Petroplus : le gouvernement saisit le médiateur du crédit

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Le gouvernement français a saisi le médiateur du crédit du dossier du raffineur suisse Petroplus , dont l'activité est menacée après le gel d'un milliard de dollars de lignes de crédit par ses banques, et les banques françaises se sont dites disponibles, ont annoncé mercredi les ministres de l'Économie et de l'Industrie.

Petroplus exploite cinq raffineries en Europe, dont une à Petit-Couronne, qui emploie 550 personnes. En octobre, le groupe avait annoncé une prochaine "reconfiguration" du site et l'arrêt d'une partie de ses activités.

"Le gouvernement, par le biais de la médiation du crédit, fait tous ses efforts pour aider Petroplus dans ses négociations bancaires, qui sont des négociations complexes incluant plusieurs banques internationales", lit-on dans le communiqué des ministres de l'Economie, François Baroin, et de l'Industrie, Eric Besson.

"Les banques françaises ont fait part de leur disponibilité pour mettre en place les financements demandés par l'entreprise dans le cadre d'un accord global", poursuit le texte, qui précise que les autorités ont été informées de la situation le 22 décembre et qu'elles ont saisi la médiation du crédit le même jour.

Les autorités françaises notent cependant que " Petroplus est un groupe de droit suisse, et que son consortium bancaire est très majoritairement composé de banques étrangères". Sur la quinzaine de banques qui le financent, trois seulement sont françaises, précisent-elles.

Petroplus, coté sur le marché suisse, a perdu près de la moitié de sa valeur boursière mardi après l'annonce de la décision de ses banques, qui pourrait compromettre la poursuite de ses activités. Il a reconnu qu'il ne pouvait plus acheter de pétrole brut pour l'instant.

Le premier raffineur indépendant d'Europe pourrait ainsi être totalement à court de brut d'ici quelques jours, plusieurs négociants ayant déclaré mercredi avoir interrompu leurs livraisons de peur de ne pas être payé. Petroplus représente environ 4,4% de l'ensemble des capacités européennes de raffinage.

Arguant des difficultés du groupe, la CGT a réclamé mercredi une mise sous contrôle public de "toutes les activités liées à l'énergie".

Pas d'aide publique, mais un "contrôle public"

"Cette situation renforce la position de la CGT sur l'urgence de mettre sous contrôle public toutes les activités liées à l'énergie", déclare la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic) dans un communiqué. "Il est parfaitement inacceptable d'avoir laissé prendre le contrôle de cinq raffineries en Europe par un groupe de spéculateurs financiers qui, maintenant, ne peut même plus faire face à sa responsabilité industrielle et demain sociale. Les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités. La CGT ne parle pas d'aide publique mais de prise de contrôle public", ajoute le syndicat.

"On ne sait absolument pas quelle solution - s'il y en a une - Petroplus sera en mesure de trouver pour résoudre son problème de liquidité", écrit Andreas Escher, analyste de Vontobel, dans une note. Il estime que la mise en vente d'une ou plusieurs raffineries ou la conclusion d'un accord sur l'approvisionnement en brut prendrait trop longtemps pour pallier les problèmes de liquidité du groupe."L'incapacité d'acheter du brut supplémentaire signifie que la production pourrait ne se poursuivre que pendant quelques jours", conclut-il.

Concernant le site Petit-Couronne, une porte-parole de Petroplus a déclaré à Reuters que l'entreprise prévoyait toujours de présenter mi-janvier les modalités du plan de "reconfiguration industrielle" annoncé en octobre, qui doit toucher 120 salariés.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2011 à 10:33 :
Monsieur Escher qui n'est pas de la maison n'a qu' trouver de la liquidité dans sa Ventobel et qu'il l'investisse dans Petroplus qu'est-ce qu'on a à faire des notes!
Et les champions des LBO aillent en enfer: on voit bien ce qu'il vont garder quand ils l'auront acquise et endettée: les brevets et le concept pour eux et la partie production, raffinage et salariés sur le bas côté de la route. Non merci.
Les dirigeants de Petroplus ont bien plus qu'un milliard dans leur tire-lire! ils n'ont qu'à les casser ou alors ils foutent le camp et que Petroplus soit nationalisée!
Le capitalisme n'est plus qu'un fantôme et les vampires n'existent que dans les fantasmes! Réveillez-vous b.......!
On est en 2012!
a écrit le 29/12/2011 à 10:11 :
les CE diriges par la cgt pourraient preter un milliard a petroplus... je demande une mise sous tutelle des CE diriges par la cgt
a écrit le 29/12/2011 à 9:46 :
ET le gang des charognards de la finance font parler d'eux encore, jamais deux sans trois: à l'image de la Bankerie du 3ème millénaire, on met main basse sur la bête (les nouveaux propriétaires qui ont acquise la vache avec des promesses, il vendent ses veaux, son lait, sa crème et ses vertus au plus cher), quand les éleveurs tâtent la bête il n'y a plus rien à espérer, la vache ne vaut rien, elle est bonne pour la carcasse (valeur boursière au plus bas), on crie "la bête périt"!
Appelez le vétérinaire, ambulance et pompiers (subvention publique, perfusions désespérées mise sous surveillance, remèdes inutiles, etc), on versera même quelques éloges et quelques larmes d?hypocrisie!
On fait mine de soigner, on perfuse, on met sous respiration artificielle mais c'est trop tard, la bête est déjà morte, elle est bonne pour l?équarrissage!
Il ne reste plus au fermier, sa femme et ses enfants que les yeux pour pleurer la bête: celle là même qui fournissait à tant de monde de si bons laits, de beurre et de viandes.
Vive la Bankerie et ses petits jongleurs des finance-ball modernes adieu mon frère fermier.
Vive le Roy, le Roy est mort!
Réponse de le 29/12/2011 à 11:44 :
Tout a fait d'accord avec vous, on doit ressortir le goudron et les plumes pour ces escrocs de banquiers qui mettent les pays a genoux et continuent a se gaver !!!
a écrit le 29/12/2011 à 9:25 :
que le raffineur fasse faillite et qui payera pour la dépollution des sites industriels?

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