Cinquante parcs éoliens marins en 2050 au large des côtes françaises. L'objectif fixé par le chef de l'Etat dans son discours de Belfort est facile à mémoriser pour le terrien moyen. Mais est-il atteignable ? C'est LA question qui occupait une bonne partie des conversations ces jours-ci au centre des congrès du Havre où se tenaient simultanément les Assises nationales des énergies marines renouvelables et le salon Seanergy : la grand-messe annuelle du secteur. Si les acteurs de la filière saluent -avec enthousiasme - le changement d'échelle promis par Emmanuel Macron, beaucoup doutent de la capacité de la France à tenir le rythme.
Au centre des interrogations, la stratégie de planification, « clé de voûte de l'atteinte des objectifs » pour le Syndicat des Energies Renouvelables (SER). Paris affirme vouloir mettre un terme à la méthode « au coup par coup » adoptée lors des précédents appels d'offres, mais le brouillard règne encore. Alors que le gouvernement entend doubler le nombre de concessions, bien malin qui pourrait affirmer où seront localisés les futurs moulins à vent marins - qu'ils soient posés ou flottants - à construire à partir du milieu de la décennie. À 30 km ou bien à 100 kilomètres des côtes ? Sur quels périmètres ? Pour quel gisement de vent ? Avec ou sans production d'hydrogène directement en mer ? Toutes ces questions, et d'autres, ne sont pas tranchées. Sur ce point, l'Hexagone accuse un important retard par rapport à ses voisins dont la production d'énergie est, il est vrai, plus carbonée.