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Entreprises & FinanceChimie & Pharmacie

Vente du Doliprane : Bercy pourrait bloquer l'opération

latribune.fr

Publié le 14 octobre 2024 à 05:20 - Mis à jour le 14 octobre 2024 à 05:20

Le Doliprane, médicament le plus vendu en France, est sur le point de passer sous pavillon américain.

Le Doliprane, médicament le plus vendu en France, est sur le point de passer sous pavillon américain.

Benoit Tessier

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Le ministre de l'Economie, Antoine Armand ne s'interdit pas de bloquer la cession de la filiale de Sanofi produisant le Doliprane au fonds d'investissement américain CD&R s'il n'est pas garantie que le médicament continue à être produit en France.

« Mon engagement est que le Doliprane continue à être produit en France, par des salariés en France » et « nous devrons demander des garanties extrêmement fortes », a déclaré dimanche sur BFMTV, Antoine Armand. Le ministre de l'Economie se rend ce lundi matin avec le ministre délégué chargé de l'Industrie Marc Ferracci, sur le site de production du Doliprane de Sanofi à Lisieux (Calvados).

En effet, le Doliprane, médicament le plus vendu en France, est sur le point de passer sous pavillon américain : Sanofi a annoncé vendredi négocier avec le fonds d'investissement américain CD&R pour lui céder le contrôle de sa filiale de produits en vente libre Opella. Cette annonce s'est accompagnée d'une bronca chez des politiques de tous bords, dont certains ont exhorté le gouvernement à bloquer cette opération, au nom de la souveraineté sanitaire française.

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« Garanties extrêmement fortes »

Interrogé sur une possibilité de bloquer la cession, le ministre a répondu que « nous demanderons des garanties extrêmement fortes de nature à rassurer sur le moyen terme à la fois les salariés et les Français (...) et si ce n'est pas le cas, rien ne me paraîtra interdit au premier abord ». Le ministre doit discuter lundi « avec les salariés et leurs représentants de ces garanties, de ces conditions parce que produire du Doliprane en France est notre stratégie industrielle et souveraine et sanitaire et cela doit le rester », a-t-il complété.

Le gouvernement est convaincu d'obtenir des engagements de maintien en France de sites industriels par la filiale de produits grands publics de Sanofi, a déclaré de son côté dimanche le ministre délégué à l'Industrie, Marc Ferracci. « Nous allons discuter de ces engagements dans le cadre de la procédure qui a été introduite ces dernières années, qu'on appelle la procédure de contrôle des investissements étrangers » (qui permet éventuellement de bloquer la prise de contrôle d'une entreprise étrangère, Ndlr), a-t-il indiqué sur France 3.

«Je pense très sincèrement que des engagements seront pris, qui seront très solides, à la fois pour maintenir les emplois et pour maintenir la sécurité de l'approvisionnement des Français» en médicaments, a-t-il ajouté.

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Avant de souligner : les engagements de Sanofi et du nouvel investisseur devront porter sur « le maintien de sites de production en France » et sur « le maintien de la recherche et développement en France ». La vigilance est également de mise dans l'exécutif car l'approvisionnement en paracétamol a récemment connu des périodes de tensions.

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Illustration de la newsletter Industrie et service

Dans une tribune publiée par la Tribune dimanche, l'ensemble des parlementaires PS a pris la plume pour s'opposer à son tour à cette opération : « Le gouvernement doit refuser le rachat américain de l'usine de Lisieux de Sanofi, et imposer à Sanofi de préserver un contrôle national de ces activités indispensables pour notre souveraineté », écrivent-ils.

Plus de 15 milliards d'euros

Dans le détail, le groupe pharmaceutique français déclare « avoir entamé des négociations avec CD&R pour la cession potentielle d'une participation de contrôle de 50% dans Opella », confirmant des informations de presse. Il ne fournit pas de détail sur cette opération de grande envergure concernant cette filiale chapeautant une centaine de marques dont le populaire Doliprane, Mucosolvan, Maalox, Novanuit...

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Selon le journal Les Echos, le potentiel repreneur américain a offert plus de 15 milliards d'euros pour Opella, qui se revendique numéro trois mondial des médicaments sans ordonnance, vitamines, minéraux et compléments alimentaires. Ce projet de séparation avait été annoncé il y a presque un an pour permettre à Sanofi d'accélérer dans l'innovation et se positionner en champion de l'immunologie et à Opella de se concentrer sur son domaine, considéré plus proche d'une logique de consommation que de la pharmacie. Opella a beau avoir des racines françaises et le Doliprane être sa deuxième marque en termes de revenus, la France ne représente qu'environ 10% des ventes de cette entité qui a réalisé 5,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023.

Mais Sanofi répète depuis des mois que sa séparation d'Opella ne marque pas la mort du Doliprane et que les Français continueront d'en trouver en pharmacie. Avec pour preuve, 50 millions d'euros déjà investis sur la dernière décennie sur le site de Lisieux qui produit la quasi-totalité du Doliprane, auxquels s'ajoutent actuellement 20 millions d'euros supplémentaires pour augmenter de 40% la capacité de production du Doliprane dans les prochaines années.

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L'offre américaine davantage alléchante

Une autre offre était menée par le fonds français PAI Partners mais l'option américaine était financièrement plus élevée, selon des sources concordantes. Un choix qui s'explique, selon ces sources, aussi par le fait que CD&R est un fonds de 26 milliards de dollars, beaucoup plus gros que PAI (7 milliards d'euros), qui aura l'argent disponible pour soutenir la croissance d'Opella.

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Le fait que les Etats-Unis soient le premier marché d'Opella avec près de 25% de son chiffre d'affaires a également fait pencher la balance au profit du groupe américain, qui a par ailleurs déjà réalisé des investissements en France (Conforama, Rexel, Spie ou encore Socotec). Sanofi conserverait néanmoins une part significative dans Opella sur lequel le drapeau national devrait donc continuer de flotter.

(Avec AFP)

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