Gaz de schiste : des experts approuvent le recours à la fracturation hydraulique en Grande-Bretagne

 |   |  448  mots
Un site exploité par le groupe britannique Cuadrilla - DR
Un site exploité par le groupe britannique Cuadrilla - DR
S'ils reconnaissent que cette technique controversée peut être à l'origine de secousses telluriques, des experts nommés par le gouvernement britannique ont donné leur feu vert à la poursuite des forages de gaz par fracturation hydraulique. L'exploitation par le groupe Cuadrilla Resources d'un gisement situé dans le Lancashire avait été interrompue en 2011 à la suite de vibrations enregistrées de magnitude 2,3 et 1,5.

Des experts nommés par le gouvernement britannique ont recommandé, dans un rapport publié mardi, la poursuite des forages de gaz par fracturation hydraulique, même s'ils reconnaissent que cette technique controversée peut être à l'origine de secousses telluriques. Les trois spécialistes assurent "ne voir aucune raison pour que (la société britannique) Cuadrilla ne soit pas autorisée à poursuivre ses activités d'exploration de gisement de gaz de schiste" et "recommandent la poursuite, avec prudence, des forages par fracturation hydraulique".

La fracturation hydraulique bien à l'origine des secousses

La firme énergétique britannique Cuadrilla Resources avait interrompu en 2011 ses forages exploratoires dans la région côtière du Lancashire (nord-est de l'Angleterre), après des secousses telluriques de magnitude 2,3 et 1,5 enregistrées dans les environ début avril et fin mai. "Cette activité sismique a bien été provoquée par les techniques de fracturation hydraulique" employées par Cuadrilla, reconnaît le rapport, confirmant des conclusions d'experts dévoilées en novembre. Ces forages consistaient à "fracturer" la roche en grande profondeur avec un mélange d'eau et de produits chimiques projeté à haute pression, afin d'en libérer les hydrocarbures, une technique interdite en France et jugée hautement polluante par ses détracteurs, mais très utilisée aux Etats-Unis -où elle a permis de développer l'exploitation de gaz de schiste.

Des outils de surveillance plus pointus

Si "il n'est pas possible d'exclure catégoriquement de nouvelle secousses sismiques" provoquées par cette technique, les auteurs du rapport publié mardi jugent cependant "peu probable" que, même à leur ampleur maximale estimée, ils entraînent des "dégâts structurels" en surface. Les trois spécialistes suggèrent donc que l'usage de la fracturation soit autorisé, à condition de s'accompagner d'outils de surveillance plus pointus et d'un "protocole" mis en place par le ministère de l'énergie en cas d'évènement sismique, impliquant notamment une interruption immédiate des opérations en cas de secousse - même trop faible pour être ressentie à la surface.

La reprise des forages par Cuadrilla pas encore autorisée

"Aucune décision n'a encore été prise pour autoriser ou non la reprise des forages par fracturation par Cuadrilla", a réagi mardi un porte-parole du ministère britannique de l'Energie. Une période de consultation avec les habitants et les groupements écologistes du Lancashire de six semaines va désormais s'ouvrir, a précisé le ministère. Le directeur exécutif de Cuadrilla, Mark Miller, s'est quant à lui déclaré "satisfait de voir les experts conclure que la reprise de la technique de fracturation hydraulique était sans danger, en suivant les procédures conseillées par le rapport".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :