Comment Engie veut booster le gaz vert

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Envie souhaite que l'unité de méthanisation Beauce Gâtinais Biogaz inaugurée le 9 novembre soit la première d'une longue série.
Envie souhaite que l'unité de méthanisation Beauce Gâtinais Biogaz inaugurée le 9 novembre soit la première d'une longue série. (Crédits : DR)
Le groupe inaugure dans le Loiret une unité de méthanisation de grande taille qui préfigure sa volonté de changer de braquet et de contribuer à emmener la filière vers la compétitivité, notamment en mobilisant avec des partenaires 800 millions d’euros dans les 5 prochaines années.

Le timing ne pouvait pas mieux tomber. A quelques semaines de la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie (promise par le ministre François de Rugy « d'ici la fin de l'année »), voilà pour Engie une occasion de montrer une réalisation concrète de ses ambitions en matière de gaz renouvelable. L'unité de méthanisation inaugurée ce 9 novembre à Escrennes (Loiret) en présence d'Isabelle Kocher, sa directrice générale, et du ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy, produira à compter de janvier prochain 23 GWh de biométhane utilisé pour le chauffage et l'eau chaude de près de 1800 ménages. Alimentée en co-produits agricoles ou issus des industries agro-alimentaires locales, mais également en fumier récupéré à Paris dans les écuries de la Garde républicaine selon un procédé dit « en voie sèche », c'est un premier pas dans la démarche d'industrialisation et de massification de la filière qu'Engie a décidé d'impulser.

La filière vise la parité des prix avec le gaz naturel

Isabelle Kocher a en effet annoncé à cette occasion que le groupe contribuerait à mobiliser, avec ses partenaires, 800 millions d'euros d'ici à 2023, l'objectif à l'horizon 2030 s'élevant à 2 milliards. Comme dans la société de projet Beauce Gâtinais Biogaz (BGB), dont elle finance l'investissement de 10 millions d'euros à hauteur de 32% - 34% pour la coopérative AgroPhitiviers (380 agriculteurs produisant quelque 200.000 tonnes de céréales par an) et 34% pour la SICAP, le distributeur local d'électricité, l'entreprise devrait investir directement environ un tiers de cette somme. « L'enjeu c'est la standardisation et la massification, précise Isabelle Kocher. La filière doit être compétitive, sinon la transition ne pourra pas se produire à la bonne vitesse. » L'objectif est donc d'amener le biogaz à parité avec le gaz naturel à l'horizon 2030, un objectif qui tient compte de la contribution climat énergie appliquée à ce dernier. Soit un coût de production abaissé de 30 à 40% en comparaison des 95 €/MWh pour cette installation. « Dans notre installation aux Pays-Bas ce coût est déjà de 67€/MWh », précise Didier Holleaux, directeur général adjoint d'Engie.

« Soit on veut réellement changer d'échelle, soit on se contente de petits projets symboliques », approuve le ministre de la Transition écologique et solidaire, qui observe que 1500 méthaniseurs (trois fois plus qu'aujourd'hui) suffiraient à remplacer par du biométhane le fioul actuellement utilisé par trois millions de Français pour se chauffer.

La PPE actuelle vise 10% de gaz renouvelable à l'horizon 2030. Certains représentants de la filière (GRDF en tête), appuyés par l'Ademe, affirment même que les 30% seraient à portée. « Techniquement, c'est faisable », confirme Didier Holleaux. Mais face aux réticences du gouvernement devant le coût d'un développement aussi rapide, Engie, pour sa part, se contente de fixer cet objectif en 2028 plutôt que 2030.

