La recherche clinique en France va (encore) bien

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L'enquête du Leem a été effectuée auprès de 30 laboratoires en 2016. Ils représentent 62% du chiffre d'affaires du marché français.
L'enquête du Leem a été effectuée auprès de 30 laboratoires en 2016. Ils représentent 62% du chiffre d'affaires du marché français. (Crédits : Reuters)
Reconnue dans l'hémato-oncologie et capable de recruter des patients rapidement, la France reste un acteur solide dans le domaine de la recherche clinique, malgré quelques écueils. La preuve en quelques chiffres.

Une nouvelle méthode de communication ? Mardi 28 février, le Leem a rompu avec un ton habituellement offensif parfois mâtiné de "french bashing". Lors de la présentation de sa 8e enquête sur l'attractivité de la France* dans la recherche clinique internationale, le lobby du médicament a certes taclé certaines lenteurs administratives, déploré par exemple une baisse du nombre d'essais de phases II et III réalisés en France comparé à 2014 (443 à 325), sachant que, par rapport à la 7e édition, six laboratoires de moins ont participé à la nouvelle enquête. Mais, le Leem a préféré insister sur des points positifs, voire des motifs de fierté. Le lobby pharmaceutique sert ainsi un discours très différent de  celui du lobby des biotechs, qui a publié un rapport très alarmiste sur le sujet, il y a quelques jours.

En pointe dans l'hémato-oncologie

"C'est indéniable, la France est en pointe dans les essais cliniques en hémato-oncologie, elle est reconnue dans le monde entier dans ce domaine", souffle Jérôme Bouyer, président d'Abbvie France, et président de la Commission des affaires scientifiques du Leem. Ainsi, 45% des essais cliniques en France (227) sont consacrés à ce domaine thérapeutique, particulièrement investi par l'industrie pharmaceutique.

"Sur les essais en phase précoce (phase I) dans ce domaine thérapeutique, la France se classe à la 3e place dans le monde", avance le docteur Eric Angevin, pour le Département d'innovation thérapeutique et d''essais précoces de l'hôpital Gustave Roussy. En effet, 90% des études en phase précoce dans l'Hexagone sont consacrées aux tests de molécule en cancérologie. Pour Jérôme Bouyer, l'intérêt des laboratoires pour la France dans l'oncologie s'explique par "l'excellent niveau académique des équipes de recherche et les bonnes infrastructures".

L'oncologie n'est pas le seul domaine en pointe de la recherche clinique en France. Le nombre d'essais dans les maladies cardiovasculaires et le diabète est passé de 52 à 54 en deux ans, entre 2013 et 2015.

Des recrutements rapides

Autre motif de satisfaction: la célérité des recrutements de patients. La France est le pays européen le plus performant dans ce domaine, avec un indice de 2,6, contre 1,6 pour l'Italie, ou encore respectivement 1,5 et 1,4 pour l'Espagne et l'Allemagne.

Parmi les vecteurs de célérité, selon le Leem, la convention unique appliquée par le gouvernement socialiste en 2013. Il s'agit d'une mesure de simplification administrative. Cette convention "utilisée à l'identique par tous les établissements de santé français participant à une même recherche biomédicale".

En clair, avec cette mesure, le délai entre la soumission au Comité de protection des personnes du projet d'essai clinique et la signature des contrats hospitalier a diminué de 27% entre 2014 et 2015 pour un premier contrat, passant de 127 à 92 jours.

Des recrutements nombreux

Et ces patients recrutés sont particulièrement nombreux dans l'Hexagone. La France se classe premier pays européen en nombre de patients dans les essais cliniques, soit 9% des 189.000 patients du continent. Elle dépasse largement l'Allemagne (7%), l'Espagne (6%) ou encore le Royaume-Uni (3%).

Ces patients font souvent face à un échec thérapeutique. En participant aux essais cliniques; ils peuvent alors accéder à des traitements potentiellement bénéfiques.

La France, sollicitée pour des essais cliniques de phases avancées

Par ailleurs, 66% (cinq points de plus qu'en 2014) des patients recrutés en France le sont pour des essais cliniques de phase III. Et 49% des études cliniques sont de phase III en France. C'est un signe de bonne santé de la recherche clinique en France, car il s'agit de la phase la plus importante: la dernière étape avant une mise sur le marché d'une molécule. C'est aussi l'une des plus exigeantes. Elle doit apporter des informations précises sur l'efficacité et la sûreté d'un produit thérapeutique et est l'occasion de préciser le dosage adéquat pour chaque patient. Cette étape demande donc des compétences médicales approfondies.

*L'enquête a été effectuée auprès de 30 laboratoires (Sanofi, Roche, Novartis, MSD...) en 2016. Ils représentent 62% du chiffre d'affaires du marché français.

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