Diesel : le Parlement européen se plie à un assouplissement des tests

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Les écologistes, les groupes de gauche et la commission de l'environnement du Parlement appelaient à s'opposer à cette décision.
Les écologistes, les groupes de gauche et la commission de l'environnement du Parlement appelaient à s'opposer à cette décision. (Crédits : © B Mathur / Reuters)
Les députés européens ont renoncé à rejeter une décision de la Commission européenne qui, dans la perspective d'un passage aux tests de pollution en conditions réelles à partir de 2017, autorise des dépassements pouvant aller jusqu'à 110% du plafond fixé.

Déception pour le défenseurs de l'environnement. Le Parlement européen a renoncé mercredi 3 février à censurer une décision de la Commission européenne autorisant les nouveaux véhicules diesel à dépasser de 110% les limites d'émission de dioxyde d'azote (NOx) autorisées jusqu'en 2020, puis de 50% ensuite. Les écologistes, les groupes de gauche et la commission de l'environnement du Parlement appelaient à s'y opposer.

Le président de la commission parlementaire concernée, Giovanni La Via, avait demandé aux eurodéputés de "tenir compte" d'une déclaration de la Commission qui a promis juste avant le vote une révision rapide du texte. Le rejet de la décision n'a finalement été voté que par 317 parlementaires contre 323, alors que 61 se sont abstenus.

"Un tel vote n'a aucun sens dans le contexte de notre condamnation sans ambiguïté de la fraude aux émissions de polluants par Volkswagen, et de la mise en place par le Parlement européen d'une commission d'enquête sur ce scandale sanitaire", dénonce la délégation socialiste française au Parlement européen dans un communiqué.

Des "incertitudes statistiques et techniques"

Pour les détracteurs, la décision de la Commission, prise dans la perspective d'un passage aux tests en conditions réelles décidé après le scandale Volkswagen, viole la législation communautaire de 2007 qui fixe les normes de pollution automobile dites euro 5 et euro 6. Cette dernière norme européenne, qui est entrée en vigueur en 2014 pour les nouveaux modèles et en 2015 pour tous les nouveaux diesel, établit à 80 mg/km le plafond d'émission de dioxyde d'azote.

Or la Commission, pour tenir compte des "incertitudes statistiques et techniques" pesant sur les tests, propose d'autoriser un plafond de 168 mg/km pour les premiers à partir de 2017 et de 2019 pour les seconds. Ce plafond serait ramené à 120 mg respectivement en 2020 et 2021. La commission de l'environnement estimait toutefois qu'au vu d'une étude, la marge d'incertitude induite par les tests ne dépassait pas 30%.

(Avec Reuters)