Plus de cultures dédiées comme en Allemagne

Mais pour l'heure, l'aide de l'Etat reste indispensable. Outre le tarif d'injection du biogaz (attendu d'environ 100€/MWh pour cette installation lorsqu'elle entrera en production en janvier), plusieurs évolutions réglementaires sont destinées à favoriser le développement d'une filière qui a connu quelques retards à l'allumage. Notamment en raison de la décision française de ne pas recourir à des cultures spécifiques afin de ne pas faire concurrence aux terres agricoles, contrairement à ce qui se pratique en Allemagne, où l'on compte déjà environ 5000 unités de méthanisation (contre 550 en France, dont seulement une soixantaine raccordées au réseau). La diversité des intrants qui en résulte engendre des difficultés techniques supplémentaires et un renchérissement des coûts de production. Face à des banquiers, échaudés par les déboires de certains pionniers, l'arrivée d'acteurs tels qu'Engie ne peut que rassurer. Isabelle Kocher évoque également une plateforme mutualisée d'achat d'équipement, ainsi qu'une plateforme de financement facilement accessible aux porteurs de projets. Engie, dont les projets se comptaient encore sur les doigts d'une main il y a 18 mois, en affiche aujourd'hui plus d'une trentaine, et en vise une centaine en 2023.

Vers une fiscalité plus favorable

Plusieurs mesures de simplification administratives, destinées à simplifier et raccourcir les délais d'élaboration des projets - celui d'Escrennes aura mis 10 ans à voir le jour depuis le premier recensement en 2009 des matières fermentescibles - ont été prises ou annoncées ces derniers mois, notamment à l'issue du groupe de travail lancé par l'ancien secrétaire d'Etat à la transition écologique Sébastien Lecornu. Ce 9 novembre, le ministre François de Rugy a ouvert d'autres portes. Concernant les intrants, il a reconnu qu'une part de cultures dédiées supérieure au plafond de 15% aujourd'hui admis serait envisageable si cela permettait d'accélérer la baisse des coûts. Il a également reconnu que le biogaz (non émetteur de gaz à effet de serre) ne pourrait devenir compétitif s'il était, comme c'est actuellement le cas, taxé autant que le gaz naturel. Une annonce qui répond à une forte attente de la filière.

Autre nouveauté réglementaire, contenue dans la loi sur l'alimentation, les digestats issus de la méthanisation, aux propriétés reconnues en matière d'engrais, ne sont plus considérés comme des déchets. En d'autres termes, ils pourront désormais être vendus à des agriculteurs en lieu et place des produits le plus souvent d'origine fossile qu'ils achètent aujourd'hui. En plus des 23 GWh de biométhane, l'unité de BGB en produira 20.000 tonnes par an, qui devront avant de pouvoir être distribuées passer par la case "normalisation".

Complément indispensable aux énergies électriques

La présentation d'une installation qui préfigure des méthaniseurs de grande taille, réalisés en partenariat avec les agriculteurs et les collectivités, seuls à même selon elle de faire changer la filière d'échelle et de la rendre compétitive, a permis à Isabelle Kocher de rappeler la position d'Engie en matière de mix énergétique. Aux tenants du tout électrique, qui se font entendre de plus en plus fort à l'approche de la PPE, elle oppose la complémentarité indispensable des énergies électriques avec ce gaz décarboné, une énergie renouvelable mais non intermittente, flexible, créatrice d'emplois et de valeur ajoutée dans les territoires. Et réaffirme qu'un système décarboné exclusivement électrique, trop coûteux et dangereux pour les réseaux, est impossible.

