En plein cœur de l'ancien bassin minier du Nord, des bacs de grenailles de cuivre se multiplient dans un hangar de Noyelles-Godault (Nord-Pas-de-Calais). Aussi fin que du sucre pour certaines, aussi épais que des miettes de pain pour d'autres, plusieurs épaisseurs de cet or rouge et scintillante se retrouvent dans des dizaines de caisses. Mais celles-ci partagent un point commun : elles contiennent toutes du cuivre recyclé. Neuve, la tonne de ce matériau précieux, et crucial pour l'électrification, se vend entre 8 000 et 10 000 dollars à la Bourse de Londres.
« C'est un métal critique et stratégique, utilisé pour les batteries, le photovoltaïque ou encore les réseaux électriques. Dans une voiture électrique, il y a trois à quatre fois plus de cuivre que dans une voiture thermique. Tous ces aspects suscitent une explosion de la demande et nous nous retrouvons dans un marché en déficit. La production minière ne parvient pas à suivre la demande, rendant stratégique le recyclage », décrypte Xavier Mathieu, le vice-président métallurgie chez Nexans.
Ce contexte explique ainsi la fulgurante croissance qu'a connu le prix du cuivre, celui-ci se vendant environ 2 000 dollars la tonne en 2005. Son prix a donc été multiplié par plus de quatre en vingt ans. Un petit trésor que la France laisse filer. Selon Nexans, 90 % des déchets de cuivre en France sont exportés, malgré une consommation annuelle de 250 000 tonnes. Un rapport de novembre 2024 du cabinet de conseil Oliver Wyman, met en lumière que sur les 280 000 tonnes de déchets de cuivre recyclable collectés en 2019 dans l'Hexagone, 60 % ont été exportées vers des pays voisins, principalement l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne, mais également la Chine.