Quel avenir pour EDF ?
Marine Godelier
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PASCAL ROSSIGNOL
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Rien ne va plus pour EDF. Alors que les syndicats appellent désormais à une grève le 26 janvier prochain, la direction planche pour sa part sur « toute mesure de nature à protéger [les] intérêts » du groupe. De leur côté, les salariés actionnaires crient leur mécontentement, s'estimant « méprisés par les décisions gouvernementales ». Le PDG lui-même, Jean-Bernard Lévy, n'hésite plus à défier l'exécutif : dans une lettre aux managers, il fait état de son « véritable choc » face à une mesure qu'il a « beaucoup combattue » mais qui « s'impose » à EDF. Pas de doute : une tempête secoue le fleuron tricolore, qui vacille au moment même où la France doit investir des dizaines de milliards dans la transition de son parc électrique.
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Et pour cause, dépassé par la flambée des prix de l'énergie, le gouvernement l'a appelé à la recousse. Un moyen de tenir sa promesse de limiter la hausse des tarifs de l'électricité pour les ménages et les entreprises, à quelques mois de la présidentielle, mais qui devrait peser près de 8 milliards d'euros sur l'excédent brut d'exploitation d'EDF. En effet, Bercy a annoncé que l'Etat augmenterait de 100 à 120 TWh les volumes que le groupe devra céder en 2022 à prix cassé aux fournisseurs alternatifs, dans le cadre du dispositif ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Cela signifie que l'entreprise, qui a déjà vendu sa production pour l'année par anticipation, devra en racheter 20 TWh sur les marchés (qui frôlent actuellement les 250 euros/MWh)...afin de les revendre à ses concurrents au prix de 46,2 euros/MWh seulement. L'annonce tombe d'autant plus mal qu'EDF fait actuellement face à un défaut de corrosion détecté ou suspecté dans plusieurs de ses réacteurs nucléaires, parmi lesquels cinq seront arrêtés jusqu'à la fin de 2022. Résultat : sa production promet d'être historiquement basse, entre 300 et 300 TWh contre plus de 360 en 2021.
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