Proglio jette ses derniers feux dans la bataille contre Frérot

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Henri Proglio aura tout tenté pour maintenir ses positions chez Veolia. Le conseil d'administration de Veolia doit se prononcer jeudi sur le remplacement de quatre de ses plus fidèles soutiens. S'ils manœuvrent tous pour rester, selon nos informations, seul Georges Ralli devrait parvenir à sauver sa tête.

Ceux qui connaissent bien l'ex PDG de Veolia ne seront pas surpris. « Henri n'abandonne pas, jamais. Mais il va se faire discret », prédisait en début de semaine un des proches de l'actuel PDG d'EDF. Après l'échec de sa tentative de putsch le 29 février pour débarquer Antoine Frérot et le remplacer à la tête de Veolia par Jean-Louis Borloo, Henri Proglio n'a en effet pas renoncé. Il joue une de ses dernières cartes demain jeudi 15 mars, lors d'un conseil d'administration de Veolia. L'enjeu est crucial puisqu'il s'agit pour Henri Proglio de conserver une partie de son influence sur le conseil de son ex-groupe, inchangé depuis qu'il a été obligé par l'Elysée d'en lâcher la présidence fin 2010.

Une fenêtre de tir pour sa tentative de putsch

Comble de malchance pour le PDG d'EDF, les mandats de quatre de ses plus fidèles soutiens au conseil de Veolia arrivent à échéance : Jean-François Dehecq (ex PDG de Sanofi), Esther Koplowitz (patronne du groupe de BTP espagnol FCC), Serge Michel (ex dirigeant de la Compagnie Générale des Eaux) et Georges Ralli (Lazard). Le coup est dur pour Henri Proglio, réduit au simple rôle d'administrateur de Veolia, alors qu'il avait reçu l'assurance de l'Elysée de conserver la présidence des deux groupes lors de sa nomination à la tête d'EDF à l'automne 2009. «L'offensive du 29 février a d'ailleurs été organisée à cette date afin de profiter du dernier conseil dans sa configuration actuelle. Henri Proglio savait qu'après, le conseil serait remanié par Antoine Frérot », commente un haut dirigeant de Veolia.

Volte face et retour par la fenêtre

Pour Antoine Frérot, le remplacement de ce quatuor ne devait être qu'une formalité. Sauf qu'aucun des quatre administrateurs sortants n'a accepté de se retirer. Et deux d'entre eux avec des arguments percutants. Esther Koplowitz avance la nécessité pour le conseil de se féminiser. Elle est, de fait, la seule femme au conseil. « Elle a fait volte face. Il y a un an, elle expliquait qu'elle était là pour Henri, que s'il partait, elle aussi », affirme un membre de l'entourage d'Antoine Frérot. «Ce revirement est d'autant plus étrange, qu'elle vient très rarement aux conseils », ajoute-t-il.
Georges Ralli, pilier de la banque Lazard dont il a dirigé l'activité France, a, lui, trouvé le moyen de revenir, ... avec un autre mandat. Soutenu, dit-on par Alain Minc et René Ricol, il est proposé comme représentant de Groupama, actionnaire de Veolia. Le groupe d'assurance était représenté chez Veolia par son ex patron Jean Azéma, débarqué en octobre dernier. « C'est très fort. Sorti par la porte, Georges Ralli essaie de revenir par la fenêtre. C'est une petite magouille malheureusement classique en France », commente un habitué des conseils d'administration français.

 

Les trois sortants, hors Ralli, ne sont pas représentés

Serge Michel, mentor historique d'Henri Proglio à la Générale des Eaux et Jean-François Dehecq, qui fait partie des administrateurs ayant manifesté leur hostilité à Frérot en s'abstenant de voter pour lui lors du conseil du 29 février, sont également candidats à leur propre succession. Mais, si la candidature de Georges Ralli, présentée par un actionnaire, va effectivement être soumise au conseil lorsque le remplacement de Jean Azema sera traité, dans un prochain conseil, celles des trois autres n'ont pas été retenues, selon nos informations. Pourtant, le comité des nominations et des rémunérations du conseil est présidé par ... Serge Michel.
Il restera à remplacer Augustin Romanet. L'ancien patron de la CDC, actionnaire de Veolia, avait soutenu l'offensive de Henri Proglio fin février, avant de démissionner du conseil quelques jours avant son départ de la CDC. Le directeur financier de la Caisse des dépôts, Olivier Mareuse, devrait lui succéder, selon le Journal du dimanche.
 

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Commentaires
a écrit le 15/03/2012 à 16:49 :
Proglio a l'une des plus grosses entreprises a géré (EDF) et il trouve le temps pour faire des combines dans son ancienne entreprise (Veolia).

Il a déjà mis Veolia dans le rouge avec ces investissements hasardeux donc je serai lui j'essaierai de me faire oublier.

Mais bon avec le packet de stock option et d'action de Veolia qu'il a, il doit flipper d'avoir un vrai gestionnaire et non un pipoteur qui fait grimper le cours a coup d'annonce et de contrat bradé....
a écrit le 15/03/2012 à 14:09 :
Il serait bien qu'à la tête d'EDF un ou une ingénieure compétente de haut niveau dirige cette entreprise et non un HEC pistonné.
a écrit le 14/03/2012 à 23:11 :
Proglio est pathétique. Il débarque chez EDF avec toute sa troupe de banquiers de chez Lazard, politiques de l'UMP, dirigeants de Veolia. Non content de diriger une entreprise qui a de grosses problématiques sur l'avenir du nucléaire, il gère mal EDF et passe un temps considérable dans les affaires de Veolia. A sa place, je ne ferais pas le malin a quelques mois des élections françaises... personne n'est dupe!
a écrit le 14/03/2012 à 22:05 :
Pathetique Proglio .. Il ne lache jamais ? On avait deja remarque qu'il avait du mal a lacher .. sa double remuneration et sa double casquette quand il a ete nomme a EDF ..
Pourtant il y avait un enorme conflit d'interets . Si Hollande est elu , il est probable que Proglio va devoir serieusement penser a une retraite .... doree .

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