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a écrit le 27/12/2018 à 11:21 :
Bonjour @PolyTech,
Evidemment, ce ne peut être qu'exploratoire pour l'instant, dans la mesure où rien n'a été développé dans ce sens jusqu'à présent. Mais qui dit exploratoire dit qu'on vise un but, et dans le cas présent, le but est dangereux !
Plusieurs signes montrent clairement la volonté d'atteindre ce but dangereux: des scenarii annoncés comme "volontaristes", et une augmentation progressive depuis 2013 de la production envisagée comme biogaz, de 60 TWh/an en 2013, à plus de 210 TWh/an en 2016, et plus récemment, même l'utilisation du biogaz pour produire une partie de l'électricité "renouvelable" pour remplacer le nucléaire, et pour produire du GNV pour remplacer le pétrole des véhicules. Voir l'article dans Le Monde, repris dans actuellement environnement: https://www.actu-environnement.com/ae/news/mix-electrique-2060-etude-Ademe-EPR-nucleaire-EnR-32559.php4
Il est très clair que l'ADEME et GRDF-GRTGaz, désormais alliés dans le processus de développement de la méthanisation, veulent plus que 200 TWh/an. Merci à l'indépendance des agences d'état que nous finançons tous ...
sincèrement
daniel
a écrit le 27/11/2018 à 11:13 :
Alors qu'on importe d'énormes quantités de soja en provenance du Brésil (et contribuant par là largement à la déforestation de l'Amazonie) à destination du bétail français, il serait beaucoup plus cohérent de s'en tenir strictement, pour la production de biogaz, aux seuls déchets agricoles, et non pas utiliser des surfaces agricoles spécifiques comme en Allemagne.
Arretons de faire n'importe quoi et commençons par produire nous même le fourrage nécessaire à notre production alimentaire.
a écrit le 13/11/2018 à 16:53 :
@ Daniel Chateigner, Bonjour, l'étude Ademe Grdf de janvier 2018 n'est "qu'exploratoire" à horizon 2050. En prenant en compte les rendements de conversion elle précise que le potentiel de ressource primaire identifié pourrait produire jusqu’à 460 TWh PCS de gaz injectable. Mais elle souligne (Page 8 sur 283) que le niveau de demande finale en 2050 en gaz de réseau est de l’ordre de 300 TWh contre 460 TWh aujourd’hui. On prévoit en effet par exemple d'injecter de l'hydrogène à hauteur moyenne de 12% en Europe ce qui réduit la demande de biométhane parmi les autres approches. Mais surtout la filière méthanisation n'est concernée qu'à hauteur de 30%, soit 90 à 130 TWh comme je vous l'indiquais et dans cette filière les ressources dépassent le seul secteur agricole et concernent toutes les sources de production potentielle annexes de biogaz (unités de traitement des eaux, des déchets, algues vertes etc). Ainsi Page 93/283, 30% pourraient être fournis avec la filière mature de méthanisation, qui permet de convertir les intrants d’origine agricole, les biodéchets et les résidus d’algues avec un rendement de 94%, pour produire jusqu’à 140 TWh PCS de méthane (et bien moins sur la base de 300 TWh global à horizon 2050). 40% pourraient être fournis par la filière gazéification bois et ses dérivés pour produire jusqu’à 180 TWh PCS de gaz (c'est mieux que des unités d'incinération et on a du bois qui non utilisé brûle régulièrement dans des incendies l'été par exemple en Paca). 30% pourraient être fournis par le power to gas dans un mix électrique 100% renouvelable visant à maximiser la production de gaz de synthèse, soit 140 TWh PCS. Pour ce qui est de l'usage des amendements par les agriculteurs, ces derniers sont équipés de machines spécifiques qui leur évitent des erreurs et ils sont parfaitement conscients des conséquences qui n'iraient pas dans leurs intérêts quant à l'appauvrissement ou à la toxicité de leurs sols que l'on repère aisément par différentes méthodes dont satellites. Pour ceux qui pratiquent déjà ces méthodes on a très peu relevé de mauvaises pratiques et quand c'est le cas elles sont corrigées. Il s'agit juste de contrôles ponctuels à effectuer. C'est de plus un scénario et il n'y a pas exagération de l'emploi de la méthanisation et des cultures associées comme par exemple en Allemagne mais au contraire volonté d'optimisation de l'ensemble. Nous avons en outre le temps de voir venir les excès éventuels et de les rectifier le cas échéant car notre filière biogaz est encore petite. En outre comme je le précisais, on peut quasiment doubler le potentiel du biogaz sans impact sur la ressource mais avec notamment l'électrométhanogénèse comme le font SoCalGas aux Etats-Unis et Electrochaea en Allemagne, Danemark etc ou le couplage méthanisation + électrolyse tout en baissant les coûts quasiment d'autant. Etude Grdf Ademe Voir : https://www.grdf.fr/documents/10184/1291504/Etude+compl%C3%A8te++Mix+gaz/c43ef005-8bc1-49ad-a182-81b19ac8c6f1
