Le pétrole en route vers les 100 dollars

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le recul du dollar propulsent de nouveau le baril de pétrole qui flirte avec les 86 dollars.

Lentement mais sûrement, le baril de pétrole se laisse aimanter vers les 100 dollars. Il est revenu jeudi vers un niveau déserté depuis 6 mois (86 dollars), et ce vendredi il s'affiche à 87,85 dollars, alors que le billet vert flanchait au lendemain des annonces de la banque centrale américaine. La politique monétaire américaine est un des principaux moteurs de cette hausse, car le contexte macro-économique reste positif pour les matières premières.

« La politique de -quantitative easing- de la Fed continuera jusqu'à ce que la croissance, ou l'inflation, ou les deux reviennent », assurent les experts de Morgan Stanley. Or tous les cas de figure sont positifs pour les matières premières. La création monétaire fait chuter le dollar et donc grimper le prix des matières premières libellées en dollar ; la croissance soutient la demande finale de ressources naturelles, et enfin l'inflation renchérit l'attrait des matières premières comme rempart contre la perte de valeur des actifs monétaires.

Les perspectives sur les cours du pétrole restent donc haussières : Morgan Stanley voit le baril à 90 dollars d'ici la fin de l'année, et s'inquiète déjà des capacités de production de pétrole inutilisées, qui devraient commencer à se raréfier sérieusement à partir de l'année prochaine (cf graphique). La faible visibilité sur les perspectives de la croissance mondiale modère en effet les investissements dans de nouveaux puits.

De son côté, l'Opep estimait hier jeudi, lors de la présentation de son rapport annuel à Vienne, qu'un prix de 90 dollars le baril n'était pas de nature à nuire à la croissance mondiale. Un avis qui ne fait pas l'unanimité : l'envol des prix au-delà de 100 dollars pourrait casser la croissance encore convalescente. «La Fed est peut-être capable de provoquer des prix du pétrole plus élevés, mais pas une demande de pétrole plus forte » estime Olivier Jakob, expert sur le pétrole chez Petromatrix, qui s'interroge sur la composante artificielle de la hausse des prix. Le baril de brut est aujourd'hui revenu à son niveau de 2007, lorsque les Etats-Unis étaient en situation de plein emploi ; ils consommaient alors 2 millions de barils de pétrole supplémentaires par jour, et l'Opep en pompait 3,3 millions de barils de plus. Ce en quoi le cartel a bien géré la crise. Sa contribution à la consommation quotidienne mondiale a chuté, ce qui rentre exactement dans la politique de long terme de l'Opep : conserver des réserves pour mieux les valoriser.

Demande pénalisée

Même si cette stratégie a un revers : le recours croissant aux énergies alternatives risque de pénaliser la demande de pétrole à moyen terme. Pour la première fois, l'Opep chiffre l'impact des politiques de réduction des gaz à effet de serre sur la demande de pétrole. Selon les économistes du cartel, énergie renouvelables et biocarburants devraient amputer la demande de 4 millions de barils par jour d'ici 2020. A plus court terme, l'Opep a révisé à la hausse ses prévisions de consommation de pétrole pour 2014, à 89,9 millions de barils par jour, tout en réduisant sa propre contribution à cette estimation de 900.000 barils par jour, notamment en raison de la concurrence du gaz naturel liquéfié.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2010 à 4:46 :
Il faudra bien se poser la bonne question. Est-ce que être un être humain c'est forcement pouvoir se déplacer qu'a la vitesse de 100 km:h et de ne plus utiliser ses jambes et enfin penser que Marseille est à 3 heures de Paris. (et Tokyo à 11 heurs...).
Plus de consommation de pétrole ou faible équivaut à moins de taxes , moins de pollution , moins de dépenses , moins pleins de choses économiquement parlant .
Se poser les bonnes questions et faire enfin un bond en avant. C'est mon avis d'automobiliste , d'usager de train et d'avion.

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