Pourquoi les dépenses de santé ont dérapé en 2023
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Les dépenses hospitalières ont pesé très lourd dans la croissance globale des dépenses de santé dans l'Hexagone en 2023. (Photo d'illustration)
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Les dépenses hospitalières ont pesé très lourd dans la croissance globale des dépenses de santé dans l'Hexagone en 2023. (Photo d'illustration)
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Les dépenses de santé ont connu un bond en avant en 2023. Elles atteignent 249 milliards d'euros (+5,2%) pour les dépenses de soins et biens médicaux (CSBM), indique un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dévoilé ce jeudi.
Pour rappel, la CSBM recouvre les soins hospitaliers, honoraires des médecins, dentistes ou laboratoires d'analyses, les soins paramédicaux, les transports de malades, les médicaments et dispositifs médicaux... En revanche, son périmètre ne comprend pas les soins de longue durée ou la prévention, comme la vaccination.
En 2023, les dépenses liées aux soins hospitaliers ont joué un rôle majeur dans l'évolution globale des dépenses de santé. Elles atteignent 122 milliards d'euros (49% du total), et ont été portées par les salaires à l'hôpital et la hausse des prix de l'énergie. Les prix ont augmenté davantage dans le secteur public, conséquence d'une « hausse marquée des rémunérations à l'hôpital », dont l'augmentation des indemnités de gardes de nuit et de week-end, décidée à l'été 2023.

Concernant les soins de ville, la facture s'est élevée à 72 milliards d'euros (+5,7%) l'année dernière. La hausse est surtout forte chez les médecins spécialistes (+6,6%). Entre 2019 et 2023, la dépense chez les spécialistes a augmenté de 18,5%, contre 3,4% chez les médecins généralistes.
Pointés du doigt par le gouvernement de Michel Barnier cet automne, les transports sanitaires ont aussi vu leur coût flamber (+10,8%). « La consommation de transports sanitaires en ambulatoire s'élève à 6,8 milliards d'euros en 2023, soit 2,7% de la consommation de soins et de biens médicaux », pointe la Drees. Ces dépenses sanitaires restent l'apanage des taxis (41% du total).
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Les dépenses de médicaments « augmentent pour la troisième année consécutive » et culminent à 33 milliards d'euros. Pour la Drees, cette hausse reflète notamment « l'effet de l'innovation », alors que le nombre de boîtes de médicaments remboursables délivrées en pharmacie diminue lui de 1,1%.
Des dépenses de médicaments que l'exécutif entend bien freiner coûte que coûte. Lundi, la ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq a annoncé la baisse du taux de remboursement des consultations médicales et des médicaments de 5%. Pour Matignon, l'objectif est de récupérer 1 milliard d'euros dans le budget de la Sécurité sociale pour 2025.
Dans le détail, les consultations médicales seraient désormais remboursées à hauteur de 65%, soit 19,5 euros sur les 30 euros payés par les patients, selon les nouveaux tarifs en vigueur en décembre. Côté médicaments, les trois taux de remboursement existants (65%, 30% et 15%) seraient a priori abaissés dans la même proportion.
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Enfin, il faut souligner que depuis 2019, la structure du financement des dépenses de santé a évolué : la Sécurité sociale et l'Etat ont financé 80,1% des dépenses de soins et biens médicaux en 2023, soit 1,5 point de plus qu'en 2019, tandis que les organismes complémentaires en ont financé 12,4% (-0,7 point) et les ménages 7,5% (-0,9 point).
Pour les ménages, le reste à charge, après remboursements de l'Assurance maladie et des complémentaires santé, s'élève environ à 274 euros sur l'année par personne, indique la Drees.

(Avec AFP)
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