a écrit le 12/11/2018 à 17:07 :
@Polytech,
Bonjour,
Où pourrions-nous trouver tous vos calculs svp ?
Certains papiers co-signés par ADEME et GRDF annoncent un potentiel mobilisable de 450TWh ... même si ADEME n'y pense peut-être pas GRDF c'est sûr !
Avec ça la baisse de biodiversité due aux épandages, soyez sûr que les chiffres annoncés présentent un risque pour l'agriculture française.
Ce ne sont pas de petits problèmes, regardez la base de données ARIA-INERIS.
Vous savez très bien que les "bonnes pratiques" ne sont jamais celles qui sont observées devant les revenus. Et comme vous le dites, nous n'avons pas de recul, dés lors le principe de précaution devrait prévaloir.
Sincèrement
Daniel Chateigner
Professeur
Normandie Université
a écrit le 12/11/2018 à 8:39 :
Quel est le bilan énergétique et environnemental global, réel, du transport de fumier depuis Paris jusque dans le Loiret ? Et quel encombrement routier supplémentaire ?
a écrit le 12/11/2018 à 6:44 :
Le biogaz c'est du méthane, CH4, et le "C" c'est du carbone !!! Le journaliste n'est pas obligé de recopier les éléments de langage ENGIE !
a écrit le 12/11/2018 à 2:36 :
@ Daniel Chateigner : Bonjour, je tiens bien compte de l'intégralité des données (+ et -) de la filière biogaz à considérer et il y a évidemment bien lieu d'avancer en intégrant tous les facteurs à prendre en compte. Pour la part des sous produits des différentes sources encore peu ou non exploitées elle est très positive (sous réserve de bonnes pratiques en notamment en usage d'engrais sur des sols très spécifiques - plutôt rares - mais dont globalement les constats Inra sont largement positifs dans leurs études de plus en plus nombreuses). Pour ce qui est d'une part de cultures dédiées ajoutées et d'objectifs énergétiques (qui oscillent dans les perspectives actuelles le plus souvent entre 56 et 130 TWh à terme : horizon 2050) il n'y a pas lieu d'être catégorique car les cultures dédies ont lieu d'être employées pour leurs avantages. Par exemple les Cipan (Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates) et Cive (Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique) permettent notamment : de réduire la lixiviation de l’azote vers les aquifères aux périodes ou le sol est nu, fournir de l’azote à la culture suivante, limiter l’érosion du sol, améliorer sa structure, réduire le développement des adventices, la pression parasitaire etc. Elles sont utiles même sans exploitation biogaz. Il ne s'agit donc pas de schématiser cette filière alors qu'on la développe en tenant compte des éléments négatifs rencontrés le cas échéant et en les corrigeant chaque fois au fil des études et on ne peut pas dire que jusqu'à présent (hormis dans certains cas en Allemagne par exemple) il y a eu des dérapages notoires. Elle a un potentiel "raisonnable" important qui n'est d'ailleurs pas parfaitement identifié à ce jour puisque l'on est encore loin d'exploiter pleinement toutes les meilleures techniques. Concernant les apports en termes d'engrais, toutes les études approfondies de l'Inra et d'autres sont positives (encore une fois sous réserves de bonnes pratiques mais c'est globalement le cas)
a écrit le 11/11/2018 à 22:17 :
Bonjour,
Un développement ultra volontaire de la méthanisation, comme celui affiché par l'état, ne peut qu'appauvrir les terres et polluer l'environnement. Pour de multiples raisons.
@Ploytech, ce n'est pas vrai, dans la nature l'émission de CH4 est très faible, car ce sont des milieux aérobies. Même les tourbières ont une balance positive, elles sont de véritables puits de carbone.
La méthanisation appauvrit les terres par les épandages de digestats qui tuent les micro- et macro-organismes, contrairement à ce que vous dites. Le digestat est pauvre en matière organique et ne peut pas amender les terres. Les épandages émettent également de l'ammoniac, promoteur de particules fines et de N2O (GES=298). De plus les méthaniseurs fuient, et émettent du CH4 (GES=25) dans l'air. Enfin, il existe un effet de délocalisation des terres cultivées (ILUC) qui tue complètement l'effet positif de la méthanisation. Ainsi, les végétaux provenant d'ailleurs sur enrichissent en azote les terres épandues, donnant un bilan global extrêmement négatif de la méthanisation.