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a écrit le 04/02/2016 à 13:31 :
Il n' en demeure pas moins que VW a eu seul recours aux logiciels tricheurs pour satisfaire au seul minimum syndical, les relevés d' émissions des homologations...!
a écrit le 04/02/2016 à 1:25 :
Ou quand le législateur détricote le tricot en se prenant au passage les pieds dans le tapis.
Imposer des normes inapplicables est irresponsable.
a écrit le 03/02/2016 à 20:15 :
Si VW c'est +500%, 110% c'est peu, assez modéré.
Il faut remplacer les tests usine dans des conditions abracadabrantesques (mettre une minute pour accélérer jusqu'à 40km/h, c'est pas courant, ajouter du gazole dans l'huile pour la fluidifier, ...., surgonfler les pneus, et débrancher l'alternateur, ....).
Par contre, sur route, il faut un protocole normé, ou, avec le système français qui s'accroche à l'arrière du véhicule et enregistre tout (température, hygrométrie, CO, CO2, H2O, CH4, ... benzène de l'essence ?), rouler doucement, rapidement, etc puis analyser les données selon le régime moteur. Si on circule à 50 en seconde, ou alors à 80 dans une côte, la consommation/pollution ne sera pas la même. Doit-on avoir le taux maxi de NOx à fond ou en usage moyen ? En vrai ne veut pas dire "n'importe comment", il faudrait une mesure standard(donc comparable). Puis contrôler au bout de deux, quatre ans, voir comment ça vieillit. Si on veut vraiment fixer des normes réelles.
Ne pas oublier qu'il faut envoyer à la casse 10% du parc auto, car leurs vieux moteurs fumeurs génèrent 50% de la pollution auto totale ! L'essence n'est pas vertueuse, il faut éradiquer le pétrole. Vive le mollet.
J'ai acheté une start&stop, le moteur s'arrête quand je suis à l'arrêt, le train peut mettre cinq minutes à arriver, je consomme zéro.
a écrit le 03/02/2016 à 19:58 :
Mais qui croit encore à la crédulité des personnes qui "travaillent" dans ces hauts lieus ?
a écrit le 03/02/2016 à 19:39 :
@BONSOIR : La tragédie du dièsel le cheval de bataille des bobos écolos ! mais curieusement rien contre l'agro alimentaire qui nous empoisonne encore plus que le dièsel les produits chimiques employés dans l'agriculture sont encore plus mortels que les particules du dièsel surtout que les voitures sont équipées de filtre à particSles Et que dire des centrales nucléaires ... TIEN PLUS DE NOUVELLES DE FUKUCHIMA POURQUOI ?????? RESPONSE : cette explosion a pollué la terre, l'air et l'eau de l'océan en effet les cuves de refroidissement de la centrale ont débordé et cette eau c'est répondue dans l'océan BONJOUR LA POLUTION ! je pense que cette histoire de dièsel sert le gouvernement pour renflouer les caisses de l'état que HOLLANDE a vidé allègrement ...... ou alors les compagnies pétrolières sont moins généreuses en don pour les partis politiques que l'agroalimentaire qui elle aussi nous empoisonne ainsi que l'air et la terre ......
Réponse de le 04/02/2016 à 2:00 :
Bravo ! 100% (pour ce qui est du Diesel il existe un principe vieux de 60 années "ajouter un peu de vapeur d'eau à l'admission d'air" et hop -75% de pollution mais bon chhuuutttt ! )
a écrit le 03/02/2016 à 18:25 :
"Les députés européens ont renoncé à rejeter une décision de la Commission européenne"

Et hier ils ont renoncé à annuler l'immunité parlementaire du FN Philippot.

Les députés européens, des gens qui renoncent...

C'est une véritable honte tout comme j'ai vu que l'état a autorisé à total la possibilité d'exploiter les gaz de schiste dans le nord, tout ça parce que la multinationale a, encore des décideurs doués, investi à fond dans les forages mais avec la baisse du pétrole ça vaut que dalle tout cela maintenant.

Faut bien que l'état leur assure l'amortissement de leur matériel quand même hein...

Quelle calamité cette institution.
a écrit le 03/02/2016 à 17:53 :
En statistiques vous pouvez réduire les incertitudes en multipliant les test.

Ce qui a provoqué le rejet c'est la crainte que 99% des véhicules diesels neufs présentés à l'homologation ne soient recalés lors des tests sur route, ce qui aurait été un chouïa gênant et contre-productif.

Il vaut mieux partir sur une base large et réduire ensuite afin d'inciter les constructeurs à améliorer leurs produits plutôt qu'à désinvestir et tout délocaliser hors Europe.
a écrit le 03/02/2016 à 17:03 :
110%..... Rien que ça
a écrit le 03/02/2016 à 16:54 :
Il faut dire qu'il n'existe pas de moyens techniques de contrôle de pollution en situation réelle. Ils sont à peine eux même en test avec une marge d'erreur importante. Il faut en effet mesurer la pression atmosphérique , la température extérieure, le degré d'humidité, et de multiples autres paramètres comme le réglage ou l'état des routes, l'entretien du véhicule, avant de les recomposer pour obtenir une réponse. On ne peut obtenir un résultat en situation réelle qu'en méga-base pour des millions de véhicules. C'est pourquoi les tests en laboratoire ont été adoptés car ces paramètres complexes y sont plus facilement répliquables sur un parc test réduit. Bien entendu sans cet éclairage le public ne peut comprendre car il roule lui en conditions réelles. Il est donc inadapté de penser à une arnaque des constructeurs, hormis l'escroquerie VW. Tous respectent scrupuleusement ce qui leur est demandé. Ensuite on peut, avec des moyens rudimentaires, imaginer ou constater sans grande garantie technique des écarts avec les tests laboratoires, ce qui est attendu depuis le début. La décision des commissions tiennentt compte tout autant de l'ancienneté du parc/pays, et des choix locaux, toujours différents. Doit-on imposer une norme absolue à un véhicule neuf alors qu'un véhicule d'occasion pourrait polluer sans vergogne ? C'est ainsi que la progression est lente. Les véhicules électriques vont régler partiellement ce problème, puisque l'on a enfin compris que "ça marchait".
Réponse de le 03/02/2016 à 18:00 :
Beaucoup de baratin tout ça:
1/ il y a au moins 20% d'écart entre la conso théorique et celle que l'on constate en VRAI. Ne mme dites pas qu'on ne peut remedier à ça?
2/ voiture electrique : elle est loin des bourses de Mr tout le monde
Réponse de le 04/02/2016 à 12:25 :
C'est quoi la vraie vérité?

