Fusion nucléaire : l'utopie d'une énergie infinie

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Situé à 80 kilomètres au nord de Marseille, le site Iter, jouxtant un terrain occupé depuis 1960 par le Centre d'énergie atomique (CEA), accueille près de 3.000 employés et les salariés des quelques 450 entreprises sous-traitantes.
Situé à 80 kilomètres au nord de Marseille, le site Iter, jouxtant un terrain occupé depuis 1960 par le Centre d'énergie atomique (CEA), accueille près de 3.000 employés et les salariés des quelques 450 entreprises sous-traitantes. (Crédits : ITER)
Les dimensions du projet Iter, qui vise à reproduire à grande échelle l'énergie du soleil, donnent le vertige. Y compris son horizon de temps, qui peut sembler tardif au regard de l'urgence des enjeux... et des ambitions chinoises.

« Ce que nous essayons de faire, c'est de mettre le soleil en bouteille ». Ainsi Sabina Griffith, porte-parole d'Iter Organization, résume-t-elle le projet. L'objectif d'Iter (International thermonuclear experimental reactor) est en effet de reproduire le processus à l'oeuvre au coeur des étoiles et notamment du soleil, afin de bénéficier pour des centaines d'années d'une énergie infinie, décarbonée et beaucoup moins risquée à produire que celle du nucléaire actuel, fondé sur la fission (voir encadré).

Mais poursuivre pareille ambition nécessite d'unir ses forces, de voir grand et de raisonner à - très - long terme. L'aventure mobilise 35 pays, dont les 28 membres de l'Union européenne, les États-Unis, la Russie, l'Inde, la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Bruxelles, via la structure Fusion for Energy (F4E), participe à hauteur de 45 %, chacune des six autres parties finançant environ 9 % du projet. Mais cet attelage n'est pas un long fleuve tranquille. Ainsi, depuis la signature fondatrice, intervenue en 2006, les États-Unis ont déjà quitté l'aventure pendant plusieurs années, pour finalement y revenir il y a quelques mois.

Aujourd'hui, bien que les équipes, auxquelles...

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a écrit le 22/05/2019 à 15:26 :
"Bruxelles finance 45%"... autant dire la France, l'Allemagne et l'Italie.
a écrit le 22/05/2019 à 12:08 :
La recherche fondamentale, mère de toutes les grandes inventions, est à ce prix. J'espère voir un jour des moteurs zéro gravité, du stockage de masse de l'électricité et du pétrole à partir des lisiers.
a écrit le 22/05/2019 à 11:56 :
Au lieu de gaspiller des milliards dans ces gigantesques centrales fusionnelles, il vaudrait mieux développer très vite les centrales au Thorium, comme proposées par Carlo Rubbia, et couplées à des unités de production d'Hydrogène pour les voitures du futur.
La voiture électrique est déjà une antiquité depuis la "Jamais-Contente" !
Réponse de le 22/05/2019 à 19:39 :
Renseignez vous, la centrale au Thorium nécessiterait un projet du même niveau qu'Iter pour prototype. Il n'existe pas sur Terre une masse suffisante de combustible pour lancer la réaction en chaîne, celui-ci est donc à fabriquer, processus long et coûteux. Sans parler des risques de fuites d'éléments radioactifs lors de la vidange du réacteur. Quant à produire du di-hydrogène pour les voitures : pour le moment, le processus le plus employé et le plus rentable énergétiquement produit des gaz à effets de serre. L'idéal aurait été de créer des prototypes de chacun de ces types de production d'énergie pour en analyser en profondeur les avantages/risques. Malheureusement, nous n'avons pas le temps, et on préfère gaspiller nos ressources dans du divertissement, de la consommation/gaspillage, la blockchain, ... Iter : fin d'analyse des process du proto : 2070, si on démarre un proto de centrale au Thorium, on n'aura pas les résultats avant 2100.
Réponse de le 23/05/2019 à 12:15 :
Vous avez parfaitement raison parce qu’il s’agirait d’une véritable révolution technologique qui, comparativement à notre « environnement » actuel (production d’énergie à partir des centrales atomiques à l’uranium, des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, le tout étant extrêmement polluants à terme) présenterait une sécurité absolue de fonctionnement. Il existe de grands gisements de thorium un peu partout. En France, on en trouve beaucoup en Bretagne. AREVA, le CEA et Rhodia sont propriétaires d’environ 8.500 tonnes de thorium, sous forme de nitrate et d’hydroxyde, de quoi alimenter le pays en électricité pendant 190 ans (cf Energies – 07 mars 2014) De plus, les réacteurs au thorium peuvent être miniaturisés à la grosseur d’un conteneur, chaque ville et bourgade auraient la possibilité de produire l’électricité de son secteur. La France serait moins vulnérable en cas de conflit. Notre pays a été en quelque sorte précurseur dans la production d’énergie par le nucléaire, il serait tout simplement dommageable et dramatique qu’il soit aujourd’hui « bon dernier » en refusant de prendre « le train Thorium » ! D’où la nécessité absolue d’avoir à la tête du pays des élites politiques capables de relever le défit parce que les lobbies et les grands intérêts financiers qui se cachent derrière le nucléaire, le photovoltaïque et l’éolien vont tout faire pour freiner des « quatre fers » !
a écrit le 22/05/2019 à 11:07 :
ça commence mal "mettre le soleil en bouteille". Non c'est bien plus difficile que ça

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