Très économique, le chauffage au bois, en bûche ou en granulé, est plus que jamais plébiscité par les Français alors que les prix du gaz et de l'électricité atteignent des sommets. Présenté comme énergie renouvelable par excellence, il n'en demeure pas moins polluant dans la mesure où il émet des particules fines et ultrafines dangereuses pour l'homme. Un constat qui n'empêche pas le gouvernement de développer son utilisation. Les Français qui se chauffent au bois pourront en effet bénéficier d'une aide d'Etat allant de 50 à 200 euros, sous conditions de revenus, qu'ils pourront demander à...... tir du 22 décembre. Décryptage.
Les flammes crépitent tandis qu'une douce odeur boisée s'échappe de l'âtre devant lequel s'est réunie toute la famille pour se réchauffer les mains. L'image a de quoi séduire à l'approche des fêtes de Noël qui, pour certains, ne sauraient se dérouler sans un bon feu de cheminée. D'autant plus cette année, marquée par la flambée des prix de l'électricité et du gaz. Pour autant, ce plaisir hivernal n'est pas sans danger.
Bien qu'il soit considéré comme une énergie renouvelable, il rejette en effet des particules fines pendant la combustion de bûches ou de granulés de bois. A titre d'exemple, un an de chauffage au bois dans un équipement ancien - une pratique largement répandu en France - émet autant de particules fines qu'un véhicule diesel parcourant trente fois le tour de la terre, selon Airparif, l'organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air en Île-de-France. Résultat : le chauffage au bois domestique est ni plus ni moins que le premier émetteur de particules fines en France, devant le trafic routier, la construction ou encore l'industrie manufacturière.
Des particules qui pénètrent dans l'organisme
Selon le Citepa, association indépendante œuvrant à la transition écologique en France et dans le monde, les émissions de particules fines issues de ce chauffage au bois ont constitué, en 2018, 27,5% des émissions nationales en PM10 (particules en suspension dans l'air de 10 micromètres, ndlr), 43,3% des émissions en PM2.5 (2,5 micromètres), et 55,3% des émissions en PM1.0 (1,0 micromètre).
Or, ce sont ces deux dernières qui sont les plus « toxiques », explique Nhân Pham-Thi, allergologue et pneumo-pédiatre, membre de la société française d'allergologie (SFA). Les plus fines parviennent, en effet, à passer la barrière des voies respiratoires. Elles peuvent ensuite « circuler dans l'organisme par les vaisseaux. Elles vont s'accumuler dans les tissus du corps et même du cerveau et vont aggraver, parfois générer, des inflammations », alerte-t-il.