Prix des médicaments : le gouvernement privilégie la négociation

 |   |  462  mots
Ce nouvel accord-cadre est à la fois moderne et équilibré, assure Patrick Errard, président du Leem.
"Ce nouvel accord-cadre est à la fois moderne et équilibré", assure Patrick Errard, président du Leem. (Crédits : REUTERS/Srdjan Zivulovic)
Le gouvernement a signé un accord avec la Fédération des entreprises du médicament qui concerne la régulation du prix des médicaments dans les trois ans à venir. La négociation est privilégiée, dans la mesure du possible.

L'heure est à l'entente entre les représentants des laboratoires pharmaceutiques et le gouvernement. Le Comité économique des produits de santé (CEPS) a signé un accord pour trois ans avec les industries du médicament sur la fixation du prix des médicaments. Précisément, il "définit les modalités de négociation des prix des médicaments remboursables par la Sécurité sociale avec chaque entreprise", d'après un communiqué des ministres de la Santé, Marisol Touraine, de l'Economie, Emmanuel Macron, des Finances, entre autres, publié lundi 11 janvier. Il privilégie "la préférence conventionnelle", c'est-à-dire la négociation dans la mesure du possible.

L'accord prévoit de "prendre en compte les investissements en recherche et développement ou en production des entreprises en Europe". Il affirme que "les prix peuvent être relevés lorsque survient une modification des éléments qui avaient justifié le prix en vigueur ou les engagement souscrits", selon l'article 6 du document.

Un comité de pilotage pour prévoir le coût des nouveaux médicaments

Importante nouveauté dans le contrat, cet accord marque la création d'un comité de pilotage de la politique conventionnelle (CPFC). Ce dernier pourra notamment accéder aux informations "relatives aux médicaments susceptibles d'arriver sur le marché à un horizon de cinq ans" pour anticiper et estimer leur coût pour la sécurité sociale. Et éviter les mauvaises surprises.

Parer aux envolées surprises des coûts

Comme le rapporte une source gouvernementale aux Echos "Ce qui nous intéresse, c'est la prévision. [...] Nous avions tenté d'appréhender le coût de l'innovation dans l'hépatite C [avec le médicament appelé Sovaldi, Ndlr], le laboratoire nous avait parlé de 200 millions d'euros par an". Or, avant que le le gouvernement ne fasse voter un mécanisme de taxation rétroactif pour récupérer une partie de la manne financière, le coût annuel allait en réalité de 800 millions d'euros à 1 milliard d'euros.

La position de la fédération professionnelle évolue

Dans un court communiqué, la Fédération des entreprises du médicament Leem, cosignataire de l'accord, juge que celui-ci est juste. "Ce nouvel accord-cadre est à la fois moderne et équilibré", assure Patrick Errard, président du Leem. Il offre un cadre de régulation mieux adapté aux enjeux des innovations."

Le 9 novembre, le syndicat professionnel, dénonçait encore "une régulation économique toujours plus lourde" dans sa plaquette "PLFSS 2016" destinée à promouvoir le secteur pharmaceutique et à dénoncer les effets néfastes de la recherche d'économies par les pouvoirs publics :

"Les économies demandées sur le médicament ont franchi un cap depuis quatre ans, entraînant une récession durable, une perte de rentabilité et une contraction de chiffre d'affaires."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/01/2016 à 15:49 :
oui on demande a la pharma de faire des efforts pour la secu, c'est bien, mais le budget global, personne n'en parle ( c'est le budget des hopitaux)... curieux, hein, d'economiser 3 cents par boite de doliprane, mais de ne pas s'interesser aux services hospitaliers que personne ne frequente...
oui bon d'un autre cote, faut pas froisser les syndicalistes un an avant une election, c'est sur, surtout quand on sait ' q'ils votent bien'
Réponse de le 12/01/2016 à 18:14 :
oui la pharmacie de ville est une source d'économies : un pharmacien gagne en moyenne 10,000 euros nets par mois (ce n'est pas moi qui le dit mais la cour des comptes et oui !!)

Combien y a t il de pharmacies en france ? haha oui les économies sont aussi là !
a écrit le 12/01/2016 à 15:27 :
Pourquoi ne supprime t on pas les 50 % dès médicaments qui ne dernier à rien

Voir étude de debre et de nombreux specialistes
Les innovations sont souvent dans l emballage et la sécu trinque
a écrit le 12/01/2016 à 15:08 :
Le scandale se poursuit. Le gouvernement fixe généreusement des prix élevés, le double du marché mondial ordinaire, pour aider les laboratoires français dans un domaine sans avancées significatives qui voit ses prix baisser considérablement. Autrement dit une taxe fiscale complémentaire, ou son équivalent. C'est bien nous en effet, les clients forcés de cette entente illégale, qui allons payer ces dérives. La sécurité sociale qui est supposée organiser les achats pour notre compte et au plus juste est mise hors ligne. pendant ce temps tout le monde est obligé de disposer d'une complémentaire santé pour payer ce que le gouvernement distribue ailleurs. Un clientélisme électoral affiché tant pour les laboratoires qu'autres pharmaciens. Le scandale continu.
a écrit le 12/01/2016 à 14:43 :
" Les économies demandées sur le médicament ont franchi un cap depuis quatre ans, entraînant une récession durable, une perte de rentabilité et une contraction de chiffre d'affaires." Certes, mais faut-il pour autant continuer à endetter la SS? Que font les laboratoires en matière de recherche et de production de nouveau médicaments? Pas grand-chose, si ce n'est du recyclage et du marketing.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :