Recapitalisation d'Areva : Alstom sollicité, selon le Financial Times

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L'Etat a demandé à Alstom de participer à une deuxième étape de la levée de fonds d'Areva prévue l'année prochaine, affirme ce jeudi le Financial Times.

Le feuilleton Areva s'enrichit jour après jour. L'Etat a demandé à Alstom de participer à une deuxième étape de la levée de fonds d'Areva prévue l'année prochaine, croit savoir le Financial Times.

Les fonds souverains du Qatar et du Koweït, ainsi que le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries discutaient depuis plusieurs mois avec l'Etat pour participer à cette augmentation de capital, décidée en juin 2009 et prévue avant la fin 2010 selon un calendrier présenté cet été par l'Elysée. Mais la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a déclaré mercredi que l'Etat français prendrait le temps nécessaire pour parvenir à un accord satisfaisant sur l'augmentation de capital du groupe public.

Selon le Financial Times, Alstom a été invité à participer à l'augmentation de capital lors de la deuxième phase de cette levée de fonds, qui aurait lieu en 2011, en même temps que le Qatar et MHI.

Personne n'était disponible dans l'immédiat chez Alstom pour commenter ces informations, tandis qu'Areva n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Dans un premier temps, écrit le Financial Times, l'Etat envisage d'injecter 250 millions d'euros et le Koweït 500 millions dans Areva dans le cadre d'un accord qui "pourrait être annoncé la semaine prochaine".

La seconde étape de la levée de fonds, qui porterait sur un minimum de 750 millions d'euros, aurait lieu d'ici trois à six mois, selon le quotidien britannique. EDF pourrait également y participer, ajoute-t-il.

"L'Etat examine de manière favorable sa participation à l'ouverture du capital d'Areva en même temps que les négociations (...) se poursuivent avec un certain nombre d'investisseurs, l'une d'entre elles avançant bien dans le court terme avec Koweit Investment Authority", a déclaré mercredi Christine Lagarde à la presse.

Patrick Kron, PDG d'Alstom, avait qualifié le mois dernier de "mauvaise idée" l'éventualité de faire entrer MHI, son concurrent dans les turbines pour centrales, au capital d'Areva. Il a également déclaré début novembre qu'Alstom ne participait pas à l'augmentation de capital d'Areva.

Il avait défendu en 2008 à plusieurs reprises l'idée d'un rapprochement global avec Areva "pour créer un champion mondial dans la production d'électricité et le transport ferroviaire", un projet qui suscitait une opposition frontale de la part d'Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.

Le calendrier de la levée de fonds d'Areva a pris du retard ces dernières semaines, le Qatar ayant conditionné sa participation à la possibilité de convertir sa participation dans la division minière du groupe.

L'Etat avait en outre introduit un nouveau paramètre dans le projet d'augmentation de capital en demandant fin juillet à Areva et EDF de nouer une alliance stratégique qui pourrait se traduire par une montée de l'électricien public au capital du fabricant de réacteurs, dont il détient aujourd'hui 2,4%.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2010 à 5:40 :
La logique ayant voulu que le président et sa clique de Kron & co décide pour des raisons purement financières personnelles (hein Bouyques!) de (re-) vendre la partie T&D d'Areva fait qu'aujourd'hui, le groupe est dépecé. La logique long terme n'existe pas dans notre pays, et encore moins quand il s'agit du président et de ses amis...
Bravo la France... dans toute sa splendeur, encore une fois... Marianne, n'aie pas peur, le mur arrive bientôt!
a écrit le 02/12/2010 à 17:46 :
Le rapprochement entre Areva et Alstom est logique, cela permettra de
proposer une gamme de solution aux clients : turbine à gaz, ou solution
nucléaire. Bien plus qu'avec EDF qui est un client et pas un partenaire.
Cela permettra de jouer la complémentarité des solutions/produits proposés
aux client. Ce qui fait peur, c'est que l'état opte d'abord pour les choix
aberrant, avant de se tourner seulement contraint et forcé vers les
solutions logiques.
a écrit le 02/12/2010 à 16:06 :
Entièrement d'accord avec le point de vue exprimé par Kron: à moins d'une réorganisation globale franco-française entre Alstom et Areva, le premier n'a rien à faire comme partenaire dormant dans le second... sauf y perdre des billes. Alors si Lauvergeon doit quitter le bateau, que celà se fasse, et vite! A moins, aussi, qu'il s'agisse de la garder comme garant de la présence d'une femme à un poste de PDG de cette envergure...Réponse urgente attendue.
a écrit le 02/12/2010 à 14:05 :
Rien ne doit apparement être négligé quand il faut sauver le soldat Lauvergeon d'une Bérézina à la hauteur de son incompétence. La prime au sortant en quelque sorte.
a écrit le 02/12/2010 à 12:34 :
Il s'agit de cuisine entre entreprises d'Etat, où les réalités économiques ont peu à voir
a écrit le 02/12/2010 à 10:32 :
M.Kron,a raison.
La France doit se doter d'un leader mondial,et chaque entité se doit d'être présente dans ce tour de table;
Le fsi,doit avoir également une position.
Evitons l'echec de L'Arabie.

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