Veolia continue de solder l'ère Proglio

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Antoine Frérot, PDG de Veolia. Copyright Reuters
Antoine Frérot, PDG de Veolia. Copyright Reuters (Crédits : La patron de Veolia, Antoine Frérot, défend son bilan et ses projets - Photo : Reuters)
Les résultats 2011 font état d'une perte plus importante que prévu. Le PDG de Veolia, Antoine Frérot, annonce l'entrée en négociations exclusives pour céder sa participation dans l'entreprise de transports publics Transdev et la poursuite du recentrage entamé depuis qu'il a pris la tête du groupe il y a un an.

Le PDG du groupe de services à l'environnement Veolia, Antoine Frérot, est resté droit dans ses bottes en présentant ce matin les résultats de l'entreprise qu'il dirige depuis décembre 2010. La perte nette part du groupe (490 millions d'euros) est plus importante qu'attendu alors que le chiffre d'affaires a progressé de 3,1 %, à 29,64 milliards d'euros.

Le résultat opérationnel a diminué de 48,7 %, à 1 milliard d'euros, en raison de dépréciations d'actifs en Italie, aux Etats-Unis et au Maroc d'un montant total de 818 millions. Le dividende proposé au titre de 2011 est de 0,70 euro par action contre 1,21 euro au titre de 2010. Le même montant est envisagé au titre de 2012

La politique de recentrage et d'économies sera poursuivie

La politique de gestion d'actifs, qui a permis en trois ans la cession de 4 milliards en trois ans (pour un objectif de 3 milliards) dont 1,54 en 2011, sera poursuivie à un rythme soutenu, avec un objectif de 5 milliards sur les deux prochaines années.

Dans ce cadre, Veolia est entré en négociations exclusives sur le dossier Transdev, l'entreprise de transports détenue à parité avec la Caisse des dépôts et Consignations, a annoncé Antoine Frérot, qui se montre confiant dans une finalisation d'ici à l'été prochain. Il a réaffirmé la volonté du groupe de « quitter totalement l'activité transports » pour se recentrer sur les trois métiers de l'eau, les déchets et l'énergie, sans toutefois exclure une phase intermédiaire en tant qu'actionnaire minoritaire dans Transdev.

Les discussions se poursuivent également avec EDF sur leur filiale commune Dalkia. Le groupe veut aussi céder ses activités d'eau régulée au Royaume-Uni et de déchets solides aux Etats-Unis.

Sur le plan géographique, comme annoncé il y a quelques mois, le recentrage ramènera la présence du groupe dans 40 pays contre 77 à la fin de l'ère Proglio. Pour Antoine Frérot, une rénovation des modèles économiques de l'entreprise s'impose, liée au « passage d'un marché de l'offre à un marché de la demande », impliquant une meilleure prise en compte des attentes des clients et une meilleure monétisation des bénéfices délivrés.

Le capitaine peut-il rester à la barre ?

Si le PDG refuse de s'engager sur des prévisions de chiffre d'affaires pour 2012, il confirme l'objectif de réduction des coûts de 450 millions d'euros sur la période 2012/2013. A ce titre, une réorganisation, présentée il y a quelques jours aux cadres dirigeants du groupe et pour partie entamée, est à l'ordre du jour. Une simplification et une mutualisation des fonctions et des processus doivent permettre de rendre le groupe plus flexible et plus rentable, en un mot mieux armé pour évoluer dans un environnement incertain. A l'issue de cette phase de transformation qui s'étalera jusqu'à fin 2013, l'endettement doit être ramené en dessous des 12 milliards d'euros, contre 14,7 milliards à fin 2011.

Dix jours après l'évocation dans la presse de son possible éviction à la tête de Veolia Environnement fomentée par l'actuel PDG d'EDF, Henri Proglio, l'ancien patron du groupe dont il est toujours administrateur, Antoine Frérot s'est refusé à tout commentaire. Il s'est contenté d'affirmer « Le passé est le passé, je me concentre uniquement sur l'avenir de Veolia ». Le conseil a validé mercredi la pertinence de son plan d'actions et lui a finalement renouvelé sa confiance « à une large majorité », mais l'incertitude demeure sur son avenir à la tête du groupe. Et donc, sur la mise en ?uvre du plan annoncé jeudi matin.

La Bourse a cependant accueilli ses déclarations avec enthousiasme. Jeudi à 11H57, le titre Veolia gagnait 8,14 %, à 9,93 euros.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2012 à 21:08 :
Une lecture qui ne manque pas "d?ère". Quelque soit le PDG, ce type d'entreprise est fragile. Le 02 Mars, s'ouvre une période de "négociations exclusives" avec Cube, le fond d'investissement de Natexis, qui va reprendre une partie de la division transport de Veolia. "Exclusives", cela veut dire que ce sera Cube. Pourquoi? Officiellement, parce que la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), autrement dit l?État, ne veut pas d'un "opérateur industriel" pour "éviter que la partie transport soit vendue "par appartements à des sociétés non françaises". D'abord, et avant tout parce que les principaux opérateurs industriels susceptibles de venir sur le marché des transports, ne sont pas français. La partie "nationaliste" du raisonnement nous semble l'emporter, car pour ce qui est de la vente "par appartement", elle est dans la nature même des fonds d'investissement. Alors, découpé par un couteau français ou anglo saxon quelle différence?

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