Après dix ans de batailles, EDF va prendre le contrôle d'Edison

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Sauf coup de théâtre, le géant français devrait avaliser ce lundi un « accord de principe » pour son divorce d'avec les actionnaires italiens du deuxième électricien transalpin.

Entré par effraction au capital d'Edison en 2001, EDF devrait finalement parvenir à en prendre le contrôle. Le géant français de l'énergie devrait en effet avaliser lors d'une réunion de son conseil d'administration ce lundi « l'accord de principe » pour le divorce à l'amiable d'avec ses partenaires italiens imposés en 2005.

Le conseil de gestion des régies municipales de Milan et Brescia, A2A, devrait lui aussi plancher lundi sur cet accord trouvé après quatorze heures de négociations dans la nuit de jeudi à vendredi. Son conseil de surveillance a été convoqué pour mercredi.

En mars dernier, Français et Italiens étaient déjà parvenus à un accord mais le ministre de l'Économie et des Finances, Giulio Tremonti, avait mis son veto, échaudé par d'autres prises de contrôle de groupes français sur des sociétés italiennes de renom (le joaillier Bulgari par LVMH et le groupe d'agroalimentaire Parmalat par le laitier Lactalis). L'accord de la semaine dernière serait en fait un compromis entre celui de mars et la dernière proposition mise sur la table par EDF (voir « La Tribune » du 25 octobre 2011).

démembrement d'Edipower

Côté actifs industriels, l'accord prévoit le démembrement du cinquième producteur d'électricité transalpin, Edipower, contrôlé jusqu'ici pour moitié par Edison et de l'autre par des régies municipales (A2A, Iren et Alpiq). Français et Italiens vont se partager les neuf unités de production d'Edipower, soit 5,5 % du courant italien. Les régies A2A et Iren récupèrent les deux centrales hydroélectriques d'Edipower à Udine et à Mese, soit 656 mégawatts (MW) de capacité installée. EDF gardera lui essentiellement les six centrales thermoélectriques d'Edipower d'une capacité de 6878 MW, fonctionnant pour trois d'entre elles au gaz dont Edison est le deuxième importateur dans la péninsule. Deux de ces centrales (Brindisi et San Filippo del Mela en Sicile) nécessiteraient bientôt quelques 2 milliards d'euros d'investissement de modernisation... Les régies pourraient également racheter la filiale éolienne d'Edison (Edens), qui représente environ 17 % des capacités d'Edison. EDF pourrait aussi racheter une ou deux centrales à gaz d'A2A.

Ces actifs mis ensemble sont une partie de la contrepartie qu'EDF entend payer à ses ex-partenaires italiens pour qu'ils lui cèdent leurs 30,5 % du capital d'Edison (EDF n'a qu'un peu moins de 50 %) et le laissent donc seul maître à bord. Pour le moment, EDF n'a indiqué aucun chiffre. Edison vaut actuellement 4,5 milliards d'euros en Bourse.

Les Italiens pourront vendre 25 % du capital d'Edison d'ici à trois ans à un prix calculé à partir d'un multiple de l'Ebitda, le solde (5,5 %) fera l'objet d'une option de vente dans trois à cinq ans. EDF paiera « entre 150 et 200 millions d'euros » pour les 20 % d'Edipower détenus par le groupe suisse Alpiq. Le groupe tricolore a donc choisi de payer le prix pour rester en Italie, alors qu'il est parti d'Allemagne (EnBW). Aussi ses coûteux dix ans d'efforts pour y prendre pied n'auront-ils, au bout du compte, pas été complètement vains.

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