Le CEA espère décrocher une enveloppe de plusieurs dizaines de millions d'euros pour financer une étude de faisabilité d'une centrale à fusion nucléaire plus compacte que le réacteur Iter. Objectif : éviter les écueils d'ingénierie qui découlent de sa dimension XXL. Un projet national de fusion nucléaire permettrait aussi à la France d'avancer plus rapidement sur cet immense défi technologique alors que la course internationale s'intensifie.
Les chercheurs français veulent développer leur propre projet de centrale à fusion nucléaire en parallèle de la participation de la France au projet international du réacteur Iter, dont le chantier pharaonique se poursuit à Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Le CEA espère en effet obtenir le financement d'une étude de faisabilité d'un réacteur à fusion nucléaire. « L'idée est de travailler à la conception d'une centrale à fusion nucléaire compacte et rapide à construire à l'image de ce que font les Anglais », explique Jérôme Bucalossi, à la tête de l'Institut de recherche sur la fusion magnétique du CEA.
Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d'uranium pour libérer de l'énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d'hydrogènes extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Cette réaction, qui permet de dégager des quantités d'énergie faramineuses, est la même que celle du soleil et des étoiles.
Le seuil d'ignition pas encore atteint
Pour que ce mariage d'atomes ait lieu, il est nécessaire de rapprocher et de chauffer à 150 millions de degrés les noyaux, alors sous forme de plasma, suffisamment longtemps pour produire plus d'énergie que celle nécessaire à amorcer la réaction. Celle-ci se déroule dans une structure appelée tokamak, qui prend souvent la forme d'un donut et dont le fonctionnement repose sur des champs magnétiques très puissants permettant de confiner la matière.
Dans l'enceinte du tokamak, l'énergie générée par la fusion des noyaux atomiques est absorbée sous forme de chaleur par les parois de la chambre à vide. Tout comme les centrales nucléaires reposant sur la fission, la chaleur est utilisée pour produire de la vapeur, puis de l'électricité, grâce à des turbines et des alternateurs.
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Aujourd'hui, aucune centrale nucléaire dans le monde ne fonctionne avec cette technologie. Et pour cause, le seuil d'ignition, c'est-à- dire quand la réaction produit plus d'énergie qu'il n'en a fallu pour l'initier, n'a pas encore été atteint.