La jeune pousse bordelaise officialise ce jeudi la construction de la plus grande centrale solaire thermique de France, près de Verdun, dans la Meuse (Grand Est). Elle fournira la chaleur nécessaire à un procédé de séchage utilisé par le spécialiste des produits laitiers Lactalis. D'ici à cinq ans, newHeat vise 500 mégawatts de chaleur renouvelable installés et un développement à l'international.Par raccourci, l'expression "énergie solaire" est très souvent employée pour désigner uniquement l'électricité produite à partir de panneaux photovoltaïques. Or, il existe une autre famille d'énergie solaire : le solaire thermique. Beaucoup moins connue et encore très peu développée en France, cette énergie renouvelable consiste à produire de la chaleur ou de l'eau chaude à partir de capteurs solaires.
"L'idée est celle d'un chauffe-eau solaire. Nous déployons de grandes tôles noires qui, grâce au soleil, permettent de chauffer un fluide qui circule dans un serpentin. Nous produisons ainsi de l'eau chaude, en-dessous de 100 degrés, en quantité industrielle ", expose Hugues Defréville, cofondateur de la startup bordelaise newHeat, l'un des rares acteurs sur ce marché en France.
La jeune pousse, fondée en 2015, officialise ce jeudi la construction de la plus grande centrale solaire thermique de France à Fromeréville-les-Vallons, près de Verdun, dans le cadre d'un contrat de fourniture d'énergie avec le spécialiste des produits laitiers Lactalis.
Plus grande centrale thermique d'Europe pour un site industriel
La future centrale thermique, d'une surface de 15.000 mètres carrés pour une puissance maximale d'environ 13 mégawatts (MW), sera la plus "grande centrale solaire thermique d'Europe alimentant en chaleur un site industriel", affirme newHeat.
Elle doit permettre à Lactalis d'apporter la chaleur nécessaire à un procédé qui consiste à sécher des gouttelettes de lactosérum (également appelé "petit lait"), issu de la fabrication du fromage. Ce procédé permet d'obtenir de la poudre qui sera ensuite incorporée dans les laits infantiles, notamment.
"Dans cette tour de séchage, l'air doit être chauffé à 160 degrés. Notre dispositif permet de préchauffer le flux d'air à 80, 90 degrés en période estivale. Le solaire thermique ne vient donc pas remplacer totalement le gaz naturel, mais nous venons réduire sensiblement sa consommation. Cette complémentarité permet de limiter le risque sur le procédé industriel", précise l'entrepreneur.