Fusion nucléaire : l'utopie d'une énergie infinie
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Projet Iter
ITER
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Projet Iter
ITER
« Ce que nous essayons de faire, c'est de mettre le soleil en bouteille ». Ainsi Sabina Griffith, porte-parole d'Iter Organization, résume-t-elle le projet. L'objectif d'Iter (International thermonuclear experimental reactor) est en effet de reproduire le processus à l'oeuvre au coeur des étoiles et notamment du soleil, afin de bénéficier pour des centaines d'années d'une énergie infinie, décarbonée et beaucoup moins risquée à produire que celle du nucléaire actuel, fondé sur la fission (voir encadré).
Mais poursuivre pareille ambition nécessite d'unir ses forces, de voir grand et de raisonner à - très - long terme. L'aventure mobilise 35 pays, dont les 28 membres de l'Union européenne, les États-Unis, la Russie, l'Inde, la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Bruxelles, via la structure Fusion for Energy (F4E), participe à hauteur de 45 %, chacune des six autres parties finançant environ 9 % du projet. Mais cet attelage n'est pas un long fleuve tranquille. Ainsi, depuis la signature fondatrice, intervenue en 2006, les États-Unis ont déjà quitté l'aventure pendant plusieurs années, pour finalement y revenir il y a quelques mois.
Aujourd'hui, bien que les équipes, auxquelles appartiennent plusieurs dizaines de salariés britanniques, assurent s'être préparées au scénario du pire, le Brexit fait planer une ombre sur le financement du projet. L'accord qui lie les partenaires prévoit qu'ils se répartissent la construction d'un premier réacteur, qui doit être assemblé en 2020. Ultérieurement, chacun des partenaires pourra fabriquer son propre réacteur dans son pays. C'est en France, qui en 2005, a remporté la partie face au Japon pour accueillir le projet, que se déroule la première phase. Plus précisément à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône).
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Sur un terrain de 42 hectares situé sur une colline bordant cet affluent du Rhône, jouxtant celui occupé depuis le début des années 1960 par le Centre d'énergie atomique (CEA), s'affairent quotidiennement près de 3.000 personnes, employés issus de tous les pays membres d'Iter mais aussi les salariés de quelque 450 entreprises sous-traitantes. Au total, environ 100.3000 personnes dans le monde sont mobilisées par le projet. Mais plus encore que son caractère cosmopolite, ce qui distingue Iter est l'horizon de temps dans lequel il s'inscrit. C'est, littéralement, le projet d'un siècle. En effet, si tout se déroule comme prévu, après la fabrication d'un premier plasma à partir d'hydrogène, prévue pour 2025, puis la première production d'énergie nucléaire à base de deutérium et de tritium en 2035, ça n'est pas avant 2050, voire 2080, que pourrait s'envisager une exploitation commerciale.