ENTRETIEN EXCLUSIF – Le budget de la Sécurité sociale est débattu à l’Assemblée nationale à partir de lundi. Le gouvernement promet d’atténuer les mesures les plus dures pour le pouvoir d’achat. Geneviève Darrieussecq, ministre de la Santé, explique son projet.Les scénarios se suivent et se ressemblent pour le gouvernement. Après la partie fiscale, c'est l'heure de vérité pour Michel Barnier sur le volet Sécurité sociale du budget 2025. Les députés examinent cette semaine le projet de loi dans l'hémicycle, après l'avoir rejeté à l'unanimité en commission des affaires sociales à la veille du week-end. Dans le domaine de la santé, l'exécutif espère réaliser près de 5 milliards d'euros d'économies. Et 4 milliards s'agissant des retraites.
À l'instar de plusieurs de ses collègues, la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, considère que les efforts demandés dans son propre champ sont mal calibrés : elle veut atténuer la hausse de 10% du ticket modérateur (la somme non remboursée par la Sécu) tout en empêchant les mutuelles de faire exploser leurs tarifs.
Dans l'interview qu'elle accorde à La Tribune Dimanche, l'élue des Landes, médecin de profession, en appelle à la responsabilité des organismes complémentaires. Elle reconnaît implicitement que l'ensemble des Français risquent d'être, peu ou prou, concernés par les mesures budgétaires. Outre la baisse des remboursements, le projet de loi prévoit une moindre prise en charge des arrêts maladie, des réductions de prix des médicaments, etc.
Le « trou » de la Sécu atteindra 18 milliards d'euros cette année, au lieu de 10,5 milliards initialement anticipés. Les dépenses sont en hausse de 5,3%. L'exécutif entend infléchir fortement cette tendance, avec un objectif de +2,8 % l'an prochain. Malgré les économies annoncées, cette enveloppe croîtra notamment du fait de la revalorisation des généralistes, la consultation passant à 30 euros dès décembre (soit un coût de 1 milliard d'euros).
Propos recueillis par Fanny Guinochet, Marie Nidiau, Nicolas Prissette