SÉRIE D'ÉTÉ. ENQUÊTE SUR LA FILIÈRE BOIS DANS LES PAYS DE LA LOIRE (4/4). Première source d’énergie renouvelable, le bois utilisé pour se chauffer est encore sous-exploité dans la région des Pays de la Loire, malgré l’implantation de plus de quatre cent chaufferies bois sur le territoire. La poursuite de ce développement pourrait contribuer à améliorer la santé des forêts ligériennes.C'est une filière jeune. Et un des moyens identifiés pour lutter contre l'utilisation des énergies fossiles et pour mieux réguler les forêts. Paradoxalement, utilisé depuis la nuit des temps, le plus ancien système de chauffage, mis en lumière par le Grenelle de l'Environnement dans les années 2000, peine à revenir sur le devant de la scène face à l'électricité et au gaz dont les investissements sont, dans un premier temps, moins onéreux.
«Le chauffage bois, c'est un système simple à mettre en œuvre mais qui demande une réflexion à moyen ou long terme qui, pour un bon usage, impose des investissements plus importants au départ, des règles de base pour un bon fonctionnement, d'avoir un équipement bien dimensionné avant d'envisager un retour économique », explique Philippe Besseau, chargé de mission Ressource et bois énergie au sein de l'association Fibois Pays de la Loire. Il est convaincu que « le bois demeure le meilleur compromis pour développer des énergies renouvelables et maitriser sa facture énergétique. » Dans les Pays de la Loire, 25% des ménages (500.000 foyers) sont équipés pour se chauffer, en partie ou entièrement, au bois. « On estime pourvoir monter à 40%. C'est ça qui nous pousse à développer des réseaux de chaleur, pour mieux gérer la forêt, les ressources et développer du Biogaz», esquisse ce spécialiste, dans une région où 50% des ressources (forêts, élagage, agriculture et déchets de bois) ne sont pas exploitées.
450 chaufferies en 15 ans
« Comme tout démarrage de filière, nous étions face au serpent qui se mord la queue. Il y a quinze ans, comme il n'y avait pas de chaufferie, on ne trouvait pas de bois déchiqueté. Et sans matière première, pas de chaufferie. Alors on a rassemblé les acteurs... », indique l'expert. En 2007, nait la société BEMA (Bois Energie Maine Atlantique) avec l'ambition de fédérer les professionnels de la filière bois du Grand Ouest pour répondre à ce besoin de structuration et d'approvisionnement de bois comme combustible. Un an plus tard, Bema livre la première chaufferie des Pays de la Loire à Saumur. L'année suivante, elle investit un million d'euros dans une plateforme pour produire du bois énergie (déchiquetage, broyage, criblage, stockage). Quinze ans plus tard, la région des Pays de la Loire dénombre 425 chaufferies bois pour des besoins collectifs, des réseaux de chaleur déployés par les collectivités ou pour des industriels, comme les laiteries... Ces unités d'un, deux ou trois mégawatts en moyenne ont consommé 500.000 tonnes de plaquettes déchiquetées et 6.200 tonnes de granulés en 2020.