Pour rattraper son retard, Sanofi investit deux milliards d'euros dans l'ARN messager
latribune.fr
Le géant français a annoncé investir deux milliards d'euros d'ici cinq ans dans la recherche et le développement de cette technologie vaccinale, à l'origine des premiers vaccins contre le Covid-19.
Benoit Tessier
Le groupe pharmaceutique a annoncé qu'il allait consacrer 400 millions d'euros par an d'ici à 2025 dans la recherche sur de nouveaux vaccins liés à cette technologie sur laquelle ses concurrents ont pris de l'avance.
Distancé dans la course à la vaccination par les laboratoires Pfizer et Moderna sur la méthode de l'ARN messager, Sanofi se met en position pour rattraper son retard d'un an. Le géant français a annoncé investir deux milliards d'euros d'ici cinq ans dans la recherche et le développement de cette technologie vaccinale, à l'origine des premiers vaccins contre le Covid-19.
Pour rappel, Sanofi est engagé sur plusieurs fronts en matière de vaccins anti-Covid-19. Le principal concerne un co-développement avec le britannique GSK, qui est depuis mai passé en phase 3 avec le début d'essais à grande échelle. Le second porte sur l'ARN messager, mais là le stade est beaucoup moins avancé. « Nous développons également un candidat-vaccin à ARN messager en partenariat avec Translate Bio. Nous prévoyons de débuter une étude de phase I/II au premier trimestre de 2021 et d'obtenir l'approbation potentielle de ce vaccin au plus tôt au deuxième semestre de 2021 », indiquait en janvier Olivier Bogillot, le président France du groupe à La Tribune. Le Français collabore avec cette biotech américaine spécialisée dans l'ARN messager depuis 2018.
Dans le détail, Sanofi a annoncé qu'il allait consacrer 400 millions d'euros par an d'ici à 2025 dans la recherche sur de nouveaux vaccins à ARN messager, des investissements qui devraient se poursuivre au-delà de cette période.
Pour cela, il va créer un centre de recherche dédié aux vaccins à « ARNm », situé à Cambridge, aux États-Unis, et à Marcy-L'Étoile, près de Lyon, sur deux sites où le groupe est déjà présent, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué.
Objectif affiché: mettre au point une nouvelle génération de vaccins, avec au moins six candidats vaccins en essais cliniques d'ici à 2025.
Sanofi avance son vaccin par ARN contre la grippe
« Il s'agit de vaccins de routine sur des maladies infectieuses. On ne va pas remplacer nos vaccins actuels, mais étendre notre portefeuille », a souligné Thomas Triomphe, vice-président exécutif et responsable monde de Sanofi Pasteur, la branche du groupe dédiée aux vaccins. Le laboratoire ne précise pas quelles maladies infectieuses seront visées.
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« Ce nouveau mécanisme d'action va compléter nos différentes approches », souligne-t-il. « Notre ambition est d'amener l'ARN messager à l'étape d'après: comment faire évoluer cette technologie en ayant des vaccins thermostables (2 à 8 degrés) et une innocuité améliorée pour pouvoir les utiliser de façon routinière et pas uniquement pandémique ».
L'an dernier, les vaccins - pédiatriques, contre la grippe, etc - ont généré quasiment six milliards d'euros de ventes pour Sanofi, soit quelque 17% de son chiffre d'affaires.
Pourtant, malgré son expertise, le laboratoire a multiplié les retards face au Covid-19, s'attirant l'ire de l'opinion publique. Son vaccin recombinant - développé avec GSK - devrait ainsi être commercialisé d'ici à la fin de l'année, soit un an après ses concurrents Pfizer-BioNTech et Moderna, qui ont mis au point un vaccin à ARN messager.
Sanofi a annoncé récemment avoir lancé de premiers essais cliniques pour un projet de vaccin contre la grippe à base d'ARN messager, soit « avant les annonces similaires d'autres concurrents », fait toutefois valoir Thomas Triomphe.