Climat : les nouveaux supercalculateurs européens tourneront depuis l'Italie

Basé depuis 1978 à Reading, le data center du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme sera transféré en 2020 à Bologne. Seul le siège de cette organisation intergouvernementale indépendante, qui produit et partage des prévisions météorologiques, restera en Angleterre.
Giulietta Gamberini
Le CEPMMT est l'un des six membres des Organisations coordonnées, qui comprennent également l'OTAN, le Conseil de l'Europe, l'Agence spatiale européenne, l'OCDE et l'Organisation européenne pour l'exploitation de satellites météorologiques. Elle est dirigée par une chercheuse française, Florence Rabier.
Le CEPMMT est l'un des six membres des Organisations coordonnées, qui comprennent également l'OTAN, le Conseil de l'Europe, l'Agence spatiale européenne, l'OCDE et l'Organisation européenne pour l'exploitation de satellites météorologiques. Elle est dirigée par une chercheuse française, Florence Rabier. (Crédits : DR)

Aujourd'hui tributaires du Royaume-Uni, les météorologues européens vont devoir se tourner désormais aussi vers l'Italie. Le nouveau data center du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT, ou European center medium weather forecast, ECMWF, en anglais), jusqu'à présent basé à Reading, sera en effet transféré à partir de 2020 à Bologne. La décision a été prise cette semaine par le Conseil de cette organisation intergouvernementale indépendante, qui produit et met à disposition des services météorologiques de ses Etats membres ses prévisions numériques à 15 jours. Elle sera confirmée et détaillée en juin, en fonction de l'issue de négociations avec les autorités italiennes.

Un supercalculateur depuis 1978

Créé en 1975 dans un esprit de partage des ressources météorologiques et de production de prévisions plus précises, le CEPMMT compte 22 Etats membres et 12 Etats ayant conclu un accord de coopération, qui contribuent directement à son budget annuel de 100 millions d'euros. La moitié de son argent vient toutefois de l'Union européenne, qui se sert des prévisions du centre dans le cadre de son programme de monitorage environnemental Copernicus.

Depuis 1978, il dispose d'un supercalculateur, régulièrement entretenu et mis à jour, ainsi que d'archives de données, dont les Etats membres peuvent utiliser 25 % de la capacité à des fins propres. Ses produits sont d'ailleurs aussi proposés aux entreprises. Les immeubles où le centre est hébergé à Reading - et où travaillent quelque 280 personnes provenant de plus de 30 pays - ne paraît toutefois plus adapté aux puissants nouveaux appareils qui devront être installés afin d'être au pas avec l'évolution technologique. En 2020, il est en effet prévu que les capacité des supercalculateurs du centre soient multipliées par dix.

Plus de 9.000 mètres carrés

A Bologne  -qui l'a emporté face aux villes anglaises d'Exeter et de Slough, à la finlandaise Espoo, à l'islandaise Akureyri, et au Luxembourg-, le nouveau data center sera installé dans une ancienne usine de production de tabac de 9.000 mètres carrés. La région Emilia-Romagna compte y investir 50 millions d'euros, et assure que le site pourra être étendu jusqu'à 20.000 mètres carrés. Le succès de sa candidature a aussi profité de la réputation scientifique de la région, qui compte 1.700 chercheurs sur les big data et concentre 70% de la capacité de calcul italienne. La ville de Bologne héberge l'une des plus anciennes universités d'Europe.

Le siège du CEPMMT restera toutefois à Reading,  ainsi que son personnel, selon son porte-parole cité par la BBC. L'organisation comptant plusieurs Etats non membres de l'UE, elle ne devrait pas non plus être affectée par le Brexit - à la différence de l'Agence européenne des médicaments et de l'Autorité bancaire européenne, qui doivent déménager de Londres.

Giulietta Gamberini

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Commentaires 2
à écrit le 03/03/2017 à 15:01
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Espérons que ceux qui lisent les données parlent mieux l'italien quils ne parlaient l'anglais, parce que leurs prévisions étaient souvent farfelues quand le centre était à Reading :-)

à écrit le 03/03/2017 à 13:50
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Il est logique d'intégrer le plus de pays possibles, le climat n'ayant pas de frontière lui.

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