Sanofi s'offre la technologie ARN messager de Translate Bio pour 3,2 milliards de dollars

Après avoir initié une collaboration avec la biotech américaine, le laboratoire français veut se positionner sur cette nouvelle technologie. Ce rachat n'est pas le premier. Depuis plusieurs mois, le groupe enchaîne les opérations stratégiques pour rattraper son retard en matière de vaccin par ARNm et étoffer son portefeuille de produits. Outre le Covid-19, il vise la couverture d'autres maladies dont les traitements par ARNm sont appelés à se développer rapidement.

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En plus de la course aux vaccins, Translate Bio doit permettre à Sanofi de se positionner sur le traitement de la mucoviscidose et d'autres maladies pulmonaires rares.
En plus de la course aux vaccins, Translate Bio doit permettre à Sanofi de se positionner sur le traitement de la mucoviscidose et d'autres maladies pulmonaires rares. (Crédits : Charles Platiau)

Sanofi est déterminé à combler son retard en matière de technologie vaccinale. Après avoir annoncé investir 2 milliards d'euros (ou 400 millions par an d'ici 2025) sur l' ARN messager, cette technologie à l'origine des premiers vaccins contre le Covid-19, le laboratoire confirme l'acquisition de Translate Bio, une biotech américaine spécialisée dans les thérapies et vaccins à base d'ARNm, avec laquelle le français était déjà engagé via un accord de collaboration et de licence exclusif et deux essais cliniques de vaccins à ARNm (l'un contre le Covid-19, l'autre contre la grippe saisonnière). Montant de l'opération : 3,2 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros).

Sanofi va se porter acquéreur de la totalité des actions de la biotech, au prix de 38 dollars par action, soit une prime de 56% du cours moyen pondéré par les volumes du titre ces trois derniers mois. « Translate Bio apporte une plateforme de technologie de l'ARNm et une solide expertise à notre recherche, renforçant ainsi notre capacité à explorer les promesses de cette technologie pour développer à la fois des vaccins et des médicaments qui seront les meilleurs de leur classe pharmacothérapeutique », a commenté Paul Hudson, le directeur général de Sanofi dans un communiqué.

En avril dernier, le groupe français avait déjà annoncé le rachat de Tidal Therapeutics, un autre spécialiste de l'ARNm pour un montant prévu de 310 millions de dollars.

Un rachat pour maîtriser toute la chaîne de développement

Alors qu'il accuse un retard de plus d'un an face aux vaccins concurrents anti Covid-19 de Pfizer/BioNtech et Moderna, Sanofi tente depuis plusieurs mois de reprendre la main, en matière de communication mais aussi sur le plan commercial. Le Français est engagé sur plusieurs fronts. Celui présenté comme le principal vaccin est issu d'un co-développement avec le britannique GSK. Il est passé depuis mai en phase 3 avec le début d'essais à grande échelle. Le second porte sur l'ARN messager, mais il est à ce stade beaucoup moins avancé. « Nous développons également un candidat-vaccin à ARN messager en partenariat avec Translate Bio. Nous prévoyons de débuter une étude de phase I/II au premier trimestre de 2021 et d'obtenir l'approbation potentielle de ce vaccin au plus tôt au deuxième semestre de 2021 », indiquait en janvier Olivier Bogillot, le président France du groupe à La TribuneLe groupe collabore avec cette biotech américaine spécialisée dans l'ARN messager depuis 2018.

En projet également, deux centres de recherche dédiés aux vaccins à ARNm, l'un situé à Cambridge, aux États-Unis, l'autre à Marcy-L'Étoile, près de Lyon, sur deux sites où le groupe est déjà présent.

« Notre objectif est de libérer le potentiel de l'ARNm dans d'autres domaines stratégiques, comme l'immunologie, l'oncologie et les maladies rares, en plus des vaccins », a ajouté Paul Hudson.

Outre la course aux vaccins, Translate Bio doit permettre à Sanofi de se positionner sur le traitement de la mucoviscidose et d'autres maladies pulmonaires rares. L'opération, approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux entreprises, devrait être finalisée au troisième trimestre 2021. Sanofi compte la financer avec sa trésorerie disponible.

En matière de résultats, même distancé dans la course au vaccin, Sanofi a fait état d'un deuxième trimestre solide, porté par les ventes de son médicament Dupixent et sa division vaccin. Son chiffre d'affaires a grimpé de 6,5% à 8,7 milliards d'euros. Le bénéfice net par action des activités (BNPA) pour 2021 est prévu en hausse de 12% à taux de change constants.

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Commentaires 6
à écrit le 03/08/2021 à 21:24
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Encore un secteur qui ne marche plus très bien ..Vivement les licornes et autre farfadets pour relancer tous les secteurs en perdition dans notre pays.

à écrit le 03/08/2021 à 11:30
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Après avoir vendu via une société écran (i.e. institut Pasteur) le labo virologique de Wuhan dont est issu le CoViD-19, Sanofric s'offre la technologie de l'ARN mutagène pour lutter contre le CoViD-19... Surtout allez vous faire vacciner comme M...

à écrit le 03/08/2021 à 9:47
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ça fait longtemps que Sanofi ne cherche plus, les autres cherchent et trouve et se font racheter.

le 03/08/2021 à 10:28
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C'est le cas de beaucoup d'entreprises soit disant innovantes françaises dont Thales, expert en rachat de technologies anglo-saxonnes...

le 03/08/2021 à 16:10
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...et partent bronzer au soleil Après avoir vendu la star up au plus offrant.

le 03/08/2021 à 16:10
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...et partent bronzer au soleil Après avoir vendu la star up au plus offrant.

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