Une route nationale de champagne sans dénivelé et toute droite sur 30 km ?, une spéciale de Corse? une traversée de Paris? Un pépère au volant ou un Fangio refoulé? un conducteur seul ou une famille de 5 avec les courses pour la semaine dans le coffre?

Faites varier les paramètres et vous irez du simple au double pour la consommation.

Ceci n'est pas une fin de non-recevoir pour les essais de consommation et de pollution, mais un rappel au réel.
La seule solution a mon avis est un circuit standard normalisé, avec un véhicule de série, des conditions météo variant dans une fourchette définie, des conditions de charge et de roulage normalisées.
Le résultat ne pourra être qu'une fourchette.

Pour ma part, depuis que les consommations détaillent les parcours (urbain, route, autoroute), j'ai pu remarquer que la consommation la p^lus défavorable (ville) était assez représentative de la mienne, mais ce n'est pas forcément transposable.
a écrit le 03/02/2016 à 16:20 :
Vous me conjuguerez le verbe polluer à tous les temps, ainsi que mourir.
a écrit le 03/02/2016 à 16:08 :
Encore une preuve de la dépendance des politiciens qui comme d'habitude vont céder
aux constructeurs pollueurs. La santé de nos enfants attendra.
Réponse de le 03/02/2016 à 18:25 :
tu ne croyais pas si bien dire.
Vu sur la page facebook du député Vert Philippe Lamberts:
"... une majorité du Parlement a décidé de ne pas faire opposition à un autre acte "technique" par lequel les représentants des Etats-membres ont décidé, en plein Dieselgate, d'octroyer un véritable permis de tricher à l'industrie automobile. On sait à quel point les tests de certification des automobiles sont aujourd'hui encore réalisés en laboratoire sur des véhicules optimisés, et fournissent donc des résultats totalement déconnectés du réel (même sans tricherie logicielle). Aussi avons-nous décidé qu'à partir de 2017, les tests seraient réalisés en conditions normales de conduite (tests RDE pour "Real Driving Emissions").
En substance, il s'agit de permettre aux mesures de dépasser les plafonds autorisés par la loi européenne. C'est comme si, alors que la limite de vitesse sur autoroute est fixée à 120 km/h, on n'était verbalisé qu'à partir de ... 252 km/h jusqu'en 2021 puis de 180 km/h ensuite.
L'acte technique qui a été adopté aujourd'hui modifie en substance les éléments essentiels de la législation européennes. Or, les actes techniques ne sont censés que déterminer la manière dont la législation européenne doit s'appliquer. C'est pour cette raison que nous nous y sommes opposés; et nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à le considérer tout simplement comme illégal. C'est avis est partagé par le service juridique du Parlement et endossé encore lundi dernier par sa commission des affaires juridiques. Malgré tout cela, une majorité de députés a décidé de se soumettre au lobbying intense de l'industrie automobile, agitant le spectre de la perte de compétitivité et d'emplois. En réalité, se soumettre dès 2017 aux normes signifierait des investissements massifs (dont l'Europe a tant besoin) en recherche et innovation, lesquels obèreraient les profits à court terme, seul paramètre déterminant pour les géants de l'automobile."
Une fois de plus, la messe est dite

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