Pharmacie : le japonais Takeda fait une OPA à 51 milliards d'euros sur le britannique Shire

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Christophe Weber, devenu en 2015 le premier patron étranger de Takeda, ne cachait pas son souhait de réaliser des acquisitions. Il pense que la rachat de Shire va générer un cash flow substantiel, permettant au groupe élargi de rembourser rapidement sa dette.
Christophe Weber, devenu en 2015 le premier patron étranger de Takeda, ne cachait pas son souhait de réaliser des acquisitions. Il pense que la rachat de Shire va générer un cash flow substantiel, permettant au groupe élargi de rembourser rapidement sa dette. (Crédits : Reuters)
La consolidation dans le secteur pharmaceutique mondial se poursuit. En relevant son offre, Takeda a obtenu l'aval de sa cible, Shire. Si l'opération est approuvée par les actionnaires, ce sera la plus importante acquisition d'un groupe japonais à l'étranger.

Le groupe pharmaceutique japonais Takeda va racheter le laboratoire britannique Shire pour 45,3 milliards de livres sterling (51,6 milliards d'euros), ayant enfin obtenu le soutien de sa cible après avoir relevé la composante en numéraire de son offre. Aux termes de l'accord, les actionnaires de Shire recevront 30,33 dollars en numéraire et, au choix, 0,839 action nouvelle de Takeda ou 1,678 ADS du japonais pour chaque titre apporté, soit au total l'équivalent de 48,17 livres par action.

L'action Shire, qui se négociait à environ 10 livres en dessous de la valeur de l'offre de Takeda, a bondi de 5,5% à 40,65 livres à l'ouverture de la Bourse de la Londres. Mais le titre est toujours bien en deçà du prix de l'offre, signe d'une certaine prudence des investisseurs.

Réduire l'exposition au marché japonais

L'opération, si elle était approuvée par les actionnaires, serait la plus importante acquisition jamais effectuée par une société japonaise à l'étranger. Elle propulserait Takeda, dirigé par le Français Christophe Weber, parmi les leaders mondiaux du secteur pharmaceutique. "Ensemble, nous serons un leader dans la fourniture de traitements ciblés en gastro-entérologie, en neurosciences, en oncologie, en maladies rares et en thérapies dérivées du plasma", a-t-il déclaré.

Christophe Weber, qui est devenu en 2015 le premier patron étranger de Takeda, ne cachait pas son souhait de réaliser des acquisitions pour réduire l'exposition du groupe sur le marché pharmaceutique japonais, arrivé à maturité. Le rachat de Shire s'apparente à un énorme pari financier pour Takeda, mais Christophe Weber pense qu'il va générer un cash flow substantiel, permettant au groupe élargi de rembourser rapidement sa dette.

Des synergies estimées à 1,4 milliard de dollars

Takeda prévoit des synergies de coûts d'au moins 1,4 milliard de dollars. Le groupe japonais a indiqué qu'il avait l'intention de maintenir sa note de crédit avec pour objectif d'atteindre à moyen terme un ratio dette nette/Ebitda de deux fois ou moins.

Ce rapprochement, qui survient après plusieurs approches infructueuses de Takeda, est également l'un des plus importants jamais réalisés dans le secteur pharmaceutique où les grands acteurs cherchent à améliorer leurs portefeuille de produits. Shire a dit le mois dernier être prêt à recommander une offre de Takeda après avoir repoussé le groupe japonais à quatre reprises. Les actionnaires de Shire détiendront environ la moitié du groupe issu du rapprochement.

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Commentaires
a écrit le 08/05/2018 à 19:30 :
C'est quoi des "synergies de coûts" svp ?

On a pas le chiffre de l'endettement après cette acquisition ou bien ça passe dans le budget ?
a écrit le 08/05/2018 à 12:44 :
L'obsession d'être leader. Voilà le vrai problème. En Italie une banque qui durait malgré les crises depuis le moyen-âge a coulé en quelque années car le nouveau conseil d'administration voulait un leader. Ne pas se satisfaire d'une très belle position où chacun vit très bien mais vouloir être admiré, faire les couvertures de magazines. Le leader cherche le monopole pour contrôler les prix et asservir. Mais voilà, la nature est tenace, le monopole n'existe pas le leader change tout le temps, vouloir devenir leader c'est donc logiquement préparer sa propre destruction. Vivre la liberté. On shorte les leaders et on achète les seconds( méthode de dow).

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