CVE innove dans la vente directe d’électricité verte

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Centrale solaire au sol d'Essendiéras (Dordogne) développée par CVE
Centrale solaire au sol d'Essendiéras (Dordogne) développée par CVE (Crédits : CVE)
L’entreprise marseillaise noue des contrats de vente directs avec des collectivités françaises et lance aux États-Unis une offre d’énergie solaire communautaire sous la marque « Halo ».

Décentralisation énergétique. C'est le maître mot du groupe CVE (Changeons Notre Vision de l'Energie), dont Cap Vert Énergie est la marque historique. Autrement dit, le positionnement de la production au plus près de la consommation.

La PME marseillaise de 120 personnes, fondée en 2009 par Pierre de Froidefond, Christophe Caille et Hervé Lucas, affiche un parc de projets photovoltaïques et biogaz en exploitation et en construction de  208 MWc. Elle vise notamment le marché des collectivités qui, en France, se voient fixer au fil des lois toujours plus de responsabilités en matière d'énergie et de climat, sans bénéficier de ressources supplémentaires pour les mettre en oeuvre. Depuis la loi sur la transition écologique et la croissance verte (LTECV), elles bénéficient néanmoins d'un accès direct au financement participatif de projets de production d'énergie renouvelable, sans avoir à créer de régie ni à passer par une association intermédiaire. Dans ce cadre, CVE propose à des sociétés d'économie mixte locales (dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France, à Pau), à des ports (comme à Bordeaux)... de prendre une participation dans certains des projets que l'entreprise développe, après qu'ils ont été purgés de tout risque.

Offre dédiée aux collectivités

Dans le cadre de cette offre réservée aux collectivités et territoires, Cap Vert Énergie a annoncé début juin la signature de huit partenariats pour des projets biogaz et photovoltaïques. Invitées à faire partie du comité de pilotage du projet, elles se voient proposer d'entrer au capital de la société de projet. En plus des huit partenariats déjà signés, Cap Vert Énergie est en discussion avec dix autres collectivités.

Avec Enercoop et Energie partagée, Cap Vert Énergie a aussi remporté l'appel à manifestation d'intérêt lancé par la métropole Aix-Marseille-Provence pour la  reconversion de l'ancien centre de stockage des déchets non dangereux de Mallemort (Bouches-du-Rhône) en centrale solaire photovoltaïque au sol de 2,7 MWc. Là encore, c'est « sa démarche participative forte, visant à favoriser la concertation citoyenne et maximiser les retombées économiques locales » qui leur a permis de l'emporter ce projet de vente directe d'électricité solaire.

Lauréat du programme lancé par l'État du Massachusetts

Mais c'est à l'international que CVE innove le plus en matière de vente directe. « Nous avons étudié pendant deux ans une vingtaine de marchés sous différents aspects - stabilité géopolitique, risque de change, etc. - mais aussi réglementation et prix de l'énergie », détaille Pierre de Froidefond.

Aux États-Unis, où il n'y a pas un, mais cinquante marchés, CVE a jeté son dévolu sur le Nord-Est, notamment le Massachusetts. Le marché de l'énergie y est dérégulé, le prix de l'énergie élevé, et les ressources abondantes. « En outre, la forte densité de population favorise l'implantation de centrales solaires de moyenne et petite taille », précise le cofondateur.

Rendre le solaire accessible à tous

L'Independant Power Producer (IPP), qui a créé une filiale américaine, a été le seul lauréat européen du programme SMART lancé par l'État du Massachusetts avec un projet de « Community Solar », destiné à « rendre le solaire accessible à tous », précise Pierre de Froidefond. Chaque mégawattheure injecté dans le réseau correspond pour CVE à un crédit d'une valeur de 150 dollars, tandis que le consommateur final achète l'électricité vendue sous la marque « Halo » avec un discount de 10%.

Quand une centrale est prête à être construite, CVE en commercialise la production auprès de particuliers et de petits commerçants, mais aussi d'un client principal, baptisé « anchor client » (littéralement « client ancre »), qui peut être une entreprise, une école, un hôpital... et stabilise le projet en achetant de 35% à 50% de la production.

30 MW en construction aux États-Unis

Cette installation solaire communautaire implantée à Acushnet affiche une puissance de 650 KWc d'électricité solaire. « Les abonnés commerciaux et résidentiels bénéficieront des premières économies dès juillet 2019 », affirme l'entreprise.

CVE North America développe également des projets solaires communautaires dans l'État américain de New York, qui devraient entrer en service à la fin de l'année 2019 et début 2020. Globalement, CVE North America possède un portefeuille de projets en construction de 30 MWc auquel s'ajoute un portefeuille de projets sécurisés de 35,5 MWc.

CVE est également présent au Chili, où il bénéficie de la simplification réglementaire concernant les petits projets, et où il est l'un des acteurs de référence du PMGD (Pequeños Medios de Generación Distribuida, ou "petits moyens de production distribuée"), en Afrique (Sénégal, Kenya, Afrique du Sud) ou encore en Espagne.

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a écrit le 02/07/2019 à 17:53 :
On aurait peut être faire autre chose vu l'étendue de cette surface pour un système qui ne marche que la moitié du temps et pour quand il marche les rendements médiocres. Quand au climat, celui qui le maîtrisera n'est encore pas né...
a écrit le 02/07/2019 à 8:10 :
Combien de temps dure un panneau solaire svp ?
Réponse de le 02/07/2019 à 14:22 :
Les premiers panneaux qui datent de 1954 produisent toujours plus de 70% de leur capacités initiales. Ceux testés régulièrement par DNV-GL (organisme indépendant de tests Norvège) ont une production similaire sur la durée. On ne peut pas dire qu'un panneau s'arrête de produire à 25 ans car il produit en fait très longtemps même si cette production a tendance à un peu baisser avec le temps. Une durée de 40 ans moyenne et plus n'est pas absurde. En outre si quelques panneaux sur un parc s'arrêtent de produire ils sont facilement remplacés. On a un chiffre similaire dans les autres formes de solaire (CSP) qui repartent de nouveau avec le changement de certaines pièces.
Réponse de le 02/07/2019 à 14:22 :
Les premiers panneaux qui datent de 1954 produisent toujours plus de 70% de leur capacités initiales. Ceux testés régulièrement par DNV-GL (organisme indépendant de tests Norvège) ont une production similaire sur la durée. On ne peut pas dire qu'un panneau s'arrête de produire à 25 ans car il produit en fait très longtemps même si cette production a tendance à un peu baisser avec le temps. Une durée de 40 ans moyenne et plus n'est pas absurde. En outre si quelques panneaux sur un parc s'arrêtent de produire ils sont facilement remplacés. On a un chiffre similaire dans les autres formes de solaire (CSP) qui repartent de nouveau avec le changement de certaines pièces.
Réponse de le 02/07/2019 à 17:16 :
Merci beaucoup et ce n'est pas beaucoup je trouve... Limite technologique ou marge bénéficiaire de l'actionnaire ?

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