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Les salariés de Caterpillar acceptent de libérer leurs dirigeants afin de négocier

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Publié le 01 avril 2009 à 05:51

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L'intersyndicale de Caterpillar a annoncé avoir accepté de libérer ce mercredi à 11 heures de libérer quatre cadres retenus depuis hier, pour reprendre les négociations sur le plan social de l'entreprise. 733 emplois doivent être supprimés sur les deux sites isérois du groupe, qui en comptent 2.500. Nicolas Sarkozy a annoncé ce mercredi qu'il recevrait l'intersyndicale de la société.

L'intersyndicale du groupe américain de construction d'engins de chantiers Caterpillar a annoncé avoir accepté mercredi à 11 heures de libérer les quatre cadres retenus depuis 24 heures au siège de l'entreprise à Grenoble, afin de reprendre les négociations sur le plan social de l'entreprise.

"Les négociations vont se poursuivre à la Direction départementale du Travail (DDT) avec l'intervention du siège européen du groupe à Genève, de l'Etat français et du siège américain du groupe", a déclaré aux salariés Pierre Piccarreta, délégué CGT. "La direction accepte de payer les trois jours de grève, c'est historique", a-t-il ajouté.

Les salariés des sites de Grenoble et d'Eschirolles, où 733 emplois doivent être supprimés sur un total de 2.500, retenaient depuis mardi martin quatre cadres de la direction, dont le directeur de l'usine de Grenoble Nicolas Polutnik. Ces derniers ont passé la nuit de mardi à mercredi dans les locaux.

D'après un élu Force ouvrière contacté par l'AFP, la direction aurait accepté d'ouvrir les discussions sur trois points : réduction des suppressions d'emploi, augmentation des planchers liés à l'indemnité de départ et conditions pour faciliter des départs anticipés en retraite.

Par ailleurs, ce mercredi matin, sur Europe 1, Nicolas Sarkozy a déclaré : "Je vais sauver le site, je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours d'après ce que je comprends, et on ne les laissera pas tomber", a-t-il affirmé. "Caterpillar, c'est une entreprise qui fabrique des engins de terrassement et qui travaille notamment pour les Etats-Unis, la chute de la demande est de 80%", a-t-il expliqué.

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L'intersyndicale de l'entreprise avait lancé mercredi un appel au chef de l'Etat et aux parlementaires européens pour qu'ils débloquent des fonds européens - notamment du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) - afin de soutenir l'entreprise. "S'il y a de l'argent pour sauver les banques et la finance vous devez en trouver pour sauver les entreprises",  avait déclaré le délégué CGT Benoît Nicolas.

Mardi, alors que les quatre cadres étaient retenus dans l'entreprise, le syndicaliste avait expliqué : "On est en train de discuter avec eux pour qu'ils ouvrent un comité d'entreprise afin de débloquer les négociations". Lundi, avait-il ajouté, la direction a boycotté un comité d'entreprise (CE) portant sur la mise en place du plan de sauvegarde, assurant qu'elle "ne voulait pas discuter tant que les salariés étaient en grève". La direction a également boycotté un CE mardi matin, avait indiqué Benoît Nicolas. Mardi à la mi-journée, 200 à 300 ouvriers étaient rassemblés devant le siège de l'entreprise à Grenoble. Les salariés avaient reconduit leur grève ce jour-là  sur les deux sites de Grenoble et d'Eschirolles (à 3 km de Grenoble).

Indemnités de départ

L'un des points de crispation entre la direction et les salariés concernent les indemnités de licenciement. Les salariés réclament une indemnité de départ sur la base de trois mois de salaire par année d'ancienneté, avec un plancher de 30.000 euros. La direction propose une indemnité fixée à 0,6 mois de salaire, avec un plancher de 10.000 euros.

"On a également proposé de passer aux 32 heures temporairement, mais la direction ne veut pas en discuter", avait indiqué Benoit Nicolas mardi, ajoutant: "On a des propositions pour diminuer l'impact des licenciements, mais il faut qu'ils gonflent leur budget".

"Notre priorité absolue est de trouver une solution qui garantisse la permanence de notre présence à Grenoble", a indiqué Chris Schena, vice-président de Caterpillar en charge des opérations industrielles en Europe, Afrique et Moyen-Orient, cité dans un communiqué. "Les actions qui ont lieu aujourd'hui, menées par une petite minorité d'individus, ne nous aident pas à résoudre cette situation de manière positive".

20.000 suppressions d'emplois dans le monde

Caterpillar a annoncé fin janvier qu'il comptait supprimer 20.000 emplois dans le monde, sur les 113.000 que compte le groupe. Les contrats de près de 8.000 personnes en CDD ou en intérim ne seront ainsi pas renouvelés. Le groupe table également sur le départ (volontaire ou non) de 4.000 ouvriers et de 7.500 personnes dans le personnel administratif. Le groupe, dont le bénéfice net est en chute de 32% au quatrième trimestre de 2008 par rapport à 2007, s'attend à une forte baisse de ses ventes en 2009.

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Signe d'un climat social de plus en plus tendu, l'arme de la séquestration d'un dirigeant d'entreprise a été utilisée plusieurs fois le mois dernier par des salariés en colère et inquiets. Ainsi la semaine dernière, les salariés de l'usine pharmaceutique 3M de Pithiviers, dans le Loiret, ont retenu le directeur industriel du groupe, Luc Rousselet, pour protester pour un plan de suppression de 110 emplois sur les 235 que compte le site. De même, le 12 mars, des salariés de l'usine Sony de Pontonx-sur-l'Adour, dans les Landes, qui doit fermer, ont retenu le PDG de Sony France, Serge Foucher, le directeur des ressources humaines (DRH) du groupe, ainsi que le directeur général et le DRH du site.

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