Pourquoi les dirigeants des grands labos européens sont en majorité français

Cela s'explique principalement par les 93% de dirigeants Français dans les groupes pharmaceutiques de l'Hexagone. Mais les profils de ces derniers intéressent à l'étranger, notamment au Royaume-Uni, grâce à leur formation et leur expérience internationale.
Jean-Yves Paillé

2 mn

Pascal Soriot, patron d'AstraZeneca, fait partie des Français qui ont réussi à accéder à un poste de dirigeant dans l'industrie pharmaceutique à l'étranger.
Pascal Soriot, patron d'AstraZeneca, fait partie des Français qui ont réussi à accéder à un poste de dirigeant dans l'industrie pharmaceutique à l'étranger. (Crédits : Reuters)

Quelles sont les caractéristiques des dirigeants de l'industrie du médicament en Europe ? Le cabinet de conseil Heidrick & Struggles s'est intéressé au profil de 65 dirigeants de 16 grands groupes pharmaceutiques dans les trois principaux marchés européens: le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France. Un élément ressort de cette étude : les Français sont les plus nombreux à occuper des postes de dirigeants dans l'industrie pharmaceutique européenne. On en recense ainsi 17, soit 27,4% au total.

Une expérience à l'international plus forte chez les Français

Certes, cette tendance est dopée par la forte proportion de dirigeants de nationalité française dans l'Hexagone, qui grimpe à 93%. Mais il y a également "une importante présence des Français parmi les dirigeants de l'industrie pharmaceutique à l'étranger, notamment au Royaume-Uni", note Carole Deffez, partner spécialiste de l'industrie pharmaceutique chez Heidrick & Struggles, interrogée par La Tribune. On y retrouve par exemple Pascal Soriot, patron du géant pharmaceutique britannique AstraZeneca, ou encore Marc Dunoyer, qui en est le directeur financier.

Parmi les atouts des Français, le cabinet de conseil souligne leur expérience internationale. Une nécessité dans "une industrie internationalisée", souligne Carole Deffez. Ainsi, 57% des dirigeants français de l'industrie pharmaceutique ont exercé dans plus de trois pays étrangers, détaille l'étude de Heidrick & Struggles. A contrario, "au Royaume-Uni, les dirigeants ont en général vécu dans un pays étranger. En Allemagne, ils sont plus rares", ajoute-t-elle.

Enfin, la formation des dirigeants français est reconnue. "Les dirigeants français ont souvent suivi une bonne formation scientifique accompagnée d'un MBA (formation internationale de management et de gestion des entreprises, Ndlr) et d'un PHD (l'équivalent d'un doctorat, Ndlr). Les parcours de ces Français ont été très équilibrés également dans la gestion de centres de profits et des postes stratégiques", précise Carole Deffez.

Attention au conservatisme

Néanmoins, le cabinet Heidrick & Struggles juge les industries de santé "conservatrices" sur leur profil de dirigeants pour affronter un environnement "volatil, incertain, et complexe". Et pointe le cas de la France.

"On a du mal à intégrer des non-francophones dans l'Hexagone. Or, les sociétés les plus performantes ont des dirigeants avec des profils très diversifiés, qu'il s'agisse du genre, de la nationalité, du parcours, ou des études", conclut Carole Deffez.
Jean-Yves Paillé

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