Si on la réserve aux déchets vrais, la méthanisation est utile. Mais cela n'a rien à voir avec le développement actuel. A votre avis, combien de départements français faudra-t-il cultiver entièrement pour alimenter les méthaniseur et produire le %age mobilisable de la PPE ?
Sincèrement
Daniel Chateigner
Professeur
Université de Caen
a écrit le 11/11/2018 à 18:55 :
La patronne d'Engie continue de vendre sa soupe. Le gaz, qu'il soit naturel ou produit par la fermentation de déchets organiques, émet du CO2 et il et DANGEREUX : combien de morts par explosion dans des stockages de gaz ? L'électricité, même d'origine nucléaire n'a jamais tué personne, ce qui n'empêche pas les Verts de réclamer l'arrêt des centrales !
D'autre part si Engie construit des unités de fermentation géantes, quel est le bilan de production de GES dû au transport par camions des déchets en provenance de leurs lieux de production ?
Le biogaz n'est pas inintéressant, mais à condition qu'il ne soit pas subventionné (car subventions = taxes pour les consommateurs), et qu'il reste un appoint marginal dans la Transition Energétique.
Réponse de le 12/11/2018 à 2:56 :
@ Student : si le nucléaire ne tuait pas ou n'était pas risqué on ne prendrait pas toutes ces précautions de sécurité mais qui n'empêchent pas les accidents et on ne contrôlerait pas régulièrement les intervenants du nucléaire. Les résumés d'études Unscear et OMS ont intégré des contres études du secteur nucléaire absolument exagérées qui ont été démenties. Dès lors l'Unscear et l'OMS ne tirent pas de conclusions "définitives". Il faut considérer la masse d'études sur le sujet et extraire les études extrêmes dans un sens et dans l'autre et ne retenir que les plus réalistes. Et le constat est que le nombre de morts et de personnes ayant eu des cancers etc reste élevé. On peut jouer longtemps sur les chiffres avec le nucléaire puisque l'impact global n'est pas immédiat, que les principales instances ont des représentants de ce secteur en interne et que plusieurs études sont financées par les Etats qui sont partis prenantes dans le nucléaire. Mais dans la masse d'études réalisées ont peut constater que le bilan global n'est absolument pas de zéro morts ou de l'absences de cancers. Le bilan le plus fréquent est au contraire négatif. Vous pouvez aussi vous amuser à propos des étudeset contre études sur l'alcool et le tabac et conclure l'alcool et le tabac ne tuent pas. Et ce n'est malheureusement pas le cas. idem sur la réduction de 10 km/h de la vitesse sur les routes. Vous trouverez des études qui estiment que çà n'a pas d'impact. mais en approfondissant et en prenant les études les plus réalistes, la réduction de vitesse a chaque fois un impact positif. Pour le biogaz, l'appoint n'est pas marginal car on n'exploite pas encore tous les aspects techniques les meilleurs donc vous tirez une conclusion hâtive. de même subventionner signifie investir et c'est souvent positif d'investir quand on fait le bilan des retombées totales notamment export etc et face aux prix des fossiles importées qui peuvent monter à tout moment contrairement à la filière biogaz. Donc la encore jugement hâtif. Rien n'est ni tout blanc ni tout noir. C'est plus complexe.
Réponse de le 12/11/2018 à 9:28 :
De quoi parlons nous: 75% de l'électricité consommée en France est d'origine nucléaire (certes, avec des centrales vieillissantes), l'électricité renouvelable consommée représente 25% dont 13% pour les barrages donc il reste un petit 12% pour tout le reste (solaire, méthaniseur, éolien, etc.). Le problème est que cette minorité fait le siège des médias pour convaincre sur des arguments généraux axés sur le seul bénéfice de la puissance installée. Qu'en pense le ministère de l'industrie?
Réponse de le 13/11/2018 à 17:11 :
@ Albert 29 : notre parc nucléaire a un rendement de 33% le reste c'est de la chaleur perdue, et le taux de disponibilité moyen sur toute la durée d'un parc se situe en moyenne autour de 75% au mieux. C'est globalement équivalent et même un peu inférieur au facteur de charge moyen de notre parc éolien terrestre (25%). En outre les énergies renouvelables dont le solaire thermique et hybride (Th + Pv) s'intègrent de plus en plus aux bâtiments et permettent des bâtiments autonomes entre 60% et plus de 150% d'énergie. Autrement dit fournisseurs d'énergie et permettant de se couper localement du réseau donc de ses coûts et lourdes infrastructures à rénover (plus de 33% du prix moyen de l'énergie sans compter les autres frais).Dès lors l'approche centralisée n'est pas la seule ni la meilleure et des constructeurs comme Bouygues l'ont compris avec leur approche de bâtiments ABC qui peuvent à terme être autonome en énergie mais aussi recycler l'eau et les déchets locaux. C'est bien plus intelligent et efficient que la seule approche centralisée nucléaire.
