EDF fait une dernière offre sur l'électricien italien Edison

Le groupe français modifie sa proposition aux régies municipales avant l'échéance de lundi prochain.

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Le PDG d'EDF Henri Proglio va-t-il réussir à clore le dossier italien Edison ouvert voici dix ans par son prédécesseur François Roussely ? C'est le pari du géant français de l'électricité en proposant un nouveau cadre d'accord à ses turbulents partenaires transalpins. L'enjeu côté français est tout de même de prendre le contrôle du deuxième producteur d'électricité de la Péninsule et un important opérateur dans le secteur du gaz.

Pour avoir les mains libres sur Edison, EDF doit racheter à des régies municipales italiennes leurs parts dans le holding Delmi, détenant indirectement un peu plus de 30 % d'Edison. Le géant français n'a lui qu'un peu moins de 50 % du capital. A2A, la société regroupant les régies municipales de Milan et Brescia, et Iren, le groupe associant les régies de Reggio Emilia, de Parme, de Gênes et Turin, essaient d'obtenir une contre-partie maximum de la part d'EDF. Déjà repoussée deux fois, l'échéance pour un accord à l'amiable est lundi prochain. La partie italienne a demandé à EDF de lui racheter ses parts dans Edison à hauteur d'environ 1,5 euro l'action alors qu'aujourd'hui elle ne vaut que 0,94 euro.

Les discussions ayant achoppé sur ce prix, EDF refusant ce montant, le groupe français propose désormais « de s'engager à racheter les titres Edison, détenus par Delmi, dans trois ans et à un prix qui serait déterminé à partir d'un multiple d'Ebitda d'un échantillon de sociétés cotées comparables ». « Le marché [financier, Ndlr] se sera rétabli dans trois ans », argumente EDF pour convaincre les responsables italiens. De plus « tous profiteraient [...] des synergies » et du redressement d'Edison qu'engagerait EDF en trois ans... Le groupe public français propose en outre d'échanger Edens, quatrième producteur d'électricité renouvelable (via des éoliennes) dans la Péninsule, ainsi qu'une centrale hydroélectrique en Lombardie (Mese) contre les 30 % d'Edipower, qu'A2A et Iren contrôlent.

Faute d'accord, les actifs en jeu seraient mis aux enchères, une option qui laisserait aussi un tiers de la dette d'Edison, environ 400 millions d'euros, aux Italiens. La clé du dossier est toutefois entre les mains des décideurs politiques locaux mais aussi nationaux, à Rome. « Nous avons informé le gouvernement italien », indique, lapidaire, EDF. Le 11 octobre Henri Proglio a certes rencontré le ministre italien des activités productives, Paolo Romani, mais au printemps le projet d'accord avait échoué après le rejet par le ministre de l'Économie et des Finances, Giulio Tremonti. Et ces derniers temps, la France n'a pas bonne presse de l'autre côté des Alpes.

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Commentaires 3
à écrit le 26/10/2011 à 5:47
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Bonjour. L?action d?EDISON vaut aujourd?hui 0.996 E. EDF doit l?acheter à ce prix la, moins 20%, car si l?action devait monter à moyen terme, cela sera grâce à la synergie fournie par EDF. Les Italiens ont tort d?attendre car ils vont laisser des plu...

à écrit le 25/10/2011 à 11:42
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je croyais naivement que les investissements en France demandient beaucoup de moyens ?? on achéte à l ' étranger, et les " usagers" payeront poue les investissements français !!!

à écrit le 25/10/2011 à 8:59
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La crise/dette italienne, et notamment la mise sous tension du gouvernement Berlusconi par le tandem franco-allemand, peut-elle aider à la résolution de cette opération??

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