E.ON pénalisé par l'abandon du nucléaire en l'Allemagne

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Le numéro un allemand de l'énergie a annoncé ce mercredi la première perte trimestrielle de son histoire, et va tailler dans ses effectifs pour réduire les coûts.

Les conséquences de la décision d'abandonner le nucléaire en Allemagne se font déjà fortement sentir dans le secteur de l'énergie. Au deuxième trimestre de son exercice 2011 (avril-juin), E.ON a enregistré une perte nette colossale, de 1,58 milliard d'euros. Le premier opérateur allemand du nucléaire a abaissé ses perspectives pour 2011, et a annoncé une restructuration de ses activités qui pourrait entraîner la suppression de 9.000 à 11.000 postes à moyen terme. Cela représente 14% de l'effectif du groupe.

Sur le premier semestre, alors que son compatriote RWE a fait état d'un bénéfice net courant en recul d'environ 40% hier, le bénéfice net part du groupe d'E.ON a été divisé par cinq par rapport à l'année précédente, à 691 millions. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté du groupe a, quant à lui, chuté de 45%, malgré des ventes en progrès d'environ 20%.

E.ON contrôlait jusqu'en mars dernier six réacteurs nucléaires, mais a dû en éteindre deux sur les ordres du gouvernement. Selon E.ON, cette décision du gouvernement couplée à une taxe prélevée sur le combustible nucléaire a réduit de 1,9 milliard d'euros son bénéfice d'exploitation au premier semestre. De la même manière, RWE, qui a fermé deux de ses quatre réacteurs en mars, estime que le revirement dans la politique énergétique du gouvernement lui a coûté 900 millions d'euros.

Le groupe de Düsseldorf déplore aussi les effets néfastes des contrats à long terme très défavorables par lesquels il est lié dans le gaz. Il est actuellement en procédure d'arbitrage avec le russe Gazprom, son premier fournisseur, afin de renégocier les prix du gaz. Les mauvais résultats du courtage en électricité ont encore réduit la marge du groupe.

"Mon objectif est de créer un nouvel E.ON", a déclaré Johannes Teyssen, patron du groupe, pour devenir plus réactif et avec une structure simplifiée. Avant 2015, il veut réduire les coûts (sur lesquels il a une emprise) de 11 milliards d'euros actuellement à 9,5 milliards d'euros. Cependant, la simplification de la structure et la rationalisation des activités ne suffiront pas à atteindre une flexibilité suffisante.

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Commentaires
a écrit le 12/08/2011 à 11:57 :
EON, 85 000 employés à fin 2010 trouve qu'il en a trop et que ses finances se portent mal avec un endettement de 30 milliards. GdF-Suez 236 000 employés pour un chiffre proche et un endettement de 40 milliards ne dit rien. Edf 158 000 employés ne pipe mot non plus. Le nucléaire français doit certainement faire des miracles de subvention pour permettre de tels écarts.

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