Mestrallet juge excessif le prix du nucléaire en France
Marie-Caroline Lopez
Marie-Caroline Lopez
Une fois n?est pas coutume. Sortant de son habituelle réserve, Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, a publiquement épinglé son grand concurrent EDF lors d?une conférence de presse mercredi 1er février, en commentant le rapport de la Cour des Comptes sur le nucléaire publié mardi. «33 euros, c?est effectivement le coût réel de production d?EDF. C?est un peu supérieur à nos coûts de production en Belgique où nous sommes un peu en dessous de 30 euros », a-t-il souligné. « Mais c?est logique, nos centrales nucléaires en Belgique produisent environ 10% d?électricité supplémentaire par rapport à celles d?EDF », ajouta-t-il, faussement magnanime, en faisant allusion au taux de disponibilité de ses centrales belges qui tourne autour de 88% sur les dix dernières années contre 78 % en 2010 pour le parc français.
42 euros le MWh nucléaire
La Cour des comptes compare quatre méthodes comptables pour évaluer le coût de production nucléaire d?EDF. Selon deux d?entre elles, ce coût ressort entre 32 et 33 euros, contre 49,5 euros selon la méthode utilisée par EDF, notamment pour négocier le prix auquel l?électricien doit revendre à ses concurrents une partie de son électricité nucléaire au terme de la loi Nome. A l?issue d?un long affrontement qui a vu Henri Proglio, le patron d?EDF, exiger 46 euros tandis que Gérard Mestrallet demandait 35 euros, ce prix a été fixé à 42 euros à partir du 1er janvier dernier. « La Cour a confirmé que le niveau de 49 euros, souvent mis en avant par EDF, prenait en compte la rémunération du capital mais pas les amortissements. Ce qui revient à faire payer une deuxième fois au consommateur français le coût initial de construction du parc nucléaire », a souligné Gérard Mestrallet.
« D?ailleurs, si le coût d?EDF était vraiment de 49 ou 50 euros, alors qu?EDF vend à 35 euros aux particuliers, on se demande comment le groupe gagnerait autant d?argent ! », a conclu le PDG de GDF Suez, candidat de longue date pour construire et exploiter des centrales nucléaires en France.
Marie-Caroline Lopez
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