000 références, 320 millions de boîtes écoulées par an et 32,5% de parts de marché sur le médicament générique remboursé.
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Nouveau rebondissement dans l'affaire Biogaran. Ce vendredi, le laboratoire pharmaceutique français Servier a indiqué renoncer à ce stade à la vente de sa filiale de médicaments génériques Biogaran en mettant « fin aux discussions » avec les investisseurs intéressés, confirmant ainsi une information publiée par L'Usine Nouvelle.
En cause : des discussions avec les acteurs concernés qui « ne répondaient pas à l'ensemble des critères », révèle l'AFP. Cette décision met fin à des mois de spéculations sur l'avenir du leader français du médicament générique. La fin également d'une inquiétude grandissante concernant la souveraineté des médicaments français, l'un des principaux objectifs du gouvernement.
Et pour cause, quatre acteurs étaient à ce jour en lice pour reprendre les activités du géant Français : deux laboratoires pharmaceutiques indiens, Torrent et Aurobindo, mais aussi le fonds d'investissement britannique BC Partners (également propriétaire du fabricant vendéen de compléments alimentaires Havea, et par le passé de Picard Surgelés). En juin, le fabricant lyonnais de médicaments génériques Benta a créé la surprise en se positionnant également pour reprendre les activités de Biogaran.
Toutes ces offres avaient été largement scrutées par le gouvernement, soucieux de ne pas laisser partir un mastodonte du médicament français. Fin mai, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal avait d'ailleurs prévenu que « tout repreneur non-européen » devait s'attendre à « des conditions drastiques » et se voir soumis à la procédure de contrôle des investissements étrangers en France.
Le président du groupe Servier, Olivier Laureau, a d'ailleurs expliqué que « les incertitudes politiques et réglementaires ont pesé sur ces marques d'intérêt ». Les salariés de l'entreprise peuvent également souffler, eux qui redoutaient des risques de « perte de souveraineté si la production est délocalisée », mais aussi « perdre en réactivité face à des risques sanitaires ».
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Du côté des Républicains, le président du parti ainsi que le député de l'Isère avaient envoyé un courrier aux parlementaires appelant à « la plus grande vigilance » sur les offres des acteurs étrangers.
Créée en 1996, cette filiale du laboratoire Servier est spécialisée dans les génériques, ces médicaments fabriqués à partir de la même molécule que celui déjà autorisé, dit médicament de référence, et dont le brevet est tombé dans le domaine public. Depuis, Biogaran est devenue la plus grosse marque de génériques en France avec 1.000 références, 320 millions de boîtes écoulées par an et 32,5% de parts de marché sur le médicament générique remboursé.
La société, qui n'emploie directement qu'environ 250 personnes dans l'Hexagone, indique par ailleurs vendre « une boîte de médicaments sur huit » en France, à raison d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires l'année dernière. Biogaran produit aujourd'hui à moitié en France et à 40% dans l'Union européenne.
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Toutefois, le laboratoire Servier ne jette toutefois pas définitivement l'éponge sur la cession de sa filiale. « Nous pourrons initier de nouvelles revues stratégiques à l'avenir comme nous le faisons régulièrement pour évaluer le potentiel de nos activités », souligne-t-il.
(Avec AFP)