Réponse de le 27/11/2018 à 11:09 :
Le nucléaire ne tue pas ... En Ukraine,, seul pays pour lequel on dispose de chiffres fiables concernant le suivi médical dans les pays concernés, entre 2000 et 2010, 40% des 350.000 "liquidateurs" de Technobyl sont décédés de causes médicales variées, (cancers, avc, arret cardiaque etc).
Un Taux de mortablité de 40%, ça doit être parce qu'ils sont surements de très très gros fumeurs ....
a écrit le 11/11/2018 à 18:04 :
@ Wiki : ce n'est pas exact car les matières organiques se décomposent de toutes façons et émettent du méthane et du C02. C'est le cas des matières agricoles non utilisées, usines de traitement des eaux, de déchets, algues vertes etc. En les récupérant (biogaz + électrométhanogénèse = récup proche de 100%) on utilise le biométhane au lieu de l'importer (gas naturel, de schistes, bois etc). De même la matière résiduelle sert d'engrais au lieu de l'importer avec son cycle d'exploitation très polluant. De même la matière traitée s'introduit mieux dans le sol ensuite avec l'aide des microorganismes. Mettre une part de culture n'est pas défavorable au bilan puisqu'elle permet de faire tourner des cultures pour enrichir le sol (azote etc) car on ne prélève pas tout. Dès lors le bilan global est très supérieur comparé à laisser ces matières ce décomposer sans en tirer le biométhane. Pour ce qui est du transport, les camions peuvent être au biométhane ou à l'hydrogène. Le bilan complet est donc un des plus favorable parmi les différentes filières. Quant aux forêts il est bien plus efficace de ne pas déforester. Planter arrive ensuite mais en pratique çà prendra toujours plus de temps (pour pousser, stocker le C02 et disposer de terrains et faire le suivi car beaucoup plantent et c'est plus complexe au niveau des espèces et du suivi selon chaque région)
a écrit le 11/11/2018 à 11:17 :
Résumons donc la situation: on va récupérer du carbone issu des déchets, en les transportant parfois de très loin, de paris au Loiret, pour le réintroduire par combustion dans l’atmosphère. Autrement dit, sous l’argument du biogaz durable et vert, on va diminuer la capture du carbone dans le sol alors que c’est elle qui devrait nous permettre de réduire la proportion de co2 dans l’atmosphère. En brûlant au passage du gasoil pour transporter les déchets. Je pense que nous sommes très mal barrés....si ce sont là les solutions d’un futur compatible avec la survie de l’humanité
Réponse de le 11/11/2018 à 16:30 :
Tu as entièrement raison, le seul moyen pour réduire le CO2 dans l'air, c'est de planter des arbres qui stocke le CO2.
Si on regarde ce que l'homme fait, c'est juste le contraire.
Au lieu d'investir des milliards d'Euro pour rendre les voitures plus propre de quelques pourcents., il faudrait investir cette argent pour planter des forêts beaucoup plus efficace pour réduire le CO2.
a écrit le 11/11/2018 à 9:40 :
La France se reveille... De telle installations existent par centaine en Suisse et par milliers en Allemagne depuis des années déjà.
a écrit le 11/11/2018 à 9:03 :
OK sous réserve de trois conditions:
1) que ce ne soit pas un argument pour augmenter l'élevage,
2) pas de cultures dédiées,
3) pas d'épandage des sous produits sur des terres saturées.
a écrit le 11/11/2018 à 5:41 :
Il reste environ 40% de C02 qui n'est pas valorisé dans la production de biogaz alors qu'il peut être converti en biométhane par électrométhanogénèse à bas prix et avec un rendement de 96% (via microorganismes). Dès lors on quasi-double la production de biogaz et on abaisse donc quasi d'autant le coût final du biogaz injectable. SoCalGas en Californie développe des fermenteurs optimisés pour les diffuser ainsi qu' Electrochaea en Allemagne et Danemark. Cà vaut la peine d'améliorer le bilan global et la baise des prix de cette manière en quasi doublant la production française. Cà s'applique aussi au traitement des eaux et déchets. Voir : https://www.nrel.gov/news/features/2017/undersea-microbes-provide-path-to-energy-storage.html
a écrit le 10/11/2018 à 19:11 :
Autant on peut justifier la valorisation des déchets agricoles et agro-alimentaires, autant utiliser des terres agricoles pour faire pousser des cultures dédiées à la méthanisation est un non-sens.

