Un hôpital français teste une thérapie génique "révolutionnaire" contre le cancer

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Durant huit mois, de l'automne 2016 au printemps 2017, le Centre hospitalier Lyon-Sud a pris en charge quatre patients de plus de 60 ans atteints d'un lymphome avec un traitement de Novartis basé sur l'édition du génome.
Durant "huit mois", de "l'automne 2016 au printemps 2017", le Centre hospitalier Lyon-Sud a pris en charge quatre patients de plus de 60 ans atteints d'un lymphome avec un traitement de Novartis basé sur l'édition du génome. (Crédits : Reuters)
Le service d'hématologie du Centre hospitalier Lyon-Sud a soigné quatre personnes atteintes d'un lymphome avec une thérapie de Novartis basée sur la modification du système immunitaire du patient in vitro, une méthode thérapeutique qui pourrait transformer le modèle de prise en charge du cancer du sang. L'hôpital collaborera une nouvelle fois avec le laboratoire suisse en 2018 pour un essai de phase III.

C'est une méthode thérapeutique qui tient en haleine les acteurs en oncologie. Jugée révolutionnaire par certains, elle promet des taux de rémissions importants pour des patients en rechute et se trouvant sans alternative thérapeutique. Le Kymriah de Novartis est devenu le premier traitement basé sur l'édition du génome (CAR-T) à être commercialisé aux Etats-Unis contre la leucémie aiguë lymphoblastique, Il devrait arriver en Europe en 2018.

En parallèle, le laboratoire suisse développe une deuxième indication : le lymphome diffus à grandes cellules B chez l'adulte. Si les établissements de santé américains sont les plus sollicités, la France joue également un rôle important dans le développement de ce traitement. Le centre hospitalier Lyon-Sud a été sélectionné l'année dernière pour faire partie des 27 sites impliqués dans un essai de phase II. Cet hôpital est ainsi devenu le premier établissement français à soigner des patients atteints d'un cancer avec cette méthode thérapeutique innovante.

Plusieurs patients ont bénéficié des CAR-T

Durant cette étude incluant 130 patients le Centre hospitalier Lyon-Sud "a pris en charge quatre patients de plus de 60 ans atteints d'un lymphome", rapporte à La Tribune Gilles Salles, chef du service d'hématologie, et président du Lysa, un groupe coopérateur de recherche sur le lymphome. Pendant "huit mois", de "l'automne 2016 au printemps 2017", le service de l'hématologue a prélevé les cellules T des patients, des défenses immunitaires appelés aussi lymphocytes T. Celles-ci ont été transférés dans un laboratoire en Allemagne, puis modifiées in vitro pour les aider à reconnaître l'antigène de la tumeur afin de l'attaquer. Ces lymphocytes T ont ensuite été renvoyés en France et injectés dans le corps du patient par transfusion sanguine. Une opération bouclée en "trois semaines" pour chaque patient..

Nouvelle collaboration en 2018

L'hôpital rhodanien collaborera une nouvelle fois avec le laboratoire suisse, toujours dans le traitement du lymphome chez l'adulte, annonce Gilles Salles.

"Nous allons travailler avec Novartis pour un essai clinique de phase III au printemps 2018." Cette étude, qui devrait inclure "200 à 300 patients", va "comparer les effets d'une autogreffe de cellules souches (venant du patient, NDLR) à la méthode des CAR-T".

Le médecin espère que l'établissement français pourra soigner 10% des patients recrutés pour cet essai clinique. Selon lui, les CAR-T représentent "un nouveau modèle pour soigner les cancers du sang et peut-être bientôt les tumeurs solides", voire une "révolution".

Avant même le démarrage de cette étude de phase III, Novartis prévoit l'envoi d'un dossier à l'Agence européenne du médicament pour obtenir une autorisation de commercialisation de son traitement en 2018. Il s'appuiera sur les résultats de son essai de phase II. Les premiers éléments rendus publics en juin montrent que 45% des 51 premiers patients traités pour un lymphome diffus à grandes cellules B ont répondu totalement ou partiellement au traitement en trois mois.

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Commentaires
a écrit le 17/11/2017 à 5:39 :
Magnifique ces " découvertes " révolutionnaires !
Sauf qu'on meurt toujours autant du cancer , voire plus ....
a écrit le 16/11/2017 à 21:57 :
Un minimum aurait été de donner le coût de ce traitement. Les Suisses comme les us ne sont pas donnés, d'habitude...
a écrit le 16/11/2017 à 16:47 :
... de révolution en découverte décisive on constate que la mortalité par cancers est en augmentation constante !!!
Cherchez l'erreur ........

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