Ce sont des plants OGM, forcés pour obtenir les plus haut rendements possibles à coups d'engrais et de pesticides. Ces plantations industrielles laissent des terres impropres à une culture biologique pendant des années.

Je ne comprends pas que FDe Rugy encourage ici ce qu'il condamne ailleurs, c'est incohérent.
a écrit le 10/11/2018 à 11:45 :
"le fioul actuellement utilisé par trois millions de Français pour se chauffer"
je croyais avoir lu 4 millions de chaudières au fuel, déjà un million ont été remplacées ? Ça va vite. :-)
On contribue à l'achat à prix élevé du bio gaz (subvention) via la facture gaz comme on le fait par l'électricité pour les énergies vertes. Suffit-ce ? Juste une partie des efforts.
La TICGN est arrivée à 20% du prix du kWh gaz naturel en 2018, sera à 50% en 2022 d'après mon extrapolation par logiciel, la taxe carbone sera-t-elle appliquée au gaz bio ? (comme assiette de collecte fiscale, chaque euro sert).
Dire que les torchères des puits de pétrole de schiste US brûlent pour un million de $ de gaz par jour, perdu car sites trop dispersés, pour ça que de petits sites multiples c'est peu efficace (gaz à collecter, distribuer). En Alsace une installation avec des enzymes permet de faire du gaz (-> électricité) avec le jus de choucroute, ça le valorise et efface les ennuis pour éliminer ces résidus de fabrication car acides. Sur un site, les fabricants apportent leurs jus, il en ressort de l'eau claire, qui peut aller à la rivière, et de l'énergie.
Réponse de le 10/11/2018 à 17:22 :
L'exploitation que vous mentionnez est à Krautergersheim, capitale mondiale de la choucroute... Il s'agit d'une méthanisation " classique " et non d'une installation " avec des enzymes"

Cette installation est actuellement exploitée par Suez. Par contre, la tendance n'est plus à produire de l’électricité avec du biogaz mais à l'injecter dans le réseau. C'est plus intéressant à tout point